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Maroc : Mariage religieux vs mariage légal - la stratégie entriste des intégristes

mardi 23 août 2016, par siawi3

Source : http://www.jeuneafrique.com/350786/politique/maroc-bras-ideologique-pjd-secoue-affaire-de-moeurs/

Maroc : le bras idéologique du PJD secoué par une affaire de mœurs

22 août 2016 à 13h42 — Mis à jour le 22 août 2016 à 13h43

Par Nadia Lamlili

Deux vice-présidents du Mouvement unicité et réforme (MUR), aile de prédication du PJD, ont été arrêtés samedi pour relations extra-conjugales. Une affaire qui intervient à la veille des élections législatives du 7 octobre dans lesquelles le PJD brigue la première place.

Le Mouvement unicité et réforme (MUR), bras idéologique du Parti justice et développement (PJD, parti islamiste au pouvoir), est dans tous ses états. Deux de ses membres, Moulay Omar Behammad et Fatima Nejjar, ont été arrêtés par la police judiciaire le samedi 20 août alors qu’ils étaient dans leur voiture à côté d’une plage de la ville de Benslimane (56 km de Casablanca) dans « une posture intime ».

Un mariage contraire à la loi

L’homme, un enseignant universitaire déjà marié et qui occupe le poste de vice-président du MUR, a avoué avoir contracté un mariage coutumier avec sa compagne, une veuve qui occupe également le poste de vice-présidente de l’organisation. Ce genre de mariage se fait sur simple lecture de la fatiha (première sourate du Coran) et n’est pas reconnu par les lois marocaines. Selon le journal arabophone Al Ahdat qui a révélée cette affaire, les deux amants ont été entendus par le procureur du roi près la Cour de Benslimane qui a décidé d’y donner une suite judiciaire. La première audience a été fixée au 1er septembre.

Suspendus de leurs fonctions

La réaction du MUR n’a pas tardé. Réuni en session extraordinaire dimanche 21 août, le bureau exécutif de l’organisation islamiste a décidé de suspendre ses deux vice-présidents de leurs fonctions. « Après avoir entendu notre frère mis en cause, nous avons décidé de surseoir à sa fonction ainsi qu’à celle de sa compagne. Nous ne reconnaissons pas le mariage coutumier. Toute union doit être établie, conformément à la Moudawana, c’est-à-dire par un juge », déclare à Jeune Afrique Abderrahim Chikhi, président du MUR.

Affaire politique ?

L’affaire aurait été classée parmi les simples faits divers si elle n’intervenait pas à la veille des élections législatives du 7 octobre, dans lesquelles le PJD, parti islamiste aux commandes du gouvernement, souhaite confirmer son leadership.

La loi marocaine punit les relations extra-conjugales d’un mois à un an de prison. Une peine inadmissible pour les associations de droits de l’homme qui demandent la suppression de cette peine.

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Source : http://www.yabiladi.com/articles/details/46598/affaire-benhammad-nejjar-salafistes-defendent-couple.html

Affaire Benhammad-Nejjar : Des salafistes défendent le « couple islamiste »

Mohammed Jaabouk
Journaliste Yabiladi.com

Vis-à-vis de l’affaire du « couple islamiste », le PJD hésite sur la manière de réagir. En revanche des salafistes et Ahmed Raissouni, le premier président du Mouvement unicité et réforme, se déclarent solidaires avec les deux prévenus.

Si les têtes d’affiche du PJD évitent de défendre les deux vice-présidents du Mouvement unicité et réforme, ces derniers doivent se consoler avec la vague de soutien sans concession émanant de personnalités salafistes et d’islamistes en rupture de ban avec la Lampe. Le premier à dégainer sa solidarité avec Omar Benhammad et Mme Fatima Nejjar fut l’ancien n°2 de l’association des écoles coraniques présidée par Mohamed Maghraoui. Sur sa page Facebook, Hammad El Kabbadj n’a pas tari d’éloges sur les deux prévenus, saluant leurs efforts dans la « prédication », la « réforme dans les domaines culturel, éducatif et politique » et « dans la consolidation d’un islam tolérant » au Maroc.

Le salafiste, très proche du PJD, a dénoncé l’interpellation du « couple islamiste », n’hésitant pas à mettre en doute toute l’opération conduisant à leur arrestation le samedi 20 août à Mansouria. El Kabbadj parle de « fabrication d’une fausse accusation » et de « surveillance et d’espionnage » des pas et des gestes des deux vice-présidents du MUR. La direction du MUR n’a pas été épargnée par la critique, non plus. Le salafiste a reproché à ses « frères » la suspension rapide de Benhammad et Mme Nejjar sans attendre le verdict de la justice.

Le même son de cloche a été enregistré du côté de Hassan Kettani, un autre salafiste condamné en 2003 pour activités terroristes et gracié le 14 avril 2011. Celui, qui n’est pas encore parvenu à s’assurer une place dans le microcosme islamiste marocain, s’est désolidarisé avec la décision du conseil exécutif MUR. Dans sa plaidoirie, postée sur sa page Facebook, Kettani a rejeté en bloc toutes les accusations à l’encontre de Benhammad et Mme Nejjar affirmant que toute atteinte à leur honneur équivaut à de la « diffamation ».

Une voix dissonante au MUR

Ahmed Raissouni, le premier président du Mouvement unicité et réforme et actuellement membre de son conseil exécutif, n’a pas tardé à prendre la défense des deux prévenus. Le religieux a expliqué sur son site que la présence du « couple islamiste » à bord d’une voiture samedi matin près de la mer était juste pour discuter des moyens de convaincre leurs familles respectives du bienfondé de leur projet de mariage.

Raissouni a défendu le recours de son « frère » et de sa « sœur » au « mariage conventionnel en attendant de le légaliser une fois les obstacles levés. Néanmoins ce modèle d’alliance, en vogue dans les pays arabes et l’Iran, ne l’est pas au Maroc où c’est le mariage de la Fatiha, très répandu chez les islamistes, qui reste la norme. La différence entre les deux procédures c’est que la première ne requiert pas la présence de témoins alors que la seconde l’exige. Et c’est pour cette raison que le ministère de la justice organise, depuis 2004 date de l’adoption de l’actuel code de la famille, des campagnes de légalisation d’actes conclus par la Fatiha. Mais il a pris soin d’exclure de cette régularisation les adeptes du « mariage conventionnel » ou de « mariage de jouissance » chez les chiites.

...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/46598/affaire-benhammad-nejjar-salafistes-defendent-couple.html