Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : Ramadan contre ma mère - La République sous la menace du « coucou » (...)

France : Ramadan contre ma mère - La République sous la menace du « coucou » islamiste

jeudi 11 février 2016, par siawi3

Source : http://www.causeur.fr/tariq-ramadan-islam-nationalite-francaise-36708.html

Fatiha Boudjahlat
secrétaire nationale du Mouvement républicain et citoyen.

Publié le 11 février 2016 à 6:00

« Pourquoi Tariq Ramadan veut-il obtenir la nationalité d’un pays dont le mode de vie et les valeurs lui répugnent autant ? », s’interroge Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale du Mouvement républicain et citoyen et membre du collectif Le Printemps républicain, dans cette tribune libre.

Photo : Tariq Ramadan à la tribune de la Rencontre annuelle des musulmans du Nord, à Lille, le 7 février dernier (Photo : SIPA.AP21855092_000013)

Etude de cas. En France, le document qui justifie de la nationalité d’une personne est délivré par le Tribunal de grande instance et se nomme le certificat de nationalité. Sa particularité : il justifie le droit par lequel on est français. Figure donc dans mon certificat que je suis française par… le droit du sang. Amusant, parce que ma mère vit depuis une quarantaine d’années en France avec une carte de résidence. Le même document précise que ma nationalité par droit du sang est liée au fait que ma mère soit née en Algérie avant 1962, donc en territoire français, avant son indépendance. Ma mère, personnage considérable, a entamé depuis plusieurs années une démarche pour devenir française. Il ne s’agit pas pour elle d’une naturalisation, mais d’une réintégration dans la nationalité française, dans les faits les deux procédures étant aussi contraignantes l’une que l’autre. Facéties du droit de la nationalité. Je suis donc française par le droit du sang, descendante de « Charlie » Martel, et je vous le dis : comment que je kiffe mes ancêtres les Gaulois !

Moins amusant, et pas amusant du tout. Les services de la préfecture du Doubs ont refusé la réintégration de ma mère dans la nationalité française. Au motif que deux de mes sept frères, qu’elle a élevés seule après l’abandon rocambolesque de mon père, ont eu maille à partir avec la police et la justice. La préfecture en a déduit que l’autorité parentale de ma mère, je cite, n’avait donc pas été effective. Anecdote : la fonctionnaire de la préfecture de Besançon qui a reçu ma mère, lui a demandé si elle fêtait Noël, si elle installait un sapin à cette occasion (il faudra m’expliquer le rapport entre être français et fêter la nativité avec un sapin), quel était le surnom de Louis XIV… Ce à quoi ma mère, fan des émissions historiques d’Arte mais paniquée, a répondu : le Roi Lion ! Nous avons fait appel de cet ajournement. Et j’apprends la volonté de Tariq Ramadan, non de devenir français et de rejoindre la communauté nationale, mais d’obtenir la nationalité, qu’il réduit à un statut juridique plus confortable. Soulignons le mercenariat consumériste qui consiste à solliciter la nationalité des pays où l’on travaille. Ma mère, elle, a vécu en continu trente-huit ans en France.

Ramadan ne veut pas entrer dans la nation française, il veut faire de l’entrisme

Patrick Weil définit la nationalité comme ce qui relie en droit un Etat à sa population. Cette définition est juridique et se décline en procédures administratives, à l’appréciation des préfectures. Tariq Ramadan se réfère à ce seul processus administratif pratico-pratique. Or, réagissant à cet aspect trop neutre, l’Etat a instauré des cérémonies « d’accueil dans la nationalité française », plus solennelles et au terme d’une formation et d’une évaluation de la maîtrise de la langue et de la connaissance des symboles et de l’histoire de France. Avec notre maladie de l’évaluation, nous sommes encore passés à côté de l’essentiel. Il ne s’agissait pas d’évaluer une connaissance scolaire de ces éléments, mais de susciter un sentiment d’appartenance à la nation accueillante. M. Ramadan, si beau parleur, réussira sans peine l’épreuve scolaire. Il est d’ores et déjà disqualifié pour ce qui est de ce sentiment d’appartenance à la France. M. Ramadan ne veut pas entrer dans la nation française, il veut faire de l’entrisme, en vue, selon ses propres mots, de concrétiser « un projet de société » islamique. Son allégeance va aux Frères musulmans, dont on connaît la compétence une fois arrivés au pouvoir. Car celui que les médias paresseux ou accommodants présentent à tort comme un islamologue, un producteur de sens, est en fait un prédicateur islamiste, producteur de norme religieuse. Pourquoi vouloir entrer dans un corps civique dont le mode de vie, les valeurs, l’occidentalité lui répugnent autant ? Pour lui substituer un modèle de société culturellement et religieusement islamique.

M. Ramadan est le nom de la condamnation morale, historique et religieuse de l’Occident. M .Ramadan est le non à notre modèle qui reste le plus universel, celui de la liberté et du pluralisme politique, celui de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. Il travaille à l’établissement d’un parti islamiste en France, tel que celui qui a remporté des sièges à la municipalité de Bruxelles ou de Molenbeek. La demande de ces élus censés représenter toute la population ? L’établissement de la charia, la loi islamique. Si les Français ne vont pas à la charia, la charia ira à eux… Ma mère n’a pas, pour l’heure, été jugée digne d’entrer dans le corps national. J’enragerais que cet homme, ennemi de la France et de notre modèle républicain, puisse l’être. Je réclame que soit tenue ma promesse de l’aube républicaine pour ma maman si digne de mon beau pays.

Si sa demande est ajournée, il en prétextera la preuve de l’islamophobie ambiante

La tactique, comme l’homme, est habile. S’il est naturalisé, il prendra pied électoralement en France. Si sa demande est ajournée, il en prétextera la preuve de l’islamophobie ambiante pour jouer les martyrs. Dans ce jeu gagnant-gagnant pour M. Ramadan, l’Etat doit, à l’image d’Elisabeth Badinter, oser endosser l’accusation d’islamophobie, car dans les deux cas, naturalisation ou refus, son procès en islamophobie sera instruit, mais au moins, il arrivera à la barre en position de force en ayant fait preuve d’autorité.

M. Ramadan est le non au politique, c’est-à-dire au choix éclairé et réfléchi. M. Ramadan, et les affidés du PIR, sont le nom de l’essentialisation des êtres et des rapports sociaux : la religiosité commandera toutes les décisions, d’abord politiques, les individus seront abolis pour être réduits à des fonctionnements grégaires confessionnels. Tariq Ramadan est le non à tout ce que ma mère a fait. Son émancipation de femme, qui a travaillé et qui a passé le permis à plus de 40 ans, mobile et libre de ses mouvements, sa réussite matérielle de propriétaire de son logement. Je n’en ai pas l’habitude, mais face aux spécialistes de rien complaisants avec ce tueur d’espoir, je vais vous confier quelque chose de pathétiquement personnel. En 1991, mes parents nous ont emmenés, leurs huit enfants, en vacances en Algérie. Mon père nous a volé nos documents d’identité et nous a laissé à la rue. Il avait déjà versé les arrhes de sa deuxième épouse. Il en est à sa septième consécutive. Mais barbu, la pilosité tenant lieu de vertu et « hadj 3 étoiles » (ayant effectué trois fois le pèlerinage à La Mecque), il est respecté comme un saint. Personne ne lui a jamais reproché ce qu’il avait fait. Ma mère a réussi à nous ramener en France, nous a élevé aussi bien qu’elle a pu, a dû travailler pour six sociétés de nettoyage professionnel en même temps pour arriver à gagner un salaire correct. Que dirait M. Ramadan de mon père ? Lui qui ne demande qu’un moratoire sur la lapidation des femmes, validant sa légitimité dans le droit musulman et donc le droit tout court. M. Ramadan est le non à ce parcours admirable qu’est celui de ma mère. Je n’ose croire que l’Etat oppose à cette vie de courage le non de sa réintégration dans la nationalité française.

Combien de voiles portés en guise de gilets de protection ?

M. Ramadan est le nom de ce système sans éthique de la loi du plus fort et du plus barbu. Je partage ces choses avec vous parce que derrière la célébration morbide de la coexistence avec les islamistes, il y a des réalités déjà vécues par d’autres, ailleurs mais aussi dans les quartiers. La réalité de l’oppression de tout un sexe, de la moitié du genre humain. Ce n’est pas de ce M. Ramadan, barbu faussement mondain, que les habitants des quartiers doivent supporter le joug, mais celui de prédicateurs virulents, agressifs, qui ont déjà pris le contrôle de certains territoires. Combien de voiles portés en guise de gilets de protection ? Et quelle souffrance personnelle quand je vois que les mères arabes, qui avaient abandonné leurs fichus à mesure qu’elles prenaient pied et liaient langue en France, couvrent de nouveau leur tête avec ce foulard islamique si étranger, et ce, sous la pression de leurs plus jeunes enfants. Ma mère était une bonne musulmane sans avoir lu le Coran, et je vois mon frère lui donner à présent des leçons d’orthodoxie religieuse…

M. Ramadan est le non à la territorialité et à l’universalité des lois. Il est le nom du retour à la personnalité des lois. Au VIème siècle, à l’époque de Clovis, différents systèmes juridiques coexistaient, tout particulièrement dans le domaine du droit pénal. Le droit romain coexistait alors avec les coutumes des peuples dits barbares. On parle de « personnalité des lois ». Un droit différent s’appliquait en fonction de l’origine de la personne. En cas de litige, le juge interrogeait donc les justiciables : « Sous quelles lois vis-tu ? » En fait, quel est ton peuple ? Pour que leurs actes soient jugés à l’aune de la loi du peuple auxquels ils appartenaient. Nous allons vers un retour à la personnalité des lois. Sur une base confessionnelle. A force de lâcheté et de recul, l’Etat incite aux revendications de plus en plus fortes et de mieux en mieux relayées. Jean-Claude Casanova disait que la droite n’aimait pas les Arabes et que la gauche n’aimait pas les musulmans. La situation a bien changé entre récupération électorale et lâcheté se prévalant d’un odieux relativisme culturel. La toile des lâchetés est dense. Des médecins complices fournissant sans question des certificats d’allergie au chlore pour les jeunes filles refusant de se montrer en maillot de bain devant les garçons pendant les cours d’EPS. Des féministes qui, à l’inverse de leurs aînées, réclament pour les femmes islamistes le droit de se couvrir jusqu’à n’être plus qu’ombres uniformes, accomplissant la prouesse de les tenir enfermées même dehors. Les élus qui, avant les élections, promettent mosquées et emplois aidés dans les quartiers, encore de l’assignation à résidence. Partout, acheter la paix sociale, nulle part respecter le pacte républicain. Comment s’étonner d’une allégeance revendiquée envers la confession religieuse ou le pays d’origine ?

Comme l’écrivait Jules Renard dans son Journal, « la liberté a des limites que lui impose la justice ». La justice repose sur la territorialité du droit. Et en France, c’est le territoire de l’Etat-nation. Alors que la nation désignait par sa racine latine une communauté dont les membres partageaient la même origine, elle a acquis au XVIIIème siècle son sens moderne, un sens politique, associée à des actes et à un vouloir, et non à une essence, ethnique ou religieuse. C’est pour cela que la nation est associée à l’exercice de la citoyenneté. L’Abbé Sieyès dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat définissait la nation comme un « corps d’associés vivant sous une loi commune et représentés par une même législature », aboutissant ainsi à une « communauté des Egaux ». C’est en raison de ce principe que moi, française, j’ai des ancêtres qui sont gaulois, parce que le périmètre de la nation est dans l’horizontalité du territoire, mais aussi dans la verticalité historique. J’espère pour la France qu’elle saura accueillir dans son corps civique Yamina, ma mère, et rejeter cet ennemi intime et public qu’est M. Ramadan.

« La femelle du coucou choisit pour pondre le nid d’un autre oiseau »

M. Ramadan agira avec la République comme le coucou. Je reprends ici la description présentée sur l’encyclopédie Larousse en ligne, et vous en savourerez sans doute comme moi l’étendue et la validité de l’analogie : « La femelle du coucou [le salafisme] ne construisant pas de nid ni ne couvant, choisit pour pondre le nid d’un autre oiseau. Elle agit très rapidement, (…) quand la couveuse est absente [Et la République moins vigilante…]. Si celle-ci ne l’est pas, elle fait le guet en attendant patiemment qu’elle s’éloigne. Puis elle pond un seul œuf (…). Quand l’œuf éclot, le jeune coucou [M. Ramadan et consorts] s’active pour vider le nid en éliminant les œufs ou les tout jeunes oisillons [tous ceux qui ne sont pas dans la mouvance islamiste]. Si ses “parents adoptifs” le surprennent en action, ils se montrent indifférents… et parfois même coopératifs, allant jusqu’à l’aider dans sa tâche ! ». « Indifférents… et parfois même coopératifs, allant jusqu’à l’aider dans sa tâche » ? Edwy Plenel, Caroline De Haas, Clémentine Autain ne doivent surtout pas se sentir visés…

Tariq Ramadan est le non à cette déconnection de l’épiderme et des actes publics. Tariq Ramadan est le non à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Tariq Ramadan est le non au parcours admirable de ma maman. Tariq Ramadan est le non aux libertés individuelles et collectives. L’Etat, la nation, chacun d’entre nous doit opposer à sa demande de naturalisation un non ferme et puissant.