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NEDA : film iranien de Ana Pak

jeudi 26 mai 2016, par siawi3

Source : http://fr.ulule.com/neda-film/

Film et vidéo Animation Documentaire

DECOUVREZ NOTRE PROJET EN REGARDANT LA VIDEO ici

LE PROJET

Ana Pak, réalisatrice et femme engagée a pour projet, depuis longtemps, la réalisation d’unCOURT-METRAGE de fiction historique, s’inspirant de sa vie et de celle de ses amies dont voici le SYNOPSIS

"NEDA

En 1979 en Iran, Neda, fillette de 11 ans, apprend qu’elle n’est pas un être comme les autres, mais un sexe à cacher, à être voilé.

Puis à l’âge adulte, lorsqu’elle va à l’université, dès qu’elle sort de chez elle, les voix et les mains des hommes l’agressent.

Les nuits de Néda sont agitées. Elle veut se débarrasser du voile. Mais comment faire.

Un jour, elle ôte son voile…"

NOTE D’INTENTION DE REALISATION / Par ANA PAK, Réalisatrice Iranienne

"Depuis un siècle au moins, l’Iran est tiraillé entre la modernité et la tradition. Chaque fois que des femmes et des hommes ont voulu briser les chaînes de l’archaïsme et de la religion, des théocrates ont repris l’avantage et ont réussi à empêcher cet élan vers l’avant. Pire, ils sont parvenus à faire régresser et reculer la société.

Nombreux sont les poètes et intellectuels iraniens qui ont perdu la vie à cause de leur inspiration et de leur lutte pour une société libre. Mirzadeh Esghi est l’un de ces poètes. En 1924, il a succombé à ses blessures après avoir été la cible d’un attentat par balles. Un de ses poèmes « le linceul noir », qui dénonce le voile, est interdit aujourd’hui.

Cette régression s’est toujours traduite par une violence sans bornes contre les droits des femmes. Les théocrates islamistes considèrent que les femmes ne sont que des « sexes faits pour les hommes et leur reproduction ». Ils disent : « l’envie sexuelle des hommes ne peut être contenue et contrôlée ; il faut donc cacher les femmes sous un voile. »

En 1979, pour la première fois dans l’histoire du pays, les islamistes ont pu connaître tous les aspects du pouvoir. Trois semaines seulement après le détournement de la révolution populaire, Khomeiny a décrété que les Iraniennes devaient désormais porter le voile !

A ce moment elles étaient pourtant des milliers à descendre dans les rues et à manifester contre le voile. Au départ, le régime islamiste a bel et bien pris peur et a commencé a reculé. Mais, peu à peu, ils ont réussi à voiler inexorablement et durablement les Iraniennes alors qu’il ne pesait aucune obligation dans le passé.

Ainsi le voile est devenu une obligation qui ne tolérerait aucune exception. Dès lors, le régime n’a jamais cessé d’inventer des moyens de pressions les plus inimaginables pour imposer son voile, même si les Iraniennes n’ont jamais cessé de le combattre par tous les moyens.

A cause de l’accusation de « bad héjab » (mauvais voile), les hommes de pouvoir peuvent se permettre tout ce qu’ils veulent contre les femmes.

Avant cette date, je jouais dans les rues avec mes copines et copains, puis un jour, très jeune, j’ai été recouverte de ce héjab, j’ai compris que je n’étais pas comme les autres, et que je n’avais plus les mêmes droits.

Un moment fatidique, et tout changea du tout au tout. Je me suis vue subitement sous un voile noir. Une baguette non pas magique mais cauchemardesque avait changé toute ma compréhension du monde.

Cette violence n’était pas seulement symbolique : porter ce voile noir pesait sur tout mon être, des pieds jusqu’à la racine.

Désormais ils m’imposaient d’être honteuse de mes cheveux de mon corps. Ils m’interdisaient de jouer dans la rue comme je le faisais auparavant. D’un coup, j’étais devenue par ce voile quelque chose que je n’imaginais même pas être, un sexe à cacher…

Combien de fois, mes longs habits se sont pris dans les roues de mon vélo qui voulait encore filer à vive allure et combien de chutes ils m’ont causés ! A l’époque, où il était encore possible pour une petite fille de faire du vélo... Car ce droit et plaisir furent supprimés aussi.

Neda, c’est aussi l’histoire de toutes les petites filles et femmes qui luttent contre une violence islamiste.

Au péril de sa vie, elle refuse de devenir un objet honteux, sur lequel un linceul noir échoit pour tout destin, à toute femme.

Dans le film « WAJDA », de la cinéaste Haifaa Al Mansour, une petite fille saoudienne se révolte contre la condition des femmes. Elle veut avoir le même droit que son petit voisin, celui de faire du vélo. Ce film, réalisé par une Saoudienne, m’a fait réaliser qu’il faut faire parler ces filles et ces femmes, qui résistent à l’obscurantisme.

Néda en est une parmi des millions dans le monde qui cherchent à s’émanciper des traditions, cultures et religions écrasantes.

Toutes les scènes de ce film ont, hélas, été vécues. Toutes sont réelles et prises sur le vif.

Comme exilée politique d’Iran, il m’est impossible de tourner un tel film dans le pays où je suis née. C’est la raison pour laquelle, pour réaliser ce film, les rues de Téhéran seront reconstituées dans le studio. Peut-être faudrait-il quelques murs avec des affiches écrites en persan pour montrer l’ambiance de ce pays.