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France : Saint Denis, « Molenbeek-sur-Seine »

dimanche 5 juin 2016, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/05/30/31003-20160530ARTFIG00149-molenbeek-sur-seine-le-figaro-magazine-pris-pour-cible.php

Mis à jour le 30/05/2016 à 20:45 Publié le 30/05/2016 à 14:07

TRIBUNE/VIDÉO - Journaliste, écrivain, auteur de plusieurs enquêtes sur les réseaux djihadistes, Mohamed Sifaoui s’insurge contre les attaques subies par notre hebdomadaire après la parution la semaine dernière de notre enquête « Molenbeek-sur-Seine : à Saint-Denis, l’islamisme au quotidien ».

« Molenbeek-sur-Seine » : Le Figaro Magazine pris pour cible

Par Mohamed Sifaoui

Les islamistes et leurs alliés sont des spécialistes de la calomnie, du mensonge et de la diabolisation. Traiter, y compris lorsque l’on est journaliste, de questions liées à l’islam politique, c’est s’exposer à la vindicte de tous les censeurs liés, de près ou de loin, à la mouvance islamiste dans sa diversité. Et, parmi ces censeurs qui sévissent notamment sur le net, condamnant des articles sans même prendre le temps de les lire, par dogmatisme, par adhésion à une idéologie totalitaire ou par simple lâcheté, il n’y a pas que des fanatisés, il y a aussi de belles âmes se disant de gauche et républicaines, qui nous empêchent d’évoquer librement ce sujet ou de l’observer autrement qu’au travers des œillères qui les incitent à voir les islamistes français uniquement sous la condition de « victimes » d’une société « islamophobe » qui les aurait transformés en bourreaux.

Nadjet Cherigui dit vrai parce que tous ceux qui se sont intéressés à la ville de Saint-Denis et à sa dérive islamiste connaissent l’ampleur des dégâts

C’est ce qui s’est passé au lendemain de la publication de l’excellente enquête sur l’activisme des islamistes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et le communautarisme qui y règne dans Le Figaro Magazine de la semaine dernière, sous la plume de Nadjet Cherigui dont je connais, pour avoir déjà travaillé avec elle, à la fois le sérieux, le courage et le professionnalisme. Elle aurait, aux yeux de quelques spécialistes du dénigrement, commis l’impardonnable crime de lèse-islamisme. Haro sur l’enquêtrice. Même le maire de Saint-Denis s’est senti obligé, avant de se raviser, de se mêler à la meute, la menaçant de procès (sous quel motif ? il ne le dit jamais) pour un crime qu’elle n’a pas commis. Sauf à penser que son enquête serait un délit.

Que montre-t-elle ? Que les islamistes s’approprient l’espace public ; que le halal, cette mono-économie, marqueur par excellence du communautarisme et de la ghettoïsation, est omniprésent ; que les salafistes, y compris les plus violents, tentent de diffuser leurs messages et leurs idées. Nadjet Cherigui dit vrai non seulement parce qu’elle est une journaliste honnête, mais aussi parce que tous ceux qui se sont intéressés à la ville de Saint-Denis et à sa dérive islamiste connaissent l’ampleur des dégâts. L’universitaire algérien Fewzi Benhabib, un ardent et courageux militant pour la laïcité, écrivait le 16 novembre dernier la même chose dans l’hebdomadaire Marianne. L’esprit de son article rejoint l’enquête publiée par Le Figaro Magazine. Pour preuve, il suffit de relire son texte, intitulé « Saint-Denis, ma ville à l’heure islamiste » : « Une enseigne, à mes yeux, symbolise cette conquête des esprits. Sur la grande avenue, face à l’arrêt de tram, à côté de l’énorme Mak d’Hal, ce fast-food qui reprend les codes graphiques de McDonald’s, jusqu’à la borne interactive de commande, pour des hamburgers 100 % halal, elle n’attire pas le regard. Mixte coiffure, pourtant, n’est pas un salon banal. Comme son nom ne l’indique pas, ce salon est réservé aux femmes et, en fait de mixité, la patronne donne à ce mot riche un sens particulier. » Oui, Saint-Denis est halalisée. Et que les belles âmes se rassurent, le problème n’est pas dû au fait qu’il y ait du halal, mais dans le fait qu’il n’y ait que du halal.

Le maire pourra toujours nier ces réalités. Comme beaucoup d’autres élus, il considère peut-être les islamistes et leurs alliés comme une clientèle électorale qu’il ne faut pas titiller

Pour finir, s’il faut soutenir que tout est vrai dans l’enquête de Nadjet Cherigui, c’est aussi parce que les photos ne mentent pas. Celles qui accompagnaient son enquête sont, de ce point de vue, éloquentes. Que voit-on ? Des salafistes occupant indûment l’espace public, au mépris des lois, pour prier dans la rue (c’est à se demander ce que fait le maire !) ; des femmes en niqab, portant le voile intégral, pourtant interdit, pour mieux dissimuler leur visage, considéré comme une salissure par les fanatiques frustrés qui prônent ce genre de lecture (voilà une vraie insulte à l’endroit de la religion musulmane) ; mais aussi une autre femme qui, pour mieux contourner la loi, porte un masque chirurgical à la place du niqab ; et, en toile de fond, une mono-économie, basée sur le halal, qui montre que Saint-Denis est une ville contrôlée par les pensées islamistes. Même des musulmans cherchant à vivre sereinement ou des Maghrébins laïques ayant quitté leur pays pour fuir l’intégrisme continuent d’aimer leur ville en s’y sentant mal à l’aise, car ils savent en réalité ce que peuvent engendrer ces signaux du fanatisme qu’ils ont déjà vus, notamment en Algérie. Ils connaissent mieux que personne ce que signifient ces codes et toutes ces injonctions inquisitoires.

Le maire pourra toujours nier ces réalités. Comme beaucoup d’autres élus, il considère peut-être les islamistes et leurs alliés comme une clientèle électorale qu’il ne faut pas titiller. L’électoralisme d’abord, l’électoralisme ensuite, l’électoralisme enfin. Les valeurs de la République seront laissées en jachère, car, aux yeux de certains, elles ne rapportent plus ou pas assez.

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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/05/20/01016-20160520ARTFIG00070--saint-denis-l-islamisation-est-en-marche.php

À Saint-Denis, l’islamisation est en marche

Par Nadjet Cherigui
Publié le 20/05/2016 à 09:07

Les rues du centre-ville sont désormais investies ouvertement par les islamistes les plus radicaux.

REPORTAGE - De l’autre côté du périphérique parisien, le berceau de l’histoire de France avec sa nécropole royale se transforme en « Molenbeek-sur-Seine », attirant les plus radicaux du salafisme. Nous sommes allés à la rencontre des habitants de certains quartiers devenus des zones de non-droit, où communautarisme et islamisme creusent leurs sillons.

« Daech est aux portes de notre mosquée qu’ils veulent forcer pour imposer leurs lois obscurantistes »
Karim, un des cadres de la mosquée Tawhid

Mosquée Tawhid. Nous sommes à moins de 200 mètres de la nécropole royale de Saint-Denis, aux portes de Paris et à quelques stations de métro de l’avenue des Champs-Élysées et de l’Arc de triomphe. Comme chaque vendredi, ils sont 2500 à 3000 à converger vers le lieu de culte dont la capacité d’accueil ne dépasse pas les 1800 places. Les trottoirs de la rue de la Boulangerie sont alors transformés en une mosaïque de tapis de prière. Dès la fin du sermon, les fidèles se dispersent aussi vite qu’ils sont arrivés. Mais devant les portes de la mosquée, quelques-uns s’attardent, se toisent. La tension ...