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Vatican : La mise en garde contre « la théorie du genre » du pape François

dimanche 9 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Le-pape-Francois-met-en-garde-contre-la-theorie-du-genre-2016-10-02-1200793319

Nicolas Senèze (à bord du vol papal), le 02/10/2016 à 23h55

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Interrogé sur la théorie du genre dans l’avion qui le ramenait dimanche soir 2 octobre de Bakou (Azerbaïdjan), le pape François a critiqué son enseignement dans les manuels scolaires français, tout en se montrant très compréhensif vis-à-vis des personnes homosexuelles et transsexuelles.

Photo : Le pape François dans l’avion, dimanche 2 octobre, au retour de Bakou. / Luca Zennaro/AFP

Dans l’avion qui le ramenait dimanche soir 2 octobre de Bakou, après un voyage de trois jours en Géorgie et en Azerbaïdjan, le pape François est revenu sur les propos qu’il avait tenus la veille dans l’église catholique de Tbilissi à propos de la théorie du genre, qu’il avait qualifiée de « menace pour le mariage », évoquant une « colonisation idéologique ».

« Ce dont j’ai parlé, c’est du sournois endoctrinement de la théorie du genre », a expliqué le pape, prenant l’exemple d’une histoire que lui a racontée « un père de famille français ». « Un catholique mais comme ci comme ça, mais catholique quand même », a précisé le pape.

Selon François, ce père de famille parlait à table avec ses enfants quand il a demandé à son fils de 10 ans ce qu’il voulait faire quand il serait grand. « Fille », a répondu celui-ci. « Et le père s’est rendu compte que, dans les livres du collège, on enseignait la théorie du genre », a raconté le pape.
« J’ai accompagné des personnes avec des tendances homosexuelles »

« Cela va contre les choses de la nature, a-t-il continué. Une chose est une personne qui a ces tendances, et même qui change de sexe, mais autre chose est d’enseigner cela dans les écoles. On veut changer les mentalités, c’est ce que j’appelle la colonisation idéologique. »

Dans le même temps, le pape, qui était interrogé sur le cas de personnes se « sentant mal à l’aise avec leur identité sexuelle », s’est en effet montré très compréhensif vis-à-vis des personnes homosexuelles comme transsexuelles.

« Dans ma vie de prêtre et d’évêque, et même de pape, j’ai accompagné des personnes avec des tendances homosexuelles », a-t-il expliqué, soulignant que « les personnes doivent être accompagnées comme accompagnait Jésus » qui ne rejetait personne.

Accompagnement d’un transsexuel

Il a ainsi raconté avoir reçu cette année la lettre d’un jeune transsexuel espagnol. « Il se sentait garçon mais était physiquement une fille », a raconté le pape qui a précisé que ce jeune, opéré vers l’âge de 20-22 ans pour changer de sexe, était « engagé dans l’Église en Espagne, avec un mandat de l’évêque ». « Et l’évêque l’a accompagné », a continué François, félicitant ce « bon évêque ».

Le transsexuel a ensuite obtenu un changement d’état civil avant de se marier, continuant à être accompagné par un vieux prêtre de son quartier. « Quand le nouveau prêtre est arrivé, il lui a écrit « Tu iras en enfer » », s’est indigné le pape qui a reçu le couple et a félicité l’ancien prêtre d’avoir continué à accompagner le jeune transsexuel.
« Ne dites pas que le pape sanctifie les trans ! »

« Chaque cas particulier, nous devons essayer de l’accueillir, de l’accompagner, de discerner et de l’intégrer. C’est ce que ferait Jésus aujourd’hui », a assuré François.

« Mais s’il vous plaît, ne dites pas que le pape sanctifie les trans ! », a mis en garde François, pour qui ce sujet « est une question de morale qu’il faut résoudre comme on peut, mais toujours avec la miséricorde… avec un esprit ouvert ».

Également interrogé sur ses voyages à venir, le pape a confirmé qu’il se rendra bien à Fatima (Portugal) le 13 mai prochain, pour le centenaire des apparitions mariales.
« En Afrique, la destination n’est pas encore sûre »

« J’irai au Portugal, et seulement à Fatima », a insisté le pape, avant de souligner que son agenda de l’année 2017 était alourdi par les visites ad limina, ces visites à Rome que doivent faire les évêques tous les cinq ans mais qui ont été suspendues pendant l’Année de la miséricorde et qui devront donc se faire l’an prochain en plus de celles initialement prévues.

François, qui avait confié vendredi aux Argentins qu’il doit se rendre en 2017 en Asie et en Afrique, a aussi annoncé comme « presque sûr » un voyage en Inde et au Bangladesh.

« En Afrique, la destination n’est pas encore sûre », a reconnu le pape qui a donné deux régions possibles : « l’Afrique du nord-ouest d’un côté et l’Afrique du sud-est de l’autre ». « Tout dépendra de la situation politique », a-t-il insisté.
Visites à de grands pays comme « le Portugal ou la France »

Concernant le voyage en Colombie annoncé la semaine dernière par le président Juan Manuel Santos, le pape précisé que cela « dépendra de l’aboutissement du processus de paix ». « J’irais quand tout sera consolidé, quand tout sera sûr, sûr, sûr : si ce n’est pas sûr, j’irai plus tard », a martelé le pape pour qui « tout dépend de ce que dira le peuple », qui se prononçait ce dimanche par référendum sur l’accord avec la guérilla des Farc.

« Le peuple est souverain », a lancé le pape. Il a, au passage, critiqué l’« habitude » prise « sur d’autres continents » par les gouvernants qui « quand le second mandat est arrivé à son terme cherchent à changer la constitution pour en faire un troisième ».

Allusion à peine voilée à l’Afrique de la part d’un pape qui, lundi dernier, recevait par exemple le président de RD-Congo Joseph Kabila, justement dans ce cas. « Cela va contre la souveraineté du peuple », a mis en garde le pape.

Quant à la Chine, le pape a écarté l’idée d’un voyage prochain, tout en se félicitant des « bons rapports ». « Nous étudions, nous parlons. Il y a des commissions de travail. Nous sommes optimistes », a juste précisé le pape.

François a enfin défendu son choix de privilégier, en Europe, des petits pays, soulignant qu’il s’agissait de « périphéries ». « Mais cela n’empêche pas d’aller visiter de grands pays comme le Portugal ou la France », a lâché le pape.

Toujours concernant la France, le pape a aussi été interrogé sur l’annonce par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, dimanche à Saint-Etienne-du-Rouvray, de la dispense pontificale du délai de cinq ans avant d’ouvrir le procès en béatification du P. Jacques Hamel.

« J’ai parlé de cela avec le cardinal Amato (préfet de la Congrégation des causes des saints, NDLR) : nous ferons une étude et nous donnerons des nouvelles plus tard », a précisé le pape.

Selon lui, « l’intention est de faire les recherches nécessaires et de rassembler les témoignages avant qu’ils ne se perdent », a expliqué François, évoquant le grand âge des témoins de l’assassinat du prêtre : « Il est très important de ne pas perdre les témoignages car les témoins peuvent mourir. »
Nicolas Senèze (à bord du vol papal)