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Tunisie : Ennahdha est bien la succursale tunisienne de la Confrérie des frères musulmans

mardi 29 mars 2016, par siawi3

Source : https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/240316/ennahdha-est-bien-la-succursale-tunisienne-de-la-confrerie-des-freres-musulmans

24 mars 2016

Par salah horchani

Blog : Qui tolère l’islamisme récolte le terrorisme ( l’islamisme = l’islam politisé )

Madame la Juge, bien qu’Ennahdha s’en défende, ce parti est bel et bien la succursale tunisienne de la Confrérie des frères musulmans, comme l’ont confirmé Gilles Kepel et Frédéric Brunnquell dans la vidéo de leur émission Printemps arabes, la confiscation [17] analysée ci-dessus. Et, c’est d’ailleurs en cette qualité que ce parti, comme l’a indiqué Youssef Al- Qaradawi dans cette vidéo, a pu être parmi les heureux bénéficiaires des milliards de dollars qataris distribués pour essayer de transformer, à jamais, le Printemps arabe en Enfer islamiste, soumis à l’autorité du Qatar, où la Sharia est Constitution et Codes. Cette qualité, nul ne peut la contester, y compris Rached Ghannouchi lui-même, s’il ne pratiquait pas la sainte Taqiya [9], car, ce dernier prétend porter une grande estime à Gilles Kepel et à ses travaux, comme le corrobore l’entrevue qu’il a eue avec lui le jeudi 3 mars 2016 au siège central d’Ennahdha (PJ7). Cela renforce aussi la crédibilité de l’information donnée dans ladite émission de Gilles Kepel et Frédéric Brunnquell selon laquelle le Qatar a financé Ennahdha lors des élections pour l’Assemblée nationale constituante, information que Rached Ghannouchi a considérée portant « atteinte à son honneur et à sa considération » quand ce sont Christian CHESNOT et Georges MALBRUNOT, entre autres parmi des milliers, qui la rapportent.

Ce secret de polichinelle est confirmé, aussi, par le fait que les photos de Rached Ghannouchi et des autres leaders, actuels et historiques, de la Confrérie des frères musulmans dont celle de Youssef Al- Qaradawi, agrémentaient les murs du hall du siège central de la Confrérie, au Caire, avant d’être brûlées dans l’incendie qui l’a ravagé lors du soulèvement populaire égyptien contre le pouvoir des « Frères », au mois de juillet 2013 [22].

Qui plus est, Rached Ghannouchi est membre de plusieurs organisations « fréristes » parmi lesquelles on peut citer les deux suivantes qui sont dirigées, toutes les deux, par… Youssef Al- Qaradawi : La première est « the European Council for Fatwa and Research (ECFR) » - qui fut fondée par trois mouvements « fréristes » européens, à savoir : l’allemand « Islamische Gemeinschaft in Deutschland (IGD) », le français l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et l’anglais « the Muslim Association of Britain (MAB) » - et la deuxième est « the International Union of Muslim Scholars (IUMS) » . En outre, « en tête de sa Biographie sur le site de l’IUMS, Ghannouchi est présenté, entre autres, comme membre de l’organisation internationale des Frères musulmans » [23]a.

Enfin, Madame la Juge, Rached Ghannouchi, qui jouit aussi de la nationalité soudanaise, doublée d’un passeport diplomatique soudanais, a toujours manifesté son admiration pour le travail effectué par ses « frères » de sa seconde patrie. En effet, dans la vidéo [23]b - où il avoue, d’ailleurs, de la minute 0:15 à la minute 0:40, sa qualité de citoyen soudanais - Rached Ghannouchi fait l’éloge des Frères musulmans soudanais, de la minute 0:45 jusqu’à la fin, jusqu’à affirmer :

« Les liens qui m’unissent à ce pays [le Soudan] ne sont pas des liens normaux : ce sont des liens qui relèvent de l’intellect et de l’âme et Ennahdha a toujours considéré le Soudan comme étant un centre de rayonnement et d’inspiration pour elle, et cela, pour l’expérience intellectuelle d’avant-garde de haut-niveau qu’a véhiculée [le « frérisme » de] ce pays, expérience qui a influencé beaucoup de mouvements islamistes dont Ennahdha qui fut, probablement, le premier à s’en inspirer ».

Allez réciter cela à la femme lapidée, au citoyen soudanais dont la justice-sharia a coupé la main, pour avoir volé, ou condamné à la pendaison, pour avoir adopté une autre religion que l’islam,…. Allez réciter cela aux dizaines de milliers, voire aux centaines de milliers, de victimes des crimes contre l’humanité commis par le régime « frériste » Soudanais, attestés par la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des Droits de l’homme perpétrées au Soudan, comme il est explicité, par exemple, dans [23]c.

Dans ce cadre, il convient de signaler, Madame la Juge, que les déclarations et communiqués officiels d’Ennahdha sont publiés régulièrement par Risalat Al-Ikhwan ( = La Lettre des Frères), la publication hebdomadaire, porte-parole officiel des Frères musulmans, basée à Londres, comme le montre la photo ci-dessous, de la page de couverture de son numéro du 11 mars 2016, où le logo d’Ennahdha apparait en quatrième position dans la colonne de gauche, à côté du titre de son communiqué signé par son président Rached Ghannouchi, le plaignant, communiqué relatif à l’attaque terroriste qui a eu lieu le lundi 7 mars à Ben Gardane, dans le sud tunisien, à quelques kilomètres de la Libye, attaque qui s’est révélée être conduite par ces tueurs barbares qui ont été qualifiés par le plaignant KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached comme étant « ses enfants qui lui rappellent sa propre jeunesse, porteurs d’une nouvelle culture » [35] :

Concluons ce paragraphe en mentionnant que - suite au rejet du projet « frériste » pan-arabo-islamiste qatari par les peuples des pays du Printemps arabe, avec à leur tête la Tunisie et l’Égypte, rejet qui a fait perdre à Ennahdha le tiers de ses électeurs lors des dernières élections - ce parti a cru avoir trouvé la solution pour remonter la pente en lançant comme slogan trompe l’œil de son 10 ème congrès, qui se tiendra en avril 2016, « Séparons entre la politique et la prédication » (sic), en espérant que cette entourloupe le ferait passer pour un parti à statut civil, et cela, en réponse au slogan des modernistes, vainqueurs des dites élections, « Séparons entre la politique et la religion ». Il s’agit là d’un exemple caractéristique de l’application de la Sainte Taqiya [9] à la sauce Ghannouchi, lui qui ne cesse de répondre, à chaque fois qu’il est critiqué pour son double langage, par l’adage arabe, devenu son leitmotiv utilisé comme alibi, qui dit : « À chaque instant son langage approprié ». Dans ce contexte, je maintiens que tout cela est « Paroles, paroles, paroles, paroles, paroles,…encore des paroles ! » et exprime mon ras le bol de tous ces journalistes qui n’osent pas poser aux dirigeants islamistes se disant modérés, quand ils les interviewent, la mère de toutes les questions à poser, à savoir :

Avez-vous abandonné définitivement votre projet d’inscrire dans la Constitution que la Sharia est la source des lois, ou bien un texte analogue, ou de décréter des lois régissant la vie sociale et la famille selon la tradition dite islamique, au cas où vous obtiendrez la majorité absolue des sièges au Parlement ?

Salah HORCHANI