Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : Vision raciste de la société, un "camp d’été décolonial" interdit aux (...)

France : Vision raciste de la société, un "camp d’été décolonial" interdit aux Blancs en 2016

dimanche 5 juin 2016, par siawi3

Source : http://www.marianne.net/ce-camp-ete-decolonial-interdit-aux-blancs-100242375.html

Ce "camp d’été décolonial" interdit aux Blancs

Mercredi 27 Avril 2016 à 16:01

Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne

Du temps de l’Amérique ségrégationniste, à l’entrée des établissements publics, était affiché "Interdit au Noirs". En 2016, en France, un "camp d’été décolonial" proclamera, lui ,"Interdit aux blancs". Ou comment la lutte des classes se fait peu à peu remplacer par la lutte des races dans les esprits d’une partie des militants d’extrême-gauche.

Capture d’écran de la page Facebook de l’événement.

Avec l’arrivée du beau temps, on se met à rêver vacances. Dans cette perspective assez plaisante, je m’étais dit : pourquoi ne pas projeter d’aller en Champagne-Ardenne ? Je connais mal la région et j’aurais pu en profiter pour aller jeter une oreille au "camp d’été décolonial" qui se tient dans les environs, au mois d’août. Se former à "l’antiracisme politique" entre deux balades, quoi de mieux ? Seulement voilà. Je suis blanc de peau. Je ne peux donc pas prétendre mettre les pieds dans un endroit où il faut montrer patte non blanche, vu qu’il est expressément réservé "aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français".

Pas question de mélanger les torchons et les serviettes, les Blancs et les autres
"En contexte français", comme on dit chez ces gens-là, je suis du mauvais côté de la barrière, car je n’ai pas la bonne couleur de peau. Bref, je suis victime du délit de sale gueule, à l’instar des jeunes Beurs à l’entrée de certaines boîtes de nuit. Je me heurte à un panneau virtuel où il est écrit : "Interdit aux Blancs", comme il était inscrit "Interdit aux Noirs" dans les établissements publics de l’Amérique ségrégationniste. Pour la même raison, je n’aurais pu me rendre aux rencontres organisées à l’université de Paris-VIII, où il était précisé : "Paroles non blanches". Afin de préparer les travaux, les concepteurs de ce machin avaient décidé de constituer un "groupe de réflexion organisé en non-mixité". Pas question de mélanger les torchons et les serviettes, les Blancs et les autres, fût-ce pour lutter de concert contre tous les racismes et toutes les exclusions. La France étant décrétée blanche, coloniale et raciste, tout Blanc est raciste et je me découvre donc raciste à l’insu de mon plein gré, ce qui fait toujours un choc.

On connaissait le réflexe identitaire d’une extrême droite qui rêve d’une France blanche. Voilà son contrepoint avec ceux qui définissent les dominés non sur une base de classe, mais en fonction de l’ethnie, de la couleur de peau, de la race supposée, du sexe, du genre ou de l’origine géographique. Cerise sur le gâteau, ces nouveaux racistes sont encouragés par des esprits sensibles qui crient au "fascisme" à la moindre gesticulation du FN, alors qu’ils encouragent de la voix et du geste les chevaux fous de l’identitarisme ethnique. On a beau être blanc, il y a de quoi être vert de rage et rouge de honte.

°°°

Source : http://www.marianne.net/node/100242377

"Camp décolonial" : Najat Vallaud-Belkacem dénonce "une vision raciste de la société"

Mercredi 27 Avril 2016 à 17:18
Magazine Marianne

Lors de la séance de questions au gouvernement de ce 27 avril, le député Bernard Debré a interpellé la ministre de l’Education sur la tenue prochaine d’un "camp décolonial interdit aux Blancs", déjà mis en cause dans les colonnes de "Marianne".

Photo : La ministre de l’Education nationale a dénoncé "ces initiatives qui confortent une vision racisée et raciste de la société".
CHAMUSSY/SIPA

Il semblerait que l’hémicycle ait enfin décidé de se saisir du problème que posent les idées du Parti des Indigènes de la République. Lors de la séance de questions au gouvernement ce mercredi 27 avril, le député LR Bernard Debré a interpellé le gouvernement sur l’organisation récente au sein de l’Université Paris VIII de réunions non-mixtes appelées "cycles de paroles non-blanche" :

"Les organisateurs de cet événement qui se disent opposés au philosémitisme - ils sont donc antisémites (...) - ont prévu d’organiser un camp d’été décolonial destiné aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat (...). Cette réunion est interdite aux blancs,comme l’a notamment rappelé l’hebdomadaire ’Marianne’".

Dans notre numéro en kiosques, Jack Dion explique en tant que personne "non-racisée", selon les termes utilisés par les organisateurs : "Je me heurte à un panneau virtuel où il est écrit : ’Interdit aux Blancs’, comme il était inscrit ’Interdit aux Noirs’ dans les établissements publics de l’Amérique ségrégationniste."

Houria Bouteldja, la porte-parole du PIR, dans un entretien publié sur le site du mouvement, affirme doctement ne "pas comprendre" la mixité "comme projet politique ou comme projet social". Et d’ajouter : "L’idéologie selon laquelle les couples mixtes, la rencontre entre deux cultures, c’est beau est vraiment pourrie. (...) La perspective décoloniale, c’est s’autoriser à se marier avec quelqu’un de sa communauté". Les militants d’extrême droite et identitaires de tout poil vomissant le principe de mixité s’en frottent les mains d’avance...

Ce mercredi à l’Assemblée nationale, c’est Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education, qui a répondu au député LR. Une réponse limpide, sans équivoque :

"Sur le plan des principes, que les choses soient claires, je condamne absolument la tenue de ces réunions comme celle de ce camp d’été que vous évoquez. Ces initiatives (...) confortent une vision racisée et raciste de la société qui n’est pas la notre. Ces inititatives sont innaceptables parce qu’au bout de ce chemin-là, il n’y a que le repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi."

Et ce n’est pas à Marianne qu’on la contredira.