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Maroc : les islamistes remportent les élections législatives

Monday 10 October 2016, by siawi3

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2016/10/08/01003-20161008ARTFIG00037-maroc-les-islamistes-en-passe-de-remporter-les-elections-legislatives.php

Par lefigaro.fr Mis à jour le 08/10/2016 à 14:12 Publié le 08/10/2016 à 10:58

VIDÉO - Les islamistes du PJD, à la tête du gouvernement de coalition depuis cinq ans au Maroc, ont obtenu 125 députés, contre 102 à son principal rival, le Parti authenticité et modernité (PAM, libéraux), lors des élections législatives de vendredi.

Aux affaires depuis 2011, les islamistes ont remporté les élections législatives de vendredi au Maroc, et sont ainsi reconduits pour un second mandat de cinq ans à la tête du gouvernement. Au lendemain d’une journée de vote sans incident majeur, mais marquée par une forte abstention et des accusations de fraudes, le Parti justice et développement (PJD) du premier ministre Abdelilah Benkirane a obtenu 125 députés, contre 102 à son principal rival, le Parti authenticité et modernité (PAM, libéraux) sur un total de 395 sièges, selon des résultats officiels, après le dépouillement complet des bulletins.

Le PJD réussit donc son pari d’un deuxième mandat à la tête du gouvernement de coalition pour «continuer la réforme», comme il n’a cessé de le clamer pendant toute la campagne. En 2011, le PJD avait remporté une victoire historique, quelques mois après une révision constitutionnelle menée par Mohammed VI pour calmer le «mouvement du 20 février», la version marocaine du Printemps arabe. Parfois comparé aux Frères musulmans égyptiens (une comparaison qu’il récuse), le PJD est aujourd’hui la seule formation islamiste encore à la tête d’un gouvernement dans le monde arabe. Au terme de cette journée de vote, il conforte donc sa position dominante sur l’échiquier politique marocain, où le roi, chef de l’Etat et «commandeur des croyants», reste néanmoins le seul décideur sur les questions stratégiques: l’international, la sécurité et l’économie.

Un bilan en demi-teinte

Cinq ans au pouvoir n’ont donc pas émoussé la popularité du PJD. Avec un bilan en demi-teinte, ce parti organisé comme à la caserne, accusé par ses détracteurs de dissimuler un agenda islamiste dur, s’est bien gardé jusqu’à présent de légiférer sur les moeurs, et a cantonné son action à la sphère économique et sociale, sur un mode plutôt libéral et dans un contexte difficile.

Vendredi soir, le premier ministre et secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, venu rencontrer les militants au siège de son parti à Rabat, a salué «un jour de joie et d’allégresse pour les Marocains». «Malgré les manigances de certains, le peuple a voté en masse pour le parti. (...) Nos résultats sont excellents», s’est-t-il félicité. En fin d’après-midi, le PJD avait en effet demandé «l’intervention urgente» du ministère de l’Intérieur pour faire cesser les «abus» par des fonctionnaires de ce même ministère qui ont selon lui entaché le scrutin et visaient à favoriser le PAM. Des critiques rejetées par le ministre Hassad qui a salué le «bon déroulement» de ce scrutin «transparent».

Ces tensions sont le dernier épisode d’un long bras de fer qui a alimenté la polémique ces dernières semaines, le PJD accusant l’Intérieur, puissant ministère régalien avec un technocrate à sa tête, de partialité et d’agissements en sous-main en faveur du PAM - tout en se gardant bien de prendre de front le palais royal. De son côté, le PAM a indiqué avoir «soumis une cinquantaine de plaintes» sur des irrégularités, beaucoup visant le PJD. Il s’est dit cependant «très satisfait du résultat» du vote.

Selon la Constitution, le roi nomme le premier ministre au sein du parti arrivé en tête des élections. Ce qui signifie logiquement que le premier ministre Benkirane devrait être reconduit à son poste. PAM et PJD ont d’ores et déjà exclu toute alliance commune dans un futur gouvernement. Le PJD devra donc nouer plusieurs alliances pour former le prochain gouvernement. C’est déjà le cas pour sa majorité sortante, qui compte des communistes, des libéraux et des conservateurs.