Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > impact on women / resistance > Requête adressée au Président Al Sisi, en faveur de Nazra et des Défenseur-e-s (...)

Requête adressée au Président Al Sisi, en faveur de Nazra et des Défenseur-e-s des droits humains en Egypte

mardi 5 avril 2016, par siawi3

Source : WLUML, April 5, 2016

A Son Excellence
Monsieur Abdel Fattah al-Sisi, Président de la République égyptienne
Al Ittihadia Palace
Le Caire, Égypte
Fax : +202 2 391 1441
Courrier : p.spokesman op.gov.eg
Twitter : @AlsisiOfficial

31 mars 2016

Monsieur le Président de la République

Nous, signataires de cette lettre, exprimons ici nos vives préoccupations à propos de diverses mesures prises par le gouvernement qui menacent des organisations légitimes qui ont établi une longue tradition de lutte en faveur des droits humains en Égypte.

les convocations et les menaces, les arrestations et les poursuites judiciaires contre les membres du bureau de l’Institut d’études des droits humains, du Centre d’études féministes Nazra et du Groupe uni pour les enquêtes judiciaires à propos de l’Affaire 173/11 sur les « financements étrangers » ;
le caractère arbitraire de la convocation de Mozn Hassan, directrice du Centre d’études féministes Nazra, alors qu’elle était avec son personnel durant l’enquête, ce qui faisait d’elle la première responsable d’une ONG à répondre devant un tribunal le 29 Mars 2016, sous peine d’être arrêtée et détenue si elle était jugée « coupable ».
l’interdiction arbitraire et illégale de voyager, la menace de geler les avoirs de Gamal Eid, Directeur du Réseau arabe d’information en faveur des Droits humains, de Hosam Baghat fondateur et membre de l’Initiative égyptienne en faveur des droits de la personne ;
la fermeture du Centre Nadeem en faveur des victimes de violence ;
le harcèlement et les enquêtes dirigées contre les principaux responsables des NGO nationales dont le Centre égyptien des droits sociaux et le Centre juridique Hisham Mubarak ;
les accusations contre les principales ONG internationales de droits humains, Human Rights Watch, de « promouvoir », de « soutenir » et de « cautionner » le terrorisme et les opérations terroristes ; et
l’emprisonnement de principales défenseures des droits humains et d’autres femmes impliqués dans les revendications en faveur de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Les dernières mesures de convocation, d’arrestation, d’interdiction de voyage et de gel des avoirs, par la commission d’enquête, ont été menées dans le plus grand secret, refusant, en particulier aux avocats et aux personnes sous investigation, de consulter leurs dossiers ou de s’informer sur la teneur et le détail des allégations portées à leur endroit.

Les groupes soumis à ces épreuves sans précédent sont tous enregistrés selon les lois égyptiennes en vigueur. Ils opèrent en toute transparence et en conformité avec les règles qui régissent toute donation reçue. Tous les transferts au profit de ces organisations ont été effectués à travers le système bancaire sous le contrôle des autorités de la Banque centrale. Aucune de ces ONG ne génère de profit, plus qu’elles ne dépendent que des donations.

Le dernier acte de répression est intervenu, à la suite des critiques relatives à la conduite gouvernementale en matière de droits humains, exprimées par le Parlement européen, et d’une déclaration commune du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et des organisations égyptiennes des droits humains. Le choix du moment des mesures prises pousse à penser qu’il s’agit de dispositions répressives décidées par le gouvernement pour combattre les initiatives de revendications venant de l’extérieur.

Nous faisons appel à votre haute bienveillance pour :

Arrêter immédiatement les investigations engagées contre les organisations indépendantes des droits humains dans leur combat légitime et de mettre fin, une fois pour toutes, au dossier du « financement externe ».

Mettre en œuvre la rédaction de la nouvelle loi règlementant les associations avec la participation des ONG et en conformité avec l’article 75 de la Constitution égyptienne qui stipule que « les citoyens ont le droit de former sur déclaration des organisations et des institutions non gouvernementales sur une base démocratique, et qu’elles acquièrent une personnalité légale sur déclaration ». De la même manière, les ONG se verront conférer une période de grâce d’une année pour s’enregistrer, selon la nouvelle règlementation des associations.

Rapporter la décision administrative qui ferme Nadeem, le Centre de réhabilitation des victimes de la torture et de la violence.

Lever l’interdiction de voyager et le gel des avoirs décidé de manière arbitraire contre les défenseurs des droits humains.

Abandonner les poursuites contre Hosam Bahgat et Gamal Eid qui, au regard du droit international, n’ont manifestement commis aucun crime ; de lever le gel de leurs avoirs et ceux de leurs familles.

Mettre hors de cause ou prendre un décret graciant tous les personnels des NGO égyptiennes et étrangères concernées par la question du « financement étranger ».

Cc :

Deputy Assistant Minister of Foreign Affairs for Human Rights
Mahy Hassan Abdel Latif
Ministry of Foreign Affairs
Corniche al-Nil, Le Caire, Égypte
Fax : +202 2574 9713
Email : Contact.Us mfa.gov.eg
Twitter : @MfaEgypt

SIGNATAIRES

Fatou Sow, International Director, Women Living Under Muslim Laws, International Solidarity Network, United Kingdom

Farida Shaheed, Executive Director, Shirkat Gah - Women’s Resource Centre, Pakistan

Sally Armstrong, Journalist, Canada

Fenna ten Berge, Research Fellow Muslims for Progressive Values / Director MPV Nederland, The Netherlands

Noorjahan Akbar, Founder of Free Women Writers, Afghanistan

Marieme Helie Lucas, Coordinator of Secularism Is A women’s Issue (SIAWI), France

Maryam Namazie, Spokesperson of One Law for All and Council of Ex-Muslims of Britain and Producer of Bread and Roses TV, United Kingdom

Ariane Brunet, Co-founder of the Urgent Action Fund for Women Human Rights, Canada

Sonia Dayan-Herzbrun, Emerita Professor, University Paris Diderot, France

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), France

Lalia Ducos, Militante Associative, Women’s Initiative for Citizenship and Universal Rights (WICUR), France

Codou Bop, Coordinatrice, Groupe de recherche sur les femmes et les lois au Sénégal (GREFELS), Sénégal

Sherna Berger Gluck, Emerita Faculty, Department of History and Program in Women’s Studies, California State University, Long Beach, USA

Amina Mama, Planning Director, Feminist Research Institute, Professor, Gender, Sexuality & Women’s Studies, University of California at Davis, Editor of Feminist Africa

Akosua Adomako Ampofo, Institute of African Studies, University of Ghana at Legon, Ghana

Yewande Omotoso, Writer, South Africa

Paola Bacchetta, Associate Professor, Department of Gender and Women’s Studies, University of California at Berkeley, USA

Fatma Emam, Freelance translator and researcher, Egypt

Gita Sen, General Coordinator, Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN), Global/Fiji.

Fahima Hashim, Salmmah Women’s Resource Centre, Sudan

Center for Women’s Global Leadership, Rutgers, The State University of New Jersey, USA

Diane Lamoureux, Professeure titulaire, Département de Science politique, Université Laval, Canada

Dorothy Hodgson, Professor, Rutgers University, USA

Bonnie Campbell, Professor, University of Quebec in Montreal, Canada

Zarizana Abdul Aziz, Due Diligence Project, Malaysia

Terry Moon, Managing Editor, News & Letters, News and Letters Committees, United States

Saira Zuberi, Independent Women’s Rights Advocate, Istanbul, Turkey

Meredith Tax, Chair, Centre for Secular Space, United Kingdom

Syed A Gilani, Spokesperson, Atheist & Agnostic Alliance Pakistan, Pakistan

Rashida Manjoo, South Africa

Shadi Sadr, Executive Director, Justice for Iran

Lin Chew, Executive Director, Institute for Women’s Empowerment (IWE), Hong Kong

Emília Novo, Institute for Women’s Empowerment (IWE), Hong Kong

Faizun Zackariya, Citizen’s Voice for Peace and Justice, Sri Lanka

Gita Sahgal, Center for Secular Space, United Kingdom

Fahima Hashim, Salmmah Women’s Resource Centre, Sudan

Yosra Akasha, Blogger, Sudan

Adegbeye Olutimehin, Contributor, Olisa.TV, Nigeria

Zarin Hamid, Center for Women’s Global Leadership, Rutgers University, USA

Nadje Al-Ali, Professor of Gender Studies, School of Oriental and African Studies (SOAS) University of London, United Kingdom

PATENT Association Hungary (Association of People Opposing Patriarchy), Hungary

Puspa Dewi, Solidaritas Perempuan, Indonesia

Mary Small, (Gambia Committee on Traditional Practices Affecting the Health of Women & Children (GAMCOTRAP), The Gambia

Yasmin Rehman, Center for Secular Space, United Kingdom

Anne Hugon, Professeure d’Histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France

Amie Sissoho, (Gambia Committee on Traditional Practices Affecting the Health of Women & Children (GAMCOTRAP), The Gambia

Amie Joof, Director, Inter-Africa Network for Women, Media, Gender and Development ( FAMEDEV), Senegal

Zeinabou Hadari, Directrice, Centre Reines Daura, Niger,

Samia Allalou, Women’s Initiative for Citizenship and Universal Rights (WICUR), France

Matidah Daffeh, The Girl’s Agenda, The Gambia

Djingarey Maiga, Directrice, Femmes et droits humains, Mali

Fatou Bojang, Gambia Committee on Traditional Practices Affecting the Health of Women & Children (GAMCOTRAP), The Gambia