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L’Afrique a-t-elle besoin de Dieu ?

Book Presentation

lundi 29 août 2016, par siawi3

Source : http://solidairesathees.blogspot.fr/

Nous traduisons ici la préface du livre Does Africa need God ? A perspective from an Atheist in Africa de George Ongere.

Publié le 17 Juillet par solidaireathées

"L’Afrique est un des continents les plus religieux de la planète, et écrire un livre se demandant si il a effectivement besoin de Dieu, peut sembler comique. Quand John S. Mbiti a écrit son classique, La religion africaine et la philosophie, il était convaincu d’avoir justifié la vision religieuse des africains. Il pensait probablement aussi les avoir immunisé contre un livre comme le mien. Mais la culture est un fait dynamique, et personne dans l’histoire, aussi conservateur soit-il, ne peut espérer prévenir l’arrivée de nouveaux modes de pensée en Afrique.
Être athée en Afrique est toujours quelque chose d’inimaginable. Beaucoup d’Africains ne savent même pas qu’on peut vivre heureux sans croire en Dieu, Satan, le paradis et l’enfer. De ce point de vue quand je dis à la plupart de mes amis que je ne crois pas en l’existence d’une force supra-naturelle, ils considèrent que certaines parties de mon cerveau ne fonctionnent plus correctement.
Au lycée, un de nos professeurs, qui était par ailleurs bon orateur et prêcheur, nous raconta l’histoire d’un homme qui proclamait qu’il n’y avait pas de Dieu et qui par la suite devint fou. Cette histoire instilla la peur dans nos esprits et toute discussion sur l’existence ou non de Dieu fut désormais taboue. Et quand une telle discussion débutait en notre présence nous partions en courant, pensant que Dieu allait jeter sur nous on ne sait quel missile. De ce fait, certains de ceux qui furent au lycée avec moi et qui ont appris mon athéisme, ont attendu que Dieu me rende fou ou qu’il m’envoie quelque éclair pour me réduire à néant.
Plus tard, j’ai réalisé que le professeur faisait allusion à Friedrich Nietzsche, car il était devenu fou après avoir souffert de la syphilis. Nietzsche a déclaré que Dieu était mort et la coïncidence avec sa folie ultérieure donne aux fondamentalistes religieux d’Afrique un bon argument pour effrayer les gens et les dissuader de s’intéresser aux alternatives à la religion.
Actuellement, l’Afrique est prise d’homophobie ; ils veulent parvenir à l’inatteignable but d’une « Afrique sans gays ni lesbiennes ». Jusqu’ici les athées comme moi peuvent vaquer à leurs activités à peu près librement car les gens pensent que l’athéisme n’est pas un problème en Afrique. Les gens pensent ainsi car la plupart des athées sont encore discrets. C’est cette situation qui m’a donné l’idée d’écrire ce livre . Espérons qu’il ne servira pas de prétexte pour ajouter les athées sur la liste des cibles de la rage sacrée. (…)
Ceci étant dit, beaucoup penseront que ce livre est une tentative de convertir les africains à l’athéisme. He bien, si ce livre vous encourage à reconsidérer les dogmes dont la société vous a bourré le crâne, je bicherai. Si cela vous ouvre à un point de vue nouveau et vous permet d’oser comparer les mérites respectifs de la religion et de l’athéisme, j’en serais content. Néanmoins, dans ce livre, je ne me suis pas occupé du débat sur Dieu, de savoir s’il existe ou pas. Je recommande aux lecteurs africains qui pourrait s’ouvrir au scepticisme, de lire des livres de Richard Dawkins, Sam Harris, Daniel C. Dennett, Victor J. Stenger et Christopher Hitchens , parmi d’autres, pour comprendre le débat autour de Dieu. Ces livres lui fourniront une connaissance profonde du sujet.
Comme vous allez le réaliser, je me suis particulièrement concentré sur le christianisme. C’est par ce que j’ai été élevé dans la religion chrétienne et les sociétés dans lesquelles je vis ont une plus grande proportion de chrétiens.
Dans le premier chapitre, j’essaie de retracer brièvement l’histoire du débat qui a eu lieu entre les chercheurs universitaires africains au sujet de la religion africaine quand les chercheurs occidentaux ont qualifiés les Dieux africains de primitifs. Puis, dans le chapitre deux, j’analyse comment ces Dieux africains, après avoir été qualifié de primitifs, ont été abandonnés par les Africains qui ont adoptés les Dieux supérieurs du christianisme et de l’Islam. Le Chapitre trois explique pourquoi la religiosité a persisté en Afrique i-compris au siècle actuel. Comme la pauvreté persiste en Afrique, j’essaie d’examiner la relation entre Dieu et la pauvreté en Afrique au chapitre 4. Au chapitre cinq j’examine comment la religiosité en Afrique s’est accompagnée de superstitions négatives, qui ont été à l’origine de violations des droits de l’homme et de meurtres de masse. Comme l’Afrique est notoirement connue pour ses guerres et génocides, dans le chapitre six j’évalue le rôle de la religion dans la mobilisation des masses dans quelques uns des pires génocides, et auprès des seigneurs de guerres qui tuent au nom de Dieu. Cela nous amène enfin à la rude question : L’Afrique a-t-elle besoin de Dieu, et si elle n’a pas besoin de Dieu, l’Afrique peut-elle en finir avec la croyance en Dieu ? A suivre…"

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Précisons qu’au Kenya, suite à a la pression de groupes religieux, l’association des athées kenyans a vu son autorisation administrative suspendue et ce sans motif. Plus d’info sur leur site