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France : "Et la modernité fut masculine. Vol III in La France, les femmes et le pouvoir"

book announcement

samedi 16 avril 2016, par siawi3

Source : http://www.elianeviennot.fr/FFP-livres.html

le 15 avril 2016

Parution le 28 avril de :
Et la modernité fut masculine. La France, les femmes et le pouvoir (1789-1804)

par Eliane Viennot
Université Jean Monnet (Saint-Etienne) & Institut universitaire de France

Annonce de la sortie en librairie le 28 avril du troisième volume d’une recherche sur La France, les femmes et le pouvoir, entamée aux lendemains de la campagne pour la parité (elle-même suscitée par la parution des premières statistiques européennes, qui avaient révélé que la France se situait au dernier rang pour la féminisation de ses instances représentatives).

Les premiers volumes ayant montré comment ce pays devint le champion toutes catégories de la lutte contre la « gynécocratie », celui-ci s’attache à la période où les partisans de la masculinité du pouvoir prirent en main ses destinées, transformant en lois et en constitutions ce qui n’était jusqu’alors que falsifications historiques, propagande et raisonnements de théoriciens.

Rencontre-débat le 18 mai chez Violette & Co, 105 rue de Charonne, 19h.


Et la modernité fut masculine. La France, les femmes et le pouvoir, 1789-1804 — Perrin 24 €
par Eliane Viennot

Poursuivant sa grande enquête au cœur de l’exception politique française, Éliane Viennot aborde ici, après L’invention de la loi salique (ve-xvie siècle) et Les résistances de la société (xviie-xviiie siècle), la période cruciale qui va de la Révolution à l’Empire. Par l’étude de nombreux documents d’époque, elle montre que les femmes de ce temps, habitées par des modèles d’héroïnes que l’Ancien Régime n’avait cessé de célébrer, se sont investies dans la « régénération de la patrie » avec un enthousiasme identique à celui des hommes, revendiquant haut et fort l’exercice des mêmes droits. Mais que les hommes au pouvoir, nourris de l’idéal rousseauiste de la « séparation des sphères » autant que d’Histoires de France vidées de toute référence aux femmes, n’ont eu de cesse de renforcer le « privilège masculin » – et cela quels que soient leurs désaccords.

Mettant fin à des pouvoirs féminins séculaires, réservant à leur profit la citoyenneté et les améliorations du système scolaire, confortant leurs positions en légiférant sur le divorce et l’héritage, travaillant à un Code civil garant des puissances paternelle et maritale, s’activant à faire taire les contestataires, ces hommes ont jeté les bases d’un ordre masculin qui, sous couvert d’égalité, de liberté et de modernité, perdurera jusqu’à la fin du xxe siècle en essaimant dans une bonne partie du monde.

Professeure à l’université de Saint-Etienne et membre honoraire de l’Institut universitaire de France, Eliane Viennot a fondé la Société internationale pour l’étude des femmes de l’Ancien Régime et l’Institut Émilie du Châtelet. Spécialiste des femmes d’État de la Renaissance (notamment de Marguerite de Valois, dont elle a édité les œuvres complètes), elle travaille depuis les mobilisations pour la parité à cette histoire des femmes et du pouvoir en France – la première du genre.

Dernier des grands pays occidentaux à avoir accordé le droit de vote aux femmes, la France peine encore à leur faire de la place dans les positions décisionnelles, malgré une législation originale et apparemment courageuse. Parfois attribuées à un mystérieux « retard français », les raisons de cette situation font surtout, aujourd’hui, l’objet d’un tabou. De fait, l’exception française ne date pas d’hier, et elle n’a pas toujours eu le visage qu’on lui connaît. Du début à la fin du Moyen Âge, ce pays se signalait même plutôt par un ample partage des responsabilités entre les sexes. Un partage jugé incongru par les troupes d’hommes grossissantes qui s’investirent dans la construction de l’État et le commentaire de la vie politique, et qui surent gagner à leur point de vue des groupes de plus en plus nombreux. C’est dans cette longue histoire, jamais faite, que nous entraînent ces livres.

I. L’invention de la loi salique (Ve-XVIe siècle)

Le premier volume de cette recherche revisite les onze siècles qui vont de la fondation du royaume par les Francs Saliens, pères prétendus de la fameuse « loi salique » empêchant les femmes d’hériter et de transmettre la Couronne, jusqu’à la prise du pouvoir par Henri IV, parvenu sur le trône au nom de cette disposition. Il met en lumière l’extraordinaire mélange de travail, d’ingéniosité et de hasard qui aboutirent à la fabrication puis à l’adoption de cette imposture. Il révèle l’étonnante résistance de larges secteurs de la société française aux « progrès » de la domination masculine.

Perrin, 765 pages, 27 euros
paru en octobre 2006
(épuisé)

Table des matières et extraits

II. Les résistances de la société (XVIe-XVIIIe siècle)

Le second volume poursuit l’enquête jusqu’à la veille de la Révolution française. Il décrit le rapide déclin de l’activité politique des grandes dames et des reines, mais aussi le début de la « longue marche » vers l’égalité qui caractérise toute la fin de l’Ancien Régime – en dépit de l’opposition farouche des secteurs que l’on dit les plus « éclairés » de la société. Mettant en relation les conflits qui la traversent et les discours de l’un et l’autre camp, il montre l’approfondissement de la « querelle des femmes », depuis les chocs frontaux qui suivent l’arrivée au pouvoir d’Henri IV jusqu’à la mise au point du nouvel argumentaire misogyne de la « différence naturelle des sexes », auquel les féministes eurent tant de mal à s’opposer.

Perrin, 504 pages, 25 euros
paru en octobre 2008

Table des matières et extraits

III. Et la modernité fut masculine (1789-1804) — à paraître fin avril 2016

Le troisième volume montre que les Français et les Françaises ont pratiqué des formes avancées d’égalité des sexes durant les premières années de la Révolution, mais aussi que leur enthousiasme pour la « régénération de la nation » s’est très vite heurté à la détermination des élites masculines arrivées au pouvoir en juillet 1789. Accentuant le « privilège masculin » dans presque tous les domaines, les membres des assemblées n’ont pas accepté que les femmes puissent monter à la tribune, mais ils n’ont pas hésité à les faire monter à l’échafaud par milliers – pour reprendre la célèbre formule d’Olympe de Gouges. Dès la fin de la Révolution, ils ont poursuivi la mise au pas du « sexe qui devrait obéir », comme l’avait appelé Rousseau. Avant que l’homme fort né de ce séisme ne s’emploie à verrouiller ce système, et à exporter le nouveau modèle de relations entre les sexes dans les pays tombés sous la domination des armées françaises.

Perrin, 25 euros
Table des matières

IV. L’âge d’or de l’ordre masculin (1804-1860)

V. La forteresse assiégée (1860-2000)