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LA MESURE DE PROTECTION DES FEMMES AU PAKISTAN DECLAREE NON-ISLAMIQUE

mardi 8 mars 2016, par siawi3

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LA MESURE DE PROTECTION DES FEMMES AU PAKISTAN DECLAREE NON-ISLAMIQUE -

Par REUTERS le 03-03-2016

ISLAMABAD (Reuters) – Un organe religieux pakistanais puissant qui conseille le gouvernement sur la compatibilité des lois avec l’Islam a déclaré jeudi qu’une nouvelle loi qui criminalise la violence contre les femmes, comme non « islamique ».

La loi de protection des femmes, passée, la semaine dernière, dans la plus grande province du Pakistan, le Punjab, donne une protection légale sans précédent aux femmes contre la violence domestique, psychologique et sexuelle. Elle appelle aussi à la création d’un numéro vert pour les abus à rapporter et l’établissement d’asiles pour des femmes.

Mais depuis son passage dans l’assemblée du Punjab, beaucoup d’ecclésiastiques conservateurs et de dirigeants religieux ont dénoncé la nouvelle loi comme étant en conflit avec le livre saint musulman, le Coran, ainsi qu’avec la constitution du Pakistan. « La loi entière est mauvaise, » a dit Muhammad Khan Sherani, le président du Conseil de l’idéologie islamique à une conférence de presse, citant des versets du Coran pour souligner que la loi était « non-islamique ».

Le conseil, vieux de 54 ans, est connu pour ses décisions controversées. Dans le passé, il avait décidé que l’ADN ne pouvait pas être utilisé comme preuve principale dans des cas de viols, et il a soutenu une loi qui exigeait de femmes supposées violées de trouver quatre témoins masculins pour témoigner au tribunal avant d’entendre le cas.

La décision du conseil, en ce mois de janvier, de bloquer une proposition de loi pour imposer des peines plus lourdes pour avoir marié des filles aussi jeunes que 8 ou 9 ans a mis en colère les militants des droits humains.

La nouvelle loi établit des comités au niveau du district pour enquêter sur les accusations de violations, et mandate l’utilisation de bracelets électroniques pour avoir trace des coupables. Elle inflige aussi des peines jusqu’à un an de prison aux contrevenant d’ordres du tribunal en matière de violence domestique, avec cette période augmentant jusqu’à deux ans en cas de violations répétées.

Fazlur Rehman, le président d’un des plus grands partis religieux du Pakistan, le Jamiat-i-Ulema Islam, a dit que la loi était en conflit à la fois avec l’islam et la constitution du Pakistan. « Cette loi rend les hommes inquiets, » a-t-il dit aux journalistes. « Cette loi est une tentative pour faire de nouveau du Pakistan une colonie occidentale. »

En 2013, plus de 5.800 cas de violence contre les femmes ont été signalés rien qu’au Punjab, la province où la loi de mercredi est passée, d’après la Fondation Aurat, un groupe pour la défense des droits des femmes. Ces cas représentent 74% du total national de cette année, le dernier pour lequel des données sont disponibles.