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Algérie : Le terrorisme islamiste et nous

mardi 29 mars 2016, par siawi3

Source : http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/le-terrorisme-islamiste-et-nous-4270

par Mustapha Hammouche

le 24-03-2016 10:00

Des témoins de l’attentat de l’aérogare de Bruxelles l’ont rapporté : “Les terroristes ont crié des propos en arabe avant de se faire exploser.” Probablement ont-ils lancé le “Allahou Akbar” de rigueur qui accompagne le sacrifice meurtrier du kamikaze islamiste.
Après cela, le bon musulman se hâte de prendre ses distances de l’usage homicide qui est fait de sa religion en attestant que “ce n’est pas cela l’islam” et que ces actes barbares “n’ont rien à voir avec l’islam”. Le spectacle de l’instrumentalisation sanglante de sa foi ne suffit donc pas pour le contraindre à agir pour la protéger et la délivrer de cette fonction maléfique.
Même terrorisé, le musulman se sent souvent quitte avec sa conscience et avec le jugement des autres dès qu’il se démarque du coreligionnaire qui tue au nom de sa religion. Il se contente de partager le même culte sans en partager la même interprétation. Sans en partager la même interprétation sur le seul thème du “djihad”.
À l’autre terrorisé, le non-musulman, il constitue la preuve rassurante que le terrorisme n’est pas une vocation fatale de tout musulman. À moins qu’il n’en profite pour donner libre cours à sa propre haine, comme s’y adonnent les intellectuels et politiciens d’extrême-droite et les mouvements racistes en tout genre. Mais il se garde aussi de mettre le “bon musulman” au défi de libérer sa religion de ce funeste rôle de foi mortelle. Mieux, il l’affuble du titre de “modéré” qui le range dans le camp des musulmans innocents et le dédouane de toute culpabilité dans la régression barbare d’une partie de ses coreligionnaires. Et cela sans même que nul ne définisse, dans ce spectre de l’interprétation, où finit la “modération” et où commence l’extrémisme.
Au demeurant, un musulman est-il déchargé de toute responsabilité dans la dérive terroriste qui s’appuie sur l’interprétation de sa religion du seul moment où lui-même ne partage pas le détournement criminel de sa religion ? En tant qu’adepte et défenseur de cette foi, et même du seul fait qu’il appartient à sa sphère culturelle, les crimes contre l’humanité qui sont commis en son nom ne l’interpellent-ils pas ?
Cette attitude, entre indifférence innocente et désistement timoré, est moralement intenable. Dans certaines situations, refuser de choisir est un choix. Et ce choix par défaut profite toujours au pire. Mais qui peut nous contraindre de choisir ? Les gouvernements des pays musulmans qui, pour certains, sont dans cette situation désastreuse de non-choix et, pour d’autres, sont parties prenantes de la logique de la terreur qui fait ces dégâts ? Ou les gouvernements de pays avancés qui craignent par-dessus tout de heurter les gardiens de puits de pétrole et les flambeurs de pétrodollars ?
La démission des politiques ne nous décharge cependant pas, individuellement, de notre responsabilité.