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France : Les femmes qui n’aimaient pas la femme... sans voile

vendredi 29 avril 2016, par siawi3

Source : http://www.huffingtonpost.fr/fatiha-boudjahlat/les-femmes-qui-naimaient-pas-la-femme-sans-voile_b_9382378.html

Fatiha Boudjahlat

Secrétaire Nationale du MRC à l’Education, engagée pour la laïcité et l’égalité femme-homme

Publication : 08/03/2016 07h05 CET Mis à jour : 08/03/2016 11h55 CET

En cette journée internationale de la femme (1) , je voudrais parler ici des femmes actrices et transmettrices de la haine et du mépris des femmes. Plutôt que de pleurer sur le sort des femmes présentées trop souvent comme victimes, " je ne veux pas leur dresser un monument, car être victime n’est pas un honneur en soi" (2) . Je vais vous parler de ces femmes ennemies de la femme en général et de la femme occidentale en particulier.

Par quel vilain tour a-t-on pu voir Clémentine Autain tenir tribune commune avec Tariq Ramadan (3) ? Clémentine Autain qui a fait du viol qu’elle a subi l’acte fondateur de son engagement politique et féministe, aux côtés de cet islamiste dont les amis rendent les femmes violées responsables du viol, dédouanent les violeurs, accusent et punissent leurs victimes.

Par quel vilain tour des féministes, défendant le droit des Femen de se présenter seins nus dans une église, gardent le silence sur les coups reçus à l’occasion d’un pareil happening au salon islamiste de Pontoise, et pis, défendent pour les autres le droit à l’ensevelissement sous une burqa ? J’affirme que ces femmes enfermées dehors n’aiment pas la femme, mais ces féministes à géométrie variable non plus.

Leur argument ? Celui de la liberté. Le voile islamique, la burqa sont acceptables parce que des femmes ont fait le choix de le porter. Une sorte d’argument d’autorité. Il ne s’agit pas d’un choix. Le libre-arbitre consiste à se déterminer "sans qu’aucune force extérieure nous y contraigne" selon Descartes. Il ne peut y avoir de choix sans éducation au choix, et surtout sans équivalence morale entre les différentes possibilités offertes.

Face au voile, ce n’est pas un choix qui est proposé, c’est l’alternative entre le vice et la vertu, c’est un conflit de loyautés qui est orchestré entre l’Occident et donc une horrible acculturation, et l’Orient et donc la fidélité aux siens et à ce soi stéréotypé. Il s’agit d’autant moins d’un choix que par l’effet cliquet d’habituation, dans certains quartiers et certaines familles, le voile est désormais la norme et le non-port du voile une anomalie, un isolement face à une communauté. Ainsi, dans un ouvrage d’une rare médiocrité, F.Durpaire et B.Mabilon-Bonfils (4) lient le voile aux "questions d’ethnicité".

Car le voile n’est pas l’expression d’un choix de piété, c’est d’abord un signe extérieur de vertu mais aussi un gilet jaune, une signalétique d’appartenance communautaire. Et ces drôles de féministes cautionnent une sorte de retour à l’état de nature, au vrai soi identitaire. Le voile est aussi un gilet pare-balles, une façon commode de se protéger des assauts des hommes dans l’espace public en général et dans les quartiers en particulier. Sans voile, vous êtes une pute. Tant que cette sentence sera partagée à la fois par les hommes qui n’aiment pas les femmes mais veulent les dominer et les baiser, et par les femmes voilées elles-mêmes, on ne pourra jamais parler de choix libre et éclairé.

Dans sa conférence Laïcité et religion dans la France d’aujourd’hui (5), Abdennour Bidar a parlé de "subjectivités aliénées" à propos "des femmes qui prétendent exercer leur libre-arbitre et leur liberté en portant ce voile". L’aliénation peut être volontaire, elle n’en pas moins aliénation. Vauvenargues avait évoqué la "servitude volontaire", cette servitude qui "avilit (...) au point de s’en faire aimer". Il en est du voile islamique comme des femmes battues qui restent loyales à l’homme les opprimant.

Quand elles portent le voile islamique en France, ces femmes mettent en danger toutes les femmes qui ne le portent pas. Elles valident la pensée islamique externalisant la vertu. Selon eux, ce n’est pas aux hommes d’être dans la maîtrise de soi, c’est aux femmes de ne pas les tenter. Ces féministes se sont dites choquées par les résultats du récent sondage réalisé pour francetvinfo.fr, dans lequel on apprenait que 27% des français pensaient que l’auteur d’un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy.

Mais avec ce voile qui se généralise, c’est la tête nue des femmes qui les rendent sexy et donc coupables d’incitation à la débauche. La charge de la preuve et de la vertu est inversée. Ces féministes sont choquées ici, et étrangement complaisante ailleurs. Ce n’est pas un manque de cohérence, c’est l’acceptation que la tradition, si elle vient d’Orient et prend les atours de la victime coloniale, est supérieure au Droit. L’égalité dans l’entre-soi occidental, l’inégalité dans l’ailleurs.

Ces féministes se sont perdues dans le relativisme culturel. Elles défendent pour l’autre, l’orientale, ce qu’elles rejettent pour elles-mêmes. Le mode de vie occidental leur paraît être un instrument de domination masculine à l’encontre des femmes orientales. Ce faisant, elles jouent les idiotes utiles des radicaux. Et se retrouvent à fustiger la laïcité, que les gauchistes-culturalistes comme F.Durpaire, R.Liogier présentent comme un instrument de domination des blancs, tandis qu’elles en font un instrument de domination de l’homme blanc. Quant aux femmes voilées éduquées, à qui Libération a offert récemment une tribune, je ne peux que leur exprimer mon plus profond mépris.

Elles ont le voile sympathique, mais, en raison de conditions socio-économiques privilégiées, elles ne s’exposent pas à subir le reste de la panoplie : mariage arrangé, domination, restriction de circulation. Je me doute que les riches saoudiennes souffrent moins de leurs vêtements religieux couvrant des produits de luxe, que la femme afghane. Le voile marque l’infériorité en droit des femmes, il faut le dire et le reconnaître.

Autre cas de femmes qui n’aimaient pas la femme : J’entends souvent posée cette question : comment ces femmes qui ont souffert se retrouvent-t-elle à transmettre le même mode de fonctionnement à leurs enfants ? Un proverbe américain dit que la main qui berce l’enfant gouverne le monde. Et en effet, la femme devenue mère est en charge de la transmission des traditions. C’est pourquoi alphabétiser et éduquer une femme est plus efficace que rendre le même service à un homme. La femme pourra éduquer ses enfants. Mais dans les pays d’Afrique et d’Orient, les femmes, dans leur majorité, sont les vecteurs de transmission et de perpétuation de leur aliénation.

Le seul statut confortable et reconnu pour la femme en Orient est celui de mère. Un hadith, parole attribuée au Prophète de l’Islam Mohamed, dit que le paradis se trouve aux pieds de la mère. La déférence envers la mère est totale, à l’inverse du traitement réservé à l’épouse, à la sœur, à la fille. Et il y a comme une vengeance dans la transmission aux fils de ce droit à dominer les femmes et dans la transmission aux filles de ce destin d’être dominées. Letty Cottin Pogrebin disait que "quand les hommes sont opprimés, c’est une tragédie. Quand les femmes sont opprimées, c’est la tradition".

Ces féministes du dimanche ne cessent de réclamer la parité dans la sémantique et dans les titres, demandent à ce que les réunions savantes ne soient plus appelées séminaires, terme trop masculin, mais ovarium. Par contre, elles ne trouvent rien à redire quand des petites filles portent le foulard islamique. L’ennemi est l’homme blanc dominateur, dont l’homme oriental dominateur est lui aussi une victime, comme les femmes. Elles en sont donc solidaires, d’où leur silence et leur comportement étrange lors des agressions sexuelles de masse de Cologne.

Ce différentialisme ethnique et culturel n’est que mépris et la condescendance. Ces femmes n’aiment pas plus la femme que les islamistes que j’évoquais mardi dernier.

Fin de la trilogie mardi prochain avec ces accommodants de la gauche relativiste qui n’aimaient qu’eux-mêmes.


1 L’histoire de cette journée. On aurait d’ailleurs aimé une phrase plus longue : la journée mondiale des droits des femmes qui sont équivalents en tout point à ceux des hommes, et ce partout dans le monde, mais bon, ça prend de la place...
2 Jean AMERY, Par-delà le crime et le châtiment
3 Meeting de Saint-Denis le 11 Décembre 2015.
4 Fatima moins bien notée que Marianne, dont je ne ferai pas la publicité en donnant d’autres indications, et dont j’ai fait un compte rendu précis que je tiens à votre disposition.
5 Tenue dans le cadre des Rencontres de la Laïcité organisées annuellement par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, le mardi 10 Novembre 2015.