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Syrie : Les gagnants et les perdants de l’accord russo-américain

samedi 19 mars 2016, par siawi3

Source : http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-les-gagnants-et-les-perdants-de-laccord-russo-americain

Vu de Russie. Les gagnants et les perdants de l’accord russo-américain

Le plan de cessez-le-feu pour la Syrie, qui devrait entrer en vigueur le 27 février, sert les intérêts du président syrien Bachar El-Assad, alors que la Turquie en est la grande perdante. C’est en tout cas l’avis de l’hebdomadaire russe Expert.

“En soi, le texte de l’accord est assez simple”, écrit l’hebdomadaire moscovite Expert. Outre le cessez-le-feu, les parties doivent respecter scrupuleusement les conditions consignées dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir : les parties prenantes au conflit doivent entamer un dialogue et les organisations humanitaires avoir accès à tout le territoire. Si les adversaires de Bachar El-Assad (à l’exclusion de Daech et du front Al-Nosra [la branche syrienne d’Al-Qaida]) sont d’accord avec ces conditions, ils doivent le faire savoir avant le 26 ?février à minuit et communiquer leur position.

“Les forces russes et américaines définiront ensemble sur la carte les territoires où interviennent ces groupes, et les forces syriennes, russes ou de la coalition occidentale ne mèneront pas d’opération armée contre elles”, a déclaré Vladimir Poutine, cité par Expert.

“A première vue, l’accord est extrêmement désavantageux pour Bachar El-Assad”, analyse le titre. En effet, la trêve oblige les troupes du régime à arrêter l’offensive, offrant la possibilité à l’opposition syrienne de se réarmer et de reconstituer ses forces.

La voie est libre pour prendre Raqqa

Toutefois, quand on étudie l’accord de plus près, certains points du plan russo-américain sont tout à fait favorables au président syrien. Ainsi, “le fait que le front Al-Nosra soit exclu de l’accord sur le cessez-le-feu permettra à Assad de poursuivre l’offensive sur Idlib, Alep et Deraa, soit les principaux fronts dans l’ouest de la Syrie. En effet, on dénombre des bastions d’Al-Nosra, dont certains très importants, dans toutes ces régions.”

De plus, l’accord permet de libérer d’importantes forces de l’armée syrienne pour mener une offensive à l’est, sur les territoires contrôlés par l’organisation Etat islamique, car “les jeux pour le titre de ‘vainqueur de l’EI’ sont ouverts”. “Celui qui prendra le premier la ville de Raqqa, capitale syrienne de l’EI, décrochera ce titre et les avantages afférents.”

Accord russo-américain : enfin une trêve dans la guerre

La Turquie, lâchée par les Américains, est en revanche la grande perdante de l’accord, estime Expert. En tant que membre de la coalition internationale, elle n’a pas le droit d’ouvrir le feu sur les positions des Kurdes syriens, alors que ces derniers, s’ils adhèrent à l’accord, poursuivront leur offensive contre Daech tout au long de la frontière avec la Turquie.

Les forces turques ne pourront pas non plus riposter, car “le droit à une utilisation proportionnée de la force comme mesure d’autodéfense”, prévu par ce document, ne concerne que l’opposition et les forces qui se battent aux côtés d’Assad.

En conclusion, le magazine émet un doute sur la viabilité de l’accord : “Cette analyse n’a de sens que si le cessez-le-feu perdure ne serait-ce qu’un temps. (…) Or, certains politologues assurent déjà qu’il sera violé dès le 27 février.”