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France : Député ou député musulman ?

mardi 1er mars 2016, par siawi3

Source : Combat Laïque-76 N° 60 - Mars 2016 - Page 13

Député ou député musulman ?

Voici sans commentaires des extraits du courrier d’un député européen à Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur et ...des cultes, expédié depuis Bruxelles le 22 janvier 2016.

Lettre de Younous Omarjee, député au Parlement européen, à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur.

J’ai reçu ce mercredi 20 janvier une invitation de la Préfecture de la Réunion à la demande de votre ministère relative à une réunion devant se tenir vendredi 29 janvier pour aborder la prévention de la radicalisation, les troubles suscités par les jeunes radicaux dans la gouvernance des lieux de culte, et l’éducation religieuse des jeunes. L’invitation que j’ai reçue ne faisant aucune référence à ma qualité d’élu, j’ai contacté le cabinet du Préfet pour savoir à quel titre j’avais été convié à cette réunion. Je me suis trouvé profondément choqué que l’on me réponde que je l’étais en ma qualité, présupposée par les services de l’État, de « Français de confession musulmane », et au titre de la représentation politique, et de me trouver ainsi listé. [...] Puisqu’aucun élu non présupposé musulman ne s’est trouvé invité à cette réunion, est-ce à comprendre qu’il existe des listes d’élus présupposés musulmans et un principe qui veuille désormais que l’on désigne ces derniers pour discuter de certains type de problèmes ? Et catégorisé ainsi, dois-je m’attendre à être de fait disqualifié pour participer aux réunions attelées aux problèmes qui se posent au sein de la République avec les catholiques, les athées, les juifs ou les bouddhistes de France ? [...] Le gouvernement s’offusquait il y a peu de voir qu’en certaines Mairies de France des listings d’enfants inscrits dans les écoles de la République furent dressés pour identifier ceux présupposés de confession musulmane. Si la République en est venue elle-même à segmenter ainsi en présupposées communautés de croyances ses citoyens et ses élus, alors la brèche est rompue. Croyez bien qu’il ne m’est pas agréable de rappeler aux services de l’État des principes dont il lui revient la charge de les faire vivre. [...] »