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Quebec : Détention pour féminisme et procès pour diffamation : la convergence des luttes

samedi 1er octobre 2016, par siawi3

Source : siawi.org

Ariane Brunet
co-fondatrice d’Urgent Action Fund.

sur sa page facebook
https://www.facebook.com/arianerigole/posts/10154690654539255

30 Septembre 2016

Hier je me réjouissais de revoir mon amie Homa Hoodfar revenir à la maison après 7 mois d’enfer dans les mains des Gardes de la révolution Islamique en Iran. Aujourd’hui je vois Djemila Benhabib une autre amie au bout de son procès en diffamation. Je ne connais pas Djemila aussi bien que Homa mais je sais que leur luttes respectives sont liées. L’ignorance de l’Occident se perpétue autant dans le manque d’effort de prendre conscience de la diversité des mondes musulmans, de la lutte des femmes dans ces mondes musulmans, de la lutte des démocrates dans ces sociétés - que dans notre façon molle du laisser faire alors que l’obscurantisme s’est installé dans nos sociétés occidentales, qu’il y a une tentative de prise de contrôle de certains secteurs des diasporas par les islamistes. On s’en fout, l’important c’est le tout sécuritaire et "qu’ils" votent du bon bord quand c’est le temps.

Nous préférons dans notre racisme de bon aloi laisser Djemila Benhabib se faire donner une leçon par des islamistes plutôt que de comprendre que pour qu’il y ait une Homa qui nous ouvre la voie des complexités des mondes musulman et des luttes que mènent les femmes et les démocrates d’Iran, de Tunisie, d’Égypte, du Liban, d’Iraq, du Pakistan et d’ailleurs, - il nous faut une Djemila qui nous pointe du doigt la manière dont nous préférons feindre l’ignorance plutôt que de faire face à la manière dont nous laissons le champ libre à ceux qui à Téhéran, à Dacca, à Alger, à Istambul, à Tombouctou ou ailleurs imposent le silence, emprisonnent à qui mieux mieux et persécutent les activistes féministe car, le féminisme est un lieu de sédition. En cela ils ont raison ! Notre féminisme à nous ces temps ci se porte à la boutonnière, une mode que l’on adopte ou pas et dont on se défait au gré des tendances.

Pour l’une, Homa, s’ils avaient pu poursuivre leur mise en scène à son procès on l’aurait condamné pour sédition sans aucun doute. Pour l’autre, Djemila, on laisse la justice faire tomber cette affaire dans les oubliettes. Et pourtant toutes les deux nous disent quelque chose d’essentiel. L’égalité ne s’atteint que par l’éducation et elle prend vie par la libération des femmes.