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Vatican : Pourquoi la théorie du genre fait-elle si peur au Pape François ?

mardi 11 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/pourquoi-la-theorie-du-genre-fait-elle-si-peur-au-pape-francois-57f661e8cd70871fc42699a6

Publié le vendredi 07 octobre 2016 à 15h22 - Mis à jour le vendredi 07 octobre 2016 à 16h56

Marie Thibaut de Maisières,
éditrice et auteure chez MyZebraBook.

En début de semaine, le pape François, a dénoncé le « sournois endoctrinement de la théorie du genre » par l’éducation nationale française qui est « contre les choses naturelles » et participe « à la guerre mondiale pour détruire le mariage".

J’ai une grande sympathie pour cet homme généreux et moderne qui a un boulot pas facile (défendre la vision de la famille et de la sexualité figée au XIXe siècle à l’heure de la GPA et de YouPorn, franchement, il faut du courage). Mais j’aimerais apporter des précisions à cette question compliquée qui mérite mieux que des phrases-chocs.

À la base du débat, il y a quatre définitions :

- Le sexe est la différence biologique (la nature) entre les femmes et les hommes. Personne ne la remet en cause - même celles ou ceux qui pensent que les poils sous les bras devraient être acceptables aussi pour les dames.

- Le genre fait référence aux différences non biologiques (la construction sociale) entre les hommes et les femmes. Du type : les hommes aiment la bière et le football, les femmes savent changer les couches.

- Les études sur les genres cherchent à savoir si les différences entre les sexes sont liées à l’identité sexuelle biologique ou à la construction sociale autour de celle-ci. Comme : j’apprécie les fleurs parce que je possède un utérus ou parce qu’on m’a appris à les aimer quand j’étais petite ?

- La théorie du genre n’existe pas car il y a de multiples études non consensuelles et pas une théorie unique (complotiste). C’est le terme utilisé par ceux qui s’y opposent.

En réalité, le débat n’est pas sur le genre : il y a une différence biologique entre les / le sexe et il y a une construction sociale autour de celle-ci (le genre). C’est indiscutable ! (Et c’est normal que cela soit évoqué dans les programmes scolaires au même titre que le Big Bang même si cela ne colle pas avec ce qui est écrit dans la Bible). La discussion est sur l’évaluation du bien-fondé de cette construction. Certains, les féministes, trouvent que la construction sociale autour du genre est injuste et entraine, de facto, des inégalités (violence conjugale massive, inégalité salariale, culture du viol…) D’autres pensent, au contraire, que cette différence construite entre les sexes, est positive pour la société et que la nier, c’est perdre la richesse de la différence ho-fe. Que nous sommes sont différents mais égaux.

Personnellement, je constate que plus les sociétés font des différences entre les sexes (avec en tête de ligne, l’Arabie Saoudite), plus il y a d’inégalité entre les humains (même du même sexe), de violence familiale, de violence étatique… A contrario, dans les cultures (scandinaves par exemple) où l’on a renforcé le pouvoir des femmes, en diminuant, par l’éducation, la différence de traitement entre les sexes, il y a moins de violence, plus de tolérance, de bonheur… (Hasard ? Je ne crois pas ! )

Il me semble juste (et si vous voulez appeler cela ‘théorie du genre’, tant pis) de considérer chaque enfant comme un être unique, qui bien sûr possède un sexe, mais surtout une personnalité tout à lui ou a elle qui ne doit pas forcément être enfermé dans des stéréotypes sexistes (Tu es un garçon, tu es fort. Tu es une fille, tu es gentille). Gommer les stéréotypes de genre, c’est justement augmenter la liberté des individus d’être ce que l’on veut et donc la richesse de la diversité.

Pour en revenir aux déclarations de Sa Sainteté sur ‘l’endoctrinement de la théorie du genre’, je pense que ce n’est pas son rôle de s’exprimer sur les programmes de l’éducation nationale. Jésus a dit : « il faut rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (ou comme disent les Wallons : « à chacun sa spécialité et les vaches seront bien gardées. »)

Pourquoi est-ce que les études du genre participeraient « à la guerre mondiale pour détruire le mariage » ? Ce n’est pas une pub pour le mariage de dire qu’il ne peut pas fonctionner si l’on sort de la relation sexiste. Si ?

Enfin je m’étonne que François Ier utilise l’argument que c’est « contre les choses naturelles », lui qui fait perdurer le célibat des religieux, qui me est aussi quelque chose de peu naturel. Ça me rappelle ce pédopsychiatre de l’ULG qui me répondait que ‘nous sommes des mammifères !’ Les cobayes de mon neveu sont aussi des mammifères et je vous assure que leurs mœurs sexuelles en famille ne sont pas souhaitables pour le genre humain. Brrrr.