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Paris victime des coupes budgétaires saoudiennes

mercredi 27 juillet 2016, par siawi3

Source : http://www.la-croix.com/Economie/Monde/Paris-victime-des-coupes-budgetaires-saoudiennes-2016-02-22-1200741863?utm_source=outbrain&utm_medium=cpc&utm_content=Economie

Vincent de Féligonde (avec AFP),

le 22/02/2016 à 17h16

L’Arabie saoudite a annoncé avoir interrompu un contrat de 2,2 milliards d’euros de fournitures d’armements français à l’armée libanaise pour protester contre les prises de position « hostiles », inspirées selon elle par le Hezbollah. Ce dernier met en cause la « crise financière » que connaît le royaume wahhabite.

Photo : Les soldats de l’armée libanaise au garde-à-vous durant la livraison par la France d’une cargaison d’armes en avril 2015. / Afp/Joseph Eid

Était-ce un mirage : l’Arabie saoudite achetant pour trois milliards de dollars (2,2 milliards d’euros lors de la signature) d’armements français pour le Liban ? On peut le penser : le royaume saoudien a annoncé vendredi avoir interrompu son aide à l’armée libanaise pour protester contre les prises de position « hostiles », inspirées selon elle par le Hezbollah.

Le mouvement chiite combat en Syrie aux côtés du régime de Bachar Al Assad alors que l’Arabie saoudite soutient les groupes rebelles sunnites opposés à Damas. Dans un communiqué, le premier ministre libanais Tammam Salam, sunnite, a déploré cette décision « surprenante », demandant à Riyad de « reconsidérer » sa décision.

Un porte-parole officiel du royaume wahhabite a souligné que l’Arabie saoudite avait constaté des « positions libanaises hostiles résultant de la mainmise du Hezbollah sur l’État en dépit de la volonté de Riyad de « venir en aide aux Libanais, sans distinction ». Il a cité en particulier le fait que le Liban n’ait pas condamné les « agressions » contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran après l’exécution du dissident chiite saoudien Nimr al-Nimr, début janvier. L’incendie de l’ambassade avait poussé Riyad à rompre ses relations diplomatiques avec la République islamique.

L’Arabie saoudite en crise financière

Le Hezbollah a estimé pour sa part dans un communiqué que l’Arabie saoudite avait pris cette décision en raison des dépenses engendrées par la guerre au Yémen, où Riyad conduit depuis une coalition contre les rebelles chiites Houthis. « Le monde entier (...) sait très bien que l’Arabie saoudite souffre d’une sérieuse crise financière », indique le mouvement, dans une référence implicite aux prix du pétrole, qui ont baissé de plus de 70 % en un peu plus d’un an.

Mardi 16 février, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s’était livré à une violente diatribe contre l’Arabie saoudite ainsi que contre la Turquie, les accusant d’entraîner la région dans la guerre, en voulant intervenir en Syrie.

La scène politique libanaise est divisée entre un bloc mené par le Hezbollah et celui de l’ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, appuyé par les États-Unis et l’Arabie saoudite. Leurs divisions ont été exacerbées par la guerre en Syrie voisine. Les Libanais ont appris « avec regret » la décision saoudienne, a pour sa part réagi Saad Hariri.

Très peu de matériel déjà livré

Le programme d’aide saoudien à l’armée libanaise prévoyait la livraison de différents types d’armement en provenance de la France. La première livraison de ce très gros contrat de 2,2 milliards d’euros, destiné à moderniser l’armée libanaise, est intervenue en avril 2015. La France avait alors livré 48 missiles antichars Milan. Une série d’autres équipements, dont des véhicules blindés, devaient être initialement livrés en 2015 mais ce calendrier n’a pas été tenu.

Au total, 250 véhicules de combat ou de transport de troupes, sept hélicoptères Cougar, trois corvettes, des moyens modernes d’artillerie comme le canon Caesar, et de multiples équipements de reconnaissance, interception et communication devaient être livrés dans les prochaines années.