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Iran : “No Land’s Song” : le combat de solistes iraniennes pour fuir la censure

mercredi 5 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.telerama.fr/sortir/no-land-s-song-le-combat-de-solistes-iraniennes-pour-fuir-la-censure,147045.php

Anne Berthod

Publié le 11/09/2016.

Pour monter sur scène en liberté, ces chanteuses iraniennes ont du faire preuve d’un courage sans limite. Après le documentaire d’Ayat Najafi, elles se retrouvent au complet pour la première fois.

Quoi ? No Land’s Song, c’est d’abord un documentaire d’Ayat Najafi, sorti au cinéma au printemps. Le réalisateur iranien avait filmé durant plusieurs mois le parcours du combattant de la compositrice Sara Najafi, sa soeur, pour organiser un concert de chanteuses solistes, interdites de scène depuis la révolution islamique de 1979. Le concert, une traversée engagée du folklore persan, a bien eu lieu, en septembre 2013, après moult tours de passe-passe et bien des sueurs froides. Trois ans plus tard, les artistes se retrouvent au complet pour la première fois.

Qui ? Même casting qu’à l’écran, avec Parvin Namazi, grande voix de la musique traditionnelle perse, et la jeune mezzo-soprano Sayeh Sodeyfi, mais aussi la songwriter tunisienne Emel Mathlouthi, les Françaises Elise Caron et Jeanne Cherhal. Chacune a invité un musicien ami (percussions, batterie, guitare) pour compléter les instrumentistes iraniens (percussions orientales et vièle kamanché).

“Rendre hommage aux musiciens et chanteuses iraniens, surtout ceux de Téhéran”

Pourquoi ? « Pour médiatiser le combat sur le front international et faire ainsi bouger les lignes du ministère de la Culture et de la “guidance” islamique », explique le réalisateur Ayat Najafi, qui pense que cette affiche cosmopolite d’artistes venues d’univers différents permettra de toucher la jeunesse iranienne via les réseaux sociaux. Au-delà de cet appel à la résistance, il s’agit aussi, ajoute Emel Mathlouthi, de « rendre hommage aux musiciens et chanteuses iraniens, surtout ceux de Téhéran », qui pourront en Occident « s’exprimer plus librement et faire de vrais solos ».

Comment ? A six voix (un poète iranien s’est joint à elles) et en trois langues, avec notamment des chants traditionnels que toutes interpréteront ensemble en persan. Chacune chantera également en solo un thème à elle. Entre les Iraniennes, qui, exceptionnellement, n’auront pas à se brider, la verve incantatoire d’Emel, la spontanéité de Jeanne et le feeling comédien d’Elise, il soufflera un vent de liberté au Monfort.

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