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France : l’art et les femmes

23 janvier 2016 - discussion

vendredi 8 janvier 2016, par siawi3

Source : https://www.helloasso.com/associations/les-effronte-e-s/collectes/-
wonderwomen-le-feministival

Participez au « Féministival » - venez en discuter – Les efFRONTé-e-s - 23 janvier –

Beaucoup pensent que les milieux de la culture et de la création artistique sont à priori avant-gardistes, du fait que les artistes ont la passion d’interroger le monde, de bousculer la société et ses représentations. C’est vrai concernant un grand nombre de sujets, mais sur la question de la place et de la perception des femmes, nous dénotons au contraire un étonnant conformisme et beaucoup d’inégalités :

• De 1997 à 2009 : 100 % des spectacles au théâtre de l’Odéon à Paris ont été mis en scène par des hommes ;

• 94 % des œuvres subventionnées que nous écoutons sont produites par des hommes ;

• L’exposition Dyonysiac, en 2005 au Centre Pompidou, qui prétendait présenter de jeunes artistes prometteurs, ne comptait aucune œuvre de femme.

Plus récemment, en 2015, les femmes dirigent : 0 % des Théâtres Nationaux ; 10 % des scènes de Musiques Actuelles ; 11 % des Centres Chorégraphiques Nationaux

Et représentent seulement... : 1% des compositeurs ; 22% des auteurs ; 26% des metteurs en scène, etc.

Pendant de longs siècles, les femmes n’ont été valorisées dans l’art qu’en tant que muses ou qu’objets de représentation. Les hommes recevaient une éducation artistique dans des écoles et pouvaient se projeter dans une carrière, tandis que les femmes étaient écartées voire interdites de ces lieux d’apprentissage. L’École des Beaux-Arts n’a accepté des femmes dans ses rangs qu’à la fin du 19ème siècle. L’Orchestre philharmonique de Vienne, mondialement connu, n’a permis de recruter des musiciennes qu’en 1997 !

Quelques artistes femmes ont néanmoins réussi à faire carrière, mais leurs œuvres ont ou bien été condamnées à l’oubli comme Artemisia Gentileschi ou Rosa Bonheur, ou bien leurs autrices ont été internées ou traitées en folle, voire ont sombré dans la folie comme Sylvia Plath, Camille Claudel ou Virginia Woolf. D’autres enfin ont dû se travestir en homme, comme George Sand, pour prétendre au respect et à la reconnaissance.

Le pouvoir, nous le savons, a quelques territoires privilégiés dans notre monde, comme le sont le pouvoir économique et politique, très majoritairement entre les mains d’hommes. Mais il y a aussi celui des représentations et de la culture, qui n’est pas des moindres puisque c’est le pouvoir de déconstruire et de réinventer les normes. Investissons-le !

Les luttes des femmes pour obtenir des droits fondamentaux ont acquis en très peu de temps, au regard de l’Histoire, le droit à la citoyenneté, à l’autonomie financière, à leur libération sexuelle et à disposer de leurs corps, dans quelques pays au moins. Elles laissent à la postérité un sacré héritage pour continuer la course à l’égalité. C’est aussi grâce à la créativité des actions féministes, à l’originalité de la revue « Le torchon brûle », au talent de Carole Roussopoulos, d’Anne Sylvestre, de Barbara Kruger ou de Frida Khalo, que la pensée féministe a pu être transmise à la postérité et marquer l’Histoire.Trois grands objectifs :

• Visibiliser de façon originale les femmes artistes, contemporaines et du passé, en expliquant les raisons pour lesquelles elles sont et restent invisibilisées.

• Faire découvrir au grand public la créativité du mouvement féministe, notamment celui des années 70.

• Interroger l’image de la femme dans l’art, comme objet de représentation.

Trois partenaires : Les Fonds pour les Femmes en Méditerranée ; l’École de la Cité, école de cinéma où nous donnerons des cours de sensibilisation à la question du sexisme et des inégalités au cinéma, et qui produira des courts-métrages pour le Féministival ; Le festival Off-Courts de Trouville

Notre équipe joignable à : leseffrontees gmail.com

Pré-programme  : https://www.helloasso.com/associations/les-effronte-e-s/collectes/-wonderwomen-le-feministival

Café de la Bellevilloise, samedi 23 janvier, 15h, 19-21 rue Boyer, 75020