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L’ « islamisation », le bien commun des « frères » siamois

vendredi 17 juin 2016, par siawi3

Source : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9888

12.02.2016

Mohamed Louizi

Le concept d’« islamisation » est un bien commun, dans sa dimension politique, partagé entre des frères siamois : La droite extrême (Front National, Pegida…), d’un côté, et les FM (Frères Musulmans), de l’autre. Les FM l’ont conceptualisé et en font le pilier de leur idéologie de domination des esprits et de conquête des territoires. Les extrémistes de droite le récupèrent pour servir leur idéologie de haine et de rejet de l’autre. L’on pense à tort que la paternité de ce concept est à attribuer à des idéologues frontistes ou des romanciers de la droite extrême. Non ! Le concept d’« islamisation » est le fils légitime de l’islamisme des Frères Musulmans. Il a presque mon âge. Il est né à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Son étude étendue et complexe exige beaucoup de rigueur. Ce n’est pas l’objet de cet article qui vise simplement à rétablir la vérité de sa filiation idéologique et en donner quelques exemples pratiques. Son étude ainsi que celles de ses projections feront l’objet d’un article détaillé, à suivre prochainement.

Ce concept est né d’abord dans le contexte contemporain du monde arabo-musulman. En effet, après l’échec des projets réformistes, du XIXe et du XXe siècle, et la chute de l’Empire Ottoman en 1924, le mouvement islamiste des Frères Musulmans a été créé en 1928, avec la prétention d’être l’héritier exclusif du mouvement réformiste, en axant son idéologie presque exclusivement sur l’aspect identitaire et religieux. Très vite l’idéologie d’Hassan Al-Banna a franchi les frontières, dopé par le sentiment d’injustice et l’envie de liberté, et a participé par un discours identitaire ultra mobilisateur à repousser militairement les colonisateurs occidentaux en dehors des nations arabo-musulmanes. La libération étant acquise, les islamistes n’ont pas eu ce qu’ils attendaient, à savoir le pouvoir, le rétablissement de la loi islamique et la reconstitution de l’unité du califat déchu. L’élite post-colonisation était presque toute marquée par un mélange de communisme et de libéralisme. L’islamisme fut repoussé une nouvelle fois. Le modèle moderniste occidental séduisait et marquait des points.

1er congrès culturel UISEF 1

Presque un demi-siècle plus tard, l’élite islamiste analysant la situation, elle arriva à la conclusion qu’il manquait une âme philosophique, culturelle, scientifique et intellectuelle à son action politique. D’analyse en analyse, de colloque en colloque, de livre en livre, cette âme a été enfin retrouvée : Il s’agit de « l’islamisation de la connaissance [1] » (أسلمة المعرفة). Certes l’un des objectifs étant toujours de rattraper le retard civilisationnel accusé face à l’Occident, mais le but ultime est d’atteindre le « réveil islamique » tant attendu, caractérisé par une puissance politique souveraine et conquérante et par un rayonnement culturel - comme jadis à l’époque des Omeyyades et Abbassides - qui serait différent, dans son contenu, du rayonnement moderniste occidental. L’on pourrait même parler d’antagonisme entre la philosophie de « l’islamisation de la connaissance » et la philosophie animant le champ de la connaissance occidentale plurielle.

Alors que cette dernière s’est forgée, après des siècles de conflit avec l’Eglise, une identité en dehors du champ religieux et dépendant entièrement aux sens et à l’expérience, la théorie de « l’islamisation de la connaissance », au sens le plus vaste de la connaissance, veut replacer le religieux au foyer même de la connaissance. Aucune connaissance, philosophique, scientifique ou autre, ne devrait être dissociée de la révélation coranique. Celle-ci, telle qu’elle est interprétée par les idéologues fréristes, prend le dessus sur la connaissance induite par les seuls moyens des sens et de l’expérience. Le texte religieux, quel qu’il soit, prend le dessus sur l’observation expérimentale. La modernité occidentale étant considérée comme une idéologie non-neutre par les islamistes, elle porterait selon eux, dans son ADN, la négation d’un Dieu unique et de la profession de l’athéisme. L’islamisme s’opposant à la philosophie de la modernité occidentale, il n’imagine sa relation avec elle que sous le prisme de la domination ultime, tôt ou tard. En attendant, il fait les yeux doux et prône l’échange interculturel, tout en poursuivant, en douceur son projet d’islamisation à tous les niveaux de la société.

Ibn Taymiyyah Islamiyat Al Ma’arifah

La théorisation de ce concept globalisant a été rendu public, en arabe, au moins depuis 1983, notamment dans un livre de référence, portant le titre : Islamisation de la connaissance : Principes généraux et plan d’action [2] (أسلمة المعرفة : المبادئ العامة و خطة العمل), de son auteur Ismaïl Raji El-Faroki [3] (1921-1986), frère musulman palestinien installé de son vivant en Pennsylvanie aux USA. Dès l’année 1981, un Think Tank islamiste a porté ce projet. Il s’agit de l’IIIT [4] (International Institute of Islamic Thought). Son premier président fut le frère Ismaïl Raji El-Faroki. Depuis, des centaines de publications, essais et thèses, sont venues étoffer le concept, le détailler et l’appliquer aux différents champs de la connaissance humaine et de la société : l’éducation, l’enseignement, la science, l’art, la médecine, la finance, etc. Une revue trimestrielle arabe portant le titre d’Islamité de la connaissance (إسلامية المعرفة) a vu le jour depuis plus de vingt ans. L’on décompte désormais 80 numéros édités [5] par l’IIIT.

« L’islamisation de la connaissance » est certes un concept idéologique mais elle est aussi une méthodologie et un plan d’action. Sa cible première demeure le domaine de l’éducation et de l’enseignement. L’élève à l’école, tout comme l’étudiant à l’université, ne doivent, selon les frères théoriciens, être laissés à l’abandon entre les mains de programmes, d’instituteurs et de professeurs laïques ou animés par une rationalité à l’occidentale. Tout devait être fait pour l’intégration du concept de « l’islamisation de la connaissance » dès les premières années de l’école et jusqu’à la fin des études supérieures. La rationalité dictée par la modernité occidentale, basée sur le sens et sur l’expérience, devait être remplacée par une autre rationalité dictée par le contenu de la foi islamique monothéiste, mettant la révélation coranique au-dessus des sens et de l’expérience.

Cette théorie islamiste[6], conçue au départ pour faire sortir, dit-on, le monde arabo-musulman de l’ornière postcoloniale, a connu dès le début des années 1990 une expansion en Occident, en Europe et en France. L’un des fondateurs de l’IIIT, Hisham Yahya al-Talib, est venu en 1993 assurer une formation méthodologique des étudiants de l’UISEF (actuellement EMF) à l’institut frériste l’IESH [7]. Ce frère avait ramené dans ses valises les publications de l’IIIT relatives au concept de « l’islamisation de la connaissance ».

Une année plus tard, les 28 et 29 octobre 1994, et en présence de Taha Jabir Al-Alwani [8], frère international responsable à l’IIIT, l’UISEF avait organisé son premier colloque culturel à Lille sous le thème : Différentes approches de la méthodologie musulmane. L’objet étant de montrer « la nécessité d’une méthodologie musulmane capable de penser la société à partir de notre cadre coranique pour rendre le verbe divin compréhensible et dynamique ». La question de « spiritualiser la connaissance scientifique » a été traitée par un professeur converti Abdelhamid Herbert. D’autres noms avaient pris la parole comme Fayçal Mawlawi, Roger Garaudy et Tariq Ramdan !

le rôle politique de l’élite

Dans son discours de clôture des travaux de ce colloque, le frère Fouad Alaoui, alors président de l’UISEF, et prochainement secrétaire général de l’UOIF, disait : « Notre message est adressé, d’autre part, au monde occidental, lorsque nous parlons de méthodologie musulmane dans l’élaboration de la pensée et le changement civilisationnel, ceci ne signifie aucunement que nous percevons cette méthodologie radicalement opposée à celle de l’occident, au contraire, nous sommes convaincus de l’existence des points communs qu’il faut montrer et qu’il faut expliquer et fructifier ». Un propos symptomatique du double-discours habituel des cadres de l’UOIF. Car Fouad Alaoui ne dit pas que la méthodologie accompagnant sa théorie islamiste se dresse par définition, selon les écrits de ses premiers concepteurs, « contre » les modèles épistémologiques occidentaux, évoluant en dehors du champ de la révélation divine. Les points communs ne seraient que conjecturaux et non principiels. Le pragmatisme des Frères est redoutable.

Fouad Alaoui disait aussi, à l’adresse des étudiants musulmans : « Vous étudiant et étudiante qui êtes dans les universités et surtout dans les laboratoires de recherches. Vous qui êtes les futurs cadres de la société, sachez qu’une maîtrise des bases fondamentales de l’approche scientifique, est nécessaire. Et ceci, pour deux raisons : Premièrement, cette maîtrise fera de votre travail scientifique et universitaire un œuvre d’art qui enluminera le chemin de la connaissance musulmane et universelle. Et deuxièmement, vous en tant que musulman et citoyen ayant une présence positive dans la société, faîtes connaitre votre façon de voir les choses, faîtes connaitre votre angle d’approche des phénomènes scientifiques, car vos collègues peuvent être attentifs à ce que vous dites, si vous le dites bien ». Où comment faire d’une méthodologie, d’apparence scientifique, un outil de prosélytisme à peine voilé pour un projet islamiste, au sein de l’université.

Quelques années plus tard, ces étudiants étrangers en France, profondément marqués par la théorie de « l’islamisation de la connaissance », sont devenus des « cadres de la société », animée par cette vision opposée à la rationalité occidentale et à ses résultats. Abdellah Benmansour, l’actuel président de la FOIE [9], avait publié en mai 2006, une tribune en arabe, dans le magazine Al-Europiya, intitulé : Cellule de la pensée (زنزانة الفكر), déplorant, selon ses dires, l’enfermement de la pensée occidentale dans une grande prison obscure, à quatre murs. Chaque mur a été construit, selon lui, par un savant occidental.

Ainsi, en 1859, à en croire Abdellah Benmansour, Charles Darwin a battu avec sa théorie de l’évolution « le premier mur voilant l’horizon de la pensée humaine désireuse de connaitre Dieu ». Le deuxième mur aurait été construit selon le chef de la FOIE en 1864, lorsqu’un Karl Marx a posé les bases de sa théorie du matérialisme dialectique, expliquant « le mouvement de l’histoire par la production économique ». Le troisième mur aurait été construit par Emile Durkheim en 1895, l’un des fondateurs de la sociologie moderne, qui selon le frère Benmansour « explique l’histoire par le besoin de l’homme de vivre en société » et considère que le but ultime de l’individu est de « tisser des liens avec autrui pour atteindre le bonheur » en dehors de Dieu. Quant au quatrième mur, il serait construit par Sigmund Freud qui a « expliqué le mouvement de l’histoire par l’instinct sexuel » ! Le président de la FOIE conclut en disant : « Avec la théorie de Freud, la pensée occidentale fut prisonnière. La civilisation des quatre murs est née. Son objet était de nier toute existence de Dieu dans l’univers pour que l’homme jouisse du bonheur dans la perversité ». Abdellah Benmansour pouvait dire aussi : La civilisation perverse !

C’est bien cela le sens de l’opposition, entre les deux théories, que n’avouait pas Fouad Alaoui en 1994 à Lille. Abdellah Benmansour l’expliquait en 2006, à sa façon, en toute fidélité aux standards idéologiques des Frères Musulmans depuis le guide-fondateur, jusqu’aux acteurs de l’islamisation frériste, actifs sur le terrain de l’éducation des jeunes et de l’enseignement privé, sur le sol français.

La même opposition est exprimée par Tariq Ramadan dans son livre : De l’islam et des musulman, quant-il dit : « Nul opposition entre le cœur et la raison, entre la révélation et l’intelligence en islam, théorie qui entre en en contradiction avec celle de Camus, comme on l’a vu, ou encore avec celle Kant, figure emblématique de la tradition philosophique occidentale, qui se voit dans la nécessité d’affirmer : « J’ai dû laisser le savoir pour la croyance. » Il s’inscrit dans une conception de l’homme où le savoir a une limite et la croyance vient se placer au-delà de cette limite, elle en est le dépassement. Quand la raison n’est plus capable d’apporter des réponses, la croyance et la foi prennent le relais, théorie que l’on pourrait presque résumer en une phrase : « Je crois quand je ne sais plus. » La tradition musulmane invoque plutôt la croyance comme souffle qui précède une raison qui ne vient elle-même de renforcer, appuyer, confirmer la certitude brûlant au fond du cœur de tout homme »[10].

Le guide-fondateur Hassan Al-Banna, le grand-père du frère Tariq, qui avait consacré le 19ème principe de ses vingt principes de la compréhension de l’islam à : La religion et la science. Il disait au sujet du conflit entre une « vérité scientifique » et une « règle religieuse » : « Si l’une et l’autre ne sont pas des vérités formellement établies, la priorité est accordée au religieux, en attendant de confirmer ou de contredire ce qu’avance la raison »[11]. Dans son interprétation de ce principe, Youssef Al-Qaradawi écrivait : « La science comporte beaucoup de théorie qui n’ont pas atteint le degré de vérité établie. Par exemple, la théorie de Darwin. C’est une simple hypothèse qui n’a pas été prouvée par l’expérimentation. Elle ne peut donc être considérée comme une vérité établie … Il est donc interdit d’interpréter les textes religieux afin qu’ils concordent avec cette théorie qui n’est pas une vérité scientifique »[12]. Et Youssef Al-Qaradawi de rajouter : « On ne peut interpréter le Coran ou la Sunna afin que leurs textes concordent avec la théorie de Freud en psychologie, ou la théorie de Durkheim en sociologie, ou avec celle de Marx en économie, car toutes ces théories ne sont pas des vérités scientifiques exactes »[13]. L’on remarque au passage que les noms cités par Al-Qaradawi sont les mêmes cités par Abdellah Benmansour dans sa « Cellule de la pensée ». Inutile de savoir qui a copié sur l’autre !

Ainsi, le concept de « l’islamisation de la connaissance » redonne au religieux globalisant, tel qu’il est formalisé par les Frères Musulmans depuis toujours, une place d’hégémonie et de validation, ou pas, des résultats d’autres champs de la connaissance humaine. Le texte devient le « maître ». Et la raison, « l’esclave ». Le texte devient le « soleil ». Et la « science », la terre. Tariq Ramadan appelle ce modèle sa « révolution copernicienne » avec laquelle il aimerait révolutionner le champ du savoir et la réalité, en Orient comme Occident. Dans sa conception de sa dite « réforme radicale », c’est la réalité qui doit s’adapter aux constances des textes supposés sacrés, immuables, incontestables, définitifs et décisifs, et non pas l’inverse. Il faudrait donc agir, selon lui, sur la réalité à partir des textes sacrés. Il ne faudrait par agir sur les textes sacrés à partir de la réalité. C’est le soleil (des réalités occidentales transformables) qui tourne autour de la terre (des textes sacrés immuables) et non pas l’inverse. Sa dite révolution est en mouvement.

Force est de constater que cette vision nourrie tous les projets islamistes des Frères Musulmans en France, en Europe et en Occident. Depuis plus de 30 ans, ces islamistes s’attaquent à la jeunesse, d’abord par le biais des écoles coraniques et des associations de jeunes. Depuis plus d’une décennie, la cible étant l’enseignement privé musulman et la jeunesse scolarisée. « L’islamisation de la connaissance » préfère le formatage idéologique dès le bas-âge. D’autres structures diffusent ses standards idéologiques. D’autres supports aussi. L’idée est « d’apporter la lumière » pour chasser « l’obscurité occidentale » des cœurs et des esprits, dixit Abdellah Benmansour.

Et ce n’est pas dans un établissement public qu’un enseignant pourrait dire à ces élèves ce qu’a écrit, par exemple, le président de la FOIE en 2006, je cite : « La théorie de l’évolution a nié l’existence d’un créateur sage … Elle a considéré que l’homme descend du singe … Que le singe descend des reptiles … Que les reptiles descendent des plantes … Que les plantes descendent de la matière [organique] inerte … Et que cette matière est apparue par hasard … Cette théorie a eu une grande influence en légitimant la colonisation, le fascisme, le nazisme, le communisme, etc. … Nombreux sont ceux qui y croient toujours malgré que la science ait pu démolir les bases de cette théorie ridicule » ! Pour cela, les Frères Musulmans ont besoin de créer leurs propres établissements, sous couvert, du privé musulman pour ainsi former, en parti grâce à la générosité de l’argent du contribuable de la République laïque, toute une génération islamisée qui ne croient ni en la République, ni en la Laïcité. Une génération programmée pour transformer la France en République Islamique de France (RIF), annexée au califat islamique mondial.

C’est ce qu’a écrit un frère musulman, nommé Sayyid Mohammed Omar, en 1996, dans son livre : Le rôle politique de l’élite au premier temps de l’islam, édité par le Think Tank frériste américain, l’IIIT, je traduis : « Le premier pas dans chaque projet de réforme est de former une élite islamique armée d’une connaissance islamique authentique et dotée d’un esprit organisationnel exemplaire qui saurait mener une réflexion stratégique pour dépasser le cadre amer de contexte des pays musulmans et aller vers d’autres horizons. Une élite qui travaille en silence et qui n’informe son environnement que dans la mesure de ce que celui-ci pourrait supporter et que pour mobiliser les gens vers les buts tracés … »[14].

Ainsi, le terme « islamisation » est loin d’être une fabrication de ceux que les Frères Musulmans qualifient d’ « islamophobes ». L’islamisation est une industrie portant le label de l’idéologie frériste, depuis au moins une trentaine d’années. C’est le contenu philosophique de leur projet politique. Et c’est aussi une méthodologie, des plans stratégiques, une littérature globalisante et des institutions très actives. L’islamisation s’est aussi des personnes, des associations, un réseau, des « sous-marins », des infiltrés, des congrès, des colloques, des financements et des représentants autoproclamés de la communauté de foi musulmane. La première erreur serait d’abandonner l’usage de ce terme par peur de froisser la sensibilité des citoyens musulmans qui, plus largement, ne partagent pas cette vision politique et en sont les premiers otages. La deuxième erreur serait de penser que ce terme serait une fabrication du front national. La voie médiane, celle du « juste milieu », chère aux Frères Musulmans, est de se saisir de ce terme pour mieux le comprendre et pour désigner et identifier ses acteurs.

Dans l’art de la guerre, Sun Tzu écrivait : « Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous-même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous. Si vous ne connaissez pas vos ennemis mais que vous vous connaissez vous-même, vous en perdrez une sur deux. Si vous ne connaissez ni votre ennemi ni vous-même, chacune sera un grand danger. ». Les Frères Musulmans ont déjà étudié la République, ses forces, ses failles et ses faiblesses. Pour que la République puisse espérer gagner la bataille pacifique contre l’islamisation, elle n’a de choix que de connaitre son adversaire, selon sa littérature et sa terminologie. Sa connaissance et son usage décomplexé du concept « islamisation » est une manière aussi de s’affirmer, sans tabous, et de renvoyer, dos à dos, les frères siamois. Ces ennemis jurés de la République et de la Laïcité.

Notes

[1] Lire ici un article synthétique : https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2008-2-page-121.htm

[2] A télécharger le PDF en arabe ici : http://www.minbr.com/file/alfarogi.pdf

[3] Lire ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Ismail_al-Faruqi

[4] Lire ici : https://en.wikipedia.org/wiki/International_Institute_of_Islamic_Thought

[5] Lire ici : http://iiitjordan.org/index.php/2013-10-08-10-55-01/اسلامية-المعرفة/الاعداد-الكامله

[6] « Islamiste » car elle sert une vision de domination politique.

[7] Lire ici : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9756

[8] Lire ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Taha_Jabir_Alalwani

[9] FOIE : Fédération des Organisations Islamiques en Europe dont l’UOIF est membre.

[10] Tariq Ramadan, De l’islam et des musulmans, Presses du Châtelet, 2014, p.33-34

[11] Hassan Al-Banna, 20 principes pour comprendre l’islam, traduction Moncef Zenati, Mediacom, 2004, p.243.

[12] Ibid., p.242

[13] Ibid., p.243

[14] Sayyid Mohammed Omar, Le rôle politique de l’élite au premier temps de l’islam, l’IIIT, 1996, p. 498.

Mohamed Louizi est un ancien membre du mouvement marocain Attawhid wal’Islah (1995-1999), du PJD (1997-1999), de l’UOIF de 2002 à 2006. Ancien président des Etudiants Musulmans de France–Lille. Intéressé par les recherches et études religieuses comparées, Mohamed Louizi est l’auteur de nombreuses textes publiés sur le blog "Écrire sans censures ! »