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La fatwa du frère musulman Youssef Al-Qaradawi contre le dessin animé Pokemon

Pokislamistes Go

lundi 29 août 2016, par siawi3

Source : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10325

Pokislamistes Go

Mohamed Louizi

2016-08-14 à 15.07.59

En 2001, le frère musulman Youssef Al-Qaradawi avait interdit dans une fatwa en arabe, au nom de sa vision obscurantiste de l’islam, le dessin animé japonais "Pokémon" ainsi que toutes ses dérivées ludiques et commerciales (Lire l’article de la chaîne Al-Jazeera). Cette fatwa a resurgit à nouveau dans la presse arabe après le 6 juillet 2016, la date de sortie du jeu "Pokémon Go", rappelant que Youssef Al-Qaradawi s’est appuyé sur cinq considérations pour conclure que le "Pokémon" est un interdit islamique, un "haram" (حرام) en arabe !

Le cheikh égypto-qatari - "la référence" suprême et absolue de l’UOIF d’Amar Lasfar - juge ce dessin animé dangereux pour la foi musulmane (telle qu’il la conçoit), par "sa banalisation" de la théorie de l’évolution darwinienne, que rejettent catégoriquement les Frères musulmans. Pokémon représente, à en croire le cheikh, d’autres dangers intellectuels et comportementaux. Pis, ces "monstres de poche" de Satoshi Tajiri sont "responsables" de la "normalisation" avec certains "symboles très significatifs", comme "l’Étoile de David" qui renvoie au "sionisme et à la franc-maçonnerie" et qui est "l’emblème de l’État de viol, nommé Israël" disait-il expressément.

Capture d’écran 2016-08-14 à 15.10.21

Depuis, des familles musulmanes suivent à la lettre cette étrange fatwa et privent leurs enfants de ce dessin animé et de ses dérivées ludiques. Cependant, le comportement politique des Frères musulmans montre bel et bien que les vrais "monstres", cachés dans les différentes "poches" des différents états, au Mashreq, au Maghreb et en Occident, ce sont ces "Pokislamistes", ces Frères musulmans, prêts à opérer toutes les "mutations" opportunistes pour atteindre à terme le pouvoir suprême, le Tamkine.

En mai dernier, le parti islamiste Ennahdha, après avoir été écarté du gouvernement, avait dit vouloir séparer "la prédication islamique" de "l’action politique" pour espérer retrouver une nouvelle place sous le soleil de Tunis. Une tactique. Après cette "mutation" purement médiatique, relayée en France par le journal Le Monde, le viel islamiste Rashed Ghannouchi a été reçu, presque en chef d’état, par la cour parisienne, dans des institutions de la République, par des personnalités de gauche et de droite. En 2014, un site francophone avait titré, je cite : "Tunis : Tel un serpent, Ennahda fait sa mue sans changer !"

Des années plutôt, après la démission du premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan (1926 - 2011), les Frères musulmans ottomans avaient fait croire, à la face du monde, qu’ils avaient opéré une "mutation" laïque. Le "Parti de la félicité" fut fermé. L’AKP fut. Depuis, Erdogan, en fidèle élève d’Erbakan, est passé par-là. Inutile de décrypter la nature de cette mutation. Le sultan islamiste s’en charge tous les jours et démontre, de par son autoritarisme théocratique, que "l’islamiste", au fond, est un "Pokémon" qui mute continuellement, au grès des profits, mais sans changer véritablement de nature.

En France, l’on ne serait pas loin d’un scénario similaire. L’UOIF est classée organisation terroriste par les Émirats Arabes Unis depuis novembre 2014. Deux ans plutôt, Youssef Al-Qaradawi fut invité au RAMN de l’UOIF avant l’interdiction de son séjour par le Ministère de l’Intérieur. L’UOIF a galvaudé son propre nom par ses imprudences assumées et ses liens plus que formels avec l’internationale islamiste, de l’axe Doha-Ankara. L’après "Charlie" et "l’Hyper Cacher" n’arrange rien. Du "13 novembre" à l’assassinat du Père Hamel, en passant par l’attentat de Nice et de "bien" d’autres attentats, le nom de l’UOIF est souvent cité, non comme responsable direct de cette terreur, mais comme vecteur puissant de diffusion de l’islamisme et de ses idées obscurantistes et violentes. Certains appellent à la dissolution pure et simple de l’UOIF.

Ainsi, face à ce déficit en terme d’image, les VRP de la branche frériste française seraient, en les connaissant, tôt ou tard, tentés de changer de nom, de siège social, de façade, de taille de la barbe, et de mettre de jeunes mignons "Pokislamsites" 3G au-devant de la scène. Les "requins" eux, et les autres "idéologues" resteront toujours actifs sur ledit terrain de la "représentativité", mais dans l’ombre. Peut-être, très prochainement, l’UOIF ne s’appellerait plus l’UOIF. Un peu comme lorsque "Le Crédit Lyonnais" avait changé de nom en 2005, pour devenir "LCL", en espérant faire oublier les scandales "Tapie" et "Exécutive Life". Ou comme lorsque l’UMP de Nicolas Sarkozy est devenue "Les Républicains" en raison d’autres scandales concernant la ... sarkozie.

Mon fils de neuf ans m’explique que la nature de l’évolution d’un Pokémon dépend de son dresseur. Un Pokémon gentil peut évoluer en Pokémon méchant, si son dresseur est méchant. Un méchant peut devenir gentil si le dresseur est gentil. La vérité sort de la bouche des enfants, dit-on. Lorsque l’on connait la nature des dresseurs des "Pokislamistes" depuis toujours, toute mutation fort probable de l’UOIF, des Frères musulmans français, à l’image des "frères" turques, tunisiens, marocains et autres, sera un leurre. Les dresseurs barbus ne jouent pas.

Lien de la fatwa de Youssef Al-Qaradawi :
http://www.aljazeera.net/…/القرضاوي-يصدر-فتوى-بتحريم-البوكي…