Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > Egypte : Tièdes et amers souvenirs des journées de 2011

Egypte : Tièdes et amers souvenirs des journées de 2011

mercredi 27 janvier 2016, par siawi3

Source : http://www.reporters.dz/index.php/monde/egypte-tiedes-et-ameres-souvenirs-des-journees-de-2011

Écrit par Reporters

Pas de manifestations ni de cérémonies en Egypte pour marquer le 5e anniversaire de sa révolution de 2011. Pourtant, le 25 janvier est proclamée « Journée de la Révolution » depuis 2012. Une douzaine de policiers gardent la place Tahrir, dans le centre du Caire, épicentre de la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir le 11 février 2011.

De nombreux véhicules blindés et des policiers et militaires puissamment armés sont postés dans des rues adjacentes. Une manière d’empêcher tout rassemblement. Il y a cinq ans, le 25 janvier 2011, cette vaste place était noire de monde. Des millions de manifestants s’y étaient massés pour exiger le départ du raïs qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis 30 ans. Leur cible principale était alors la police, qui arrêtait et torturait en toute impunité, mais ils réclamaient aussi « du pain, de la liberté et de la dignité ». Le 3 juillet 2013, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al Sissi, a destitué et fait emprisonner l’islamiste Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement, mettant fin à un gouvernement des Frères musulmans, accusé d’incompétence. Après avoir réprimé dans le sang les manifestations des pro-Morsi, le pouvoir s’en prenait à l’opposition laïque et de gauche. « Il faudra 20 à 25 ans pour instaurer une vraie démocratie en Egypte », préviendra sans ambages M. Al Sissi lors de sa campagne pour la présidentielle qu’il emportera haut la main en 2014. « Après avoir été confisquée, la révolution a été enterrée », assène aujourd’hui Karim Bitar, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris.

Le président Al Sissi a prononcé dimanche une courte allocution durant laquelle il a salué la jeunesse qu’il a qualifiée de « pilier fondamental de la société » quelques jours après l’avoir mise fermement en garde contre « une nouvelle révolution ». Dans les mois qui avaient suivi l’éviction de M. Morsi, plus de 1 400 manifestants islamistes qui avaient exigé son retour avaient été tués par des policiers et des soldats, tandis que plus de 15 000 autres étaient emprisonnés.

Des centaines, dont M. Morsi et la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans, ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs dénoncés par l’ONU. L’organisation des Frères musulmans, classée « terroriste » par le pouvoir, a d’ailleurs appelé dimanche à « un nouveau cycle révolutionnaire contre le coup d’Etat militaire ». Mais à la mi-journée, aucun rassemblement n’était signalé. Le Mouvement du 6-avril, à la pointe de la révolte de 2011, a été interdit et plusieurs de ses dirigeants sont derrière les barreaux pour avoir violé une loi controversée limitant les manifestations.