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Homa Hoodfar, detained since June 6 in Evin prison, Tehran, is starting a 4th month in solitary confinement.

mercredi 7 septembre 2016, par siawi3

Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/478917/iran-la-famille-d-homa-hoodfar-craint-qu-elle-meure-en-prison

La famille d’Homa Hoodfar craint qu’elle meure en prison
L’état de santé de l’anthropologue montréalaise s’est gravement détérioré

31 août 2016

Marie-Michèle Sioui

Photo : François Pesant Le Devoir . Homa Hoodfar a été interpellée par les autorités iraniennes en mars, un mois après être arrivée au pays pour visiter sa famille et mener des recherches.

La famille de la Montréalaise Homa Hoodfar, emprisonnée en Iran depuis trois mois, craint que l’ex-professeure de l’Université Concordia laisse sa vie derrière les barreaux de la prison d’Evin, à Téhéran.

« Le temps passe et nous avons peur qu’elle ne puisse plus endurer cette situation et, dans un tel cas, nous ne savons pas ce qui pourrait arriver… Nous ne voulons même pas penser à ce qui pourrait arriver », a déclaré sa nièce, Amanda Ghahremani, au Devoir.

Un membre de la famille de la Canado-Iranienne a pu la voir il y a quelques semaines : Homa Hoodfar rentrait alors d’un séjour à l’hôpital et était si faible qu’elle pouvait à peine marcher ou parler. « Nous n’avons pas de nouvelles depuis », s’est inquiétée Mme Ghahremani.

Tenue dans le noir par l’Iran, la famille s’est résignée à interpeller les médias pour faire bouger les choses. « On a voulu respecter le processus légal, mais nous avons vu tellement de violations des droits en Iran : ils ne lui ont pas donné accès à un avocat, à sa famille, à ses médicaments ou à un médecin indépendant qui puisse s’assurer qu’elle est en bon état », a énuméré sa nièce.

Emprisonnée depuis trois mois

Selon ce qu’elle en sait, sa tante — qui souffre d’une maladie neurologique grave, la myasthénie — est gardée dans une cellule d’isolement et n’a aucune possibilité d’être libérée sous caution. « Nous craignons qu’elle ne puisse plus tenir encore longtemps », a laissé tomber Mme Ghahremani.

Homa Hoodfar a été interpellée par les autorités iraniennes en mars, un mois après être arrivée au pays pour visiter sa famille et mener des recherches. Elle est derrière les barreaux depuis le 9 juin, faisant l’objet d’une enquête pour « activités féministes et activités ayant pu nuire à la sécurité du pays », et ciblée par des accusations dont la nature n’a pas encore été précisée par l’Iran.

La prison d’Evin, où elle se trouve, est tristement célèbre en raison des nombreux prisonniers politiques qu’elle a vu défiler entre ses murs depuis la révolution islamique iranienne de 1979. La photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi y est morte en 2003, après avoir été agressée sexuellement, torturée et battue à mort.

Jusqu’ici, la famille d’Homa Hoodfar se dit satisfaite des actions du gouvernement canadien dans le dossier, et ce, même si le pays a une mince marge de manoeuvre depuis qu’il a brisé les relations diplomatiques avec l’Iran, en 2003. Or l’anthropologue établie au Québec depuis 30 ans a aussi la nationalité irlandaise. Et puisque ce pays a encore une ambassade en Iran, Amanda Ghahremani souhaiterait le voir s’impliquer davantage. « L’Irlande devrait adopter une approche plus proactive et plus engagée », a-t-elle affirmé.

Au pays, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déclaré que le Canada travaillait « avec des pays d’influence pour déterminer le meilleur plan » et assurer le retour de Mme Hoodfar.

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