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France : Port du voile par nos représentantes dans les médias iraniens, une compromission qui déshonore

mardi 7 juin 2016, par siawi3

Source :

Christian Charrière-Bournazel

Avocat, ancien Président du Conseil national des barreaux, ancien bâtonnier du barreau de Paris

Publication : 18/08/2015 07h23 CEST Mis à jour : 18/08/2015 07h23 CEST

MÉDIAS - Le port d’un signe religieux dans l’espace public constitue un droit. La législation européenne, née de la Convention de Sauvegarde des droits de l’homme du 4 novembre 1950, le proclame et le protège.

Les seules exceptions, en dehors du prosélytisme troublant l’ordre public et du port du voile intégral pour des raisons de sécurité, imposent la neutralité à quiconque exerce une fonction publique. Ainsi, lorsqu’ils exercent leurs missions, ni l’avocat ni le juge ne portent kippa, hijab, turban ou croix chrétienne. Mais dans les couloirs du palais de justice et les salles d’audience, chacun est libre d’arborer les signes de son appartenance religieuse : la femme le voile islamique, un cardinal sa calotte et un rabbin sa kippa.

Cette liberté fondamentale ne se discute pas. La République la garantit.

En revanche, j’attends que l’on m’explique au nom de quoi les femmes politiques investies de fonctions éminentes, lorsqu’elles se rendent en Iran au nom de leur pays ou de l’Union Européenne, ainsi que leurs interprètes ou les journalistes qui les accompagnent, apparaissent sur les écrans de télévision (dont les images nous viennent de Téhéran), la tête recouverte d’un foulard islamique.

Je n’imagine pas qu’elles se soient soudain converties à l’Islam puisque, de retour en Europe, on les voit à nouveau tête nue. J’en déduis qu’on leur a imposé, comme condition à leur séjour, cet alignement sur les diktats locaux.

Il est insupportable qu’on leur impose cette sujétion. Mais je trouve encore plus intolérable qu’elles y consentent. Au nom de quoi, lorsqu’on représente un État ou un groupe d’États démocratiques ayant pour fond commun la liberté, faut-il se travestir pour être reçu dans un pays totalitaire et y afficher les symboles même de l’assujettissement de la femme aux hommes ?

Ce déguisement consenti et cette reddition de femmes libres à l’Islam radical constituent une compromission révoltante.

J’ai honte pour elles qu’elles n’opposent aucune résistance et feignent de se soumettre à une culture dominée par des mâles sur qui règne le guide suprême d’un peuple qui lapide les femmes adultères.

Mesdames, le sens de la diplomatie ne doit pas l’emporter sur le courage. On ne transige pas avec le fascisme, surtout quand ce fascisme est, par nature, machiste et qu’on est une femme libre incarnant les valeurs de la démocratie.