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UN : L’Unesco adopte une résolution controversée sur Jérusalem et ravive les tensions israélo-palestiniennes

mercredi 19 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1945135-20161018-unesco-adopte-resolution-controversee-jerusalem-ravive-tensions-israelo-palestiniennes

L’Unesco adopte une résolution controversée sur Jérusalem et ravive les tensions israélo-palestiniennes

PROCHE-ORIENT Le texte a été validé par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’organisation…

Photo : L’esplanade des Mosquées à Jérusalem. - AHMAD GHARABLI

20 Minutes avec AFP

Publié le 18.10.2016 à 20:24
Mis à jour le 18.10.2016 à 20:36

C’est une résolution qui risque de remettre le feu aux poudres au Proche-Orient. Malgré le tollé en Israël, l’Unesco a officiellement adopté ce mardi une résolution sur Jérusalem-Est portée par des pays arabes au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien. Le texte a été validé par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’Unesco réunis en assemblée plénière au siège de l’organisation à Paris.

Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville, est occupée depuis 1967 par Israël et depuis annexée - une annexion considérée comme illégale par l’ONU. Elle abrite la vieille ville et ses remparts, un site inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial.

Les Palestiniens se réjouissent, les Israéliens s’offusquent

Son adoption jeudi dernier en commission (avec 24 voix pour, six contre et 28 abstentions) avait suscité une levée de boucliers en Israël : le gouvernement israélien avait immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l’Unesco en signe de protestation. Mardi, aucun des Etats membres du Conseil exécutif, réunis en plénière, n’a demandé à rouvrir le débat et le texte a été entériné sans qu’il y ait de nouveau vote, a expliqué une porte-parole de l’Unesco. Pour l’Etat hébreu, cette résolution nie le lien millénaire entre les juifs et la ville.

>> A lire aussi : Israël bâtit à Jérusalem-Est, les Palestiniens ne croient plus aux négociations

Les Palestiniens se sont réjouis de ce résultat dans la foulée. « La résolution rappelle qu’Israël est une puissance occupante à Jérusalem-Est et lui demande d’arrêter ses abus », a déclaré à la presse Mounir Anastas, ambassadeur adjoint à l’Unesco. « Ce n’est pas le bon endroit pour résoudre les problèmes entre les pays ou les peuples », a rétorqué l’ambassadeur d’Israël à l’Unesco, Carmel Shama-Cohen, estimant que l’organisation de l’ONU pour la paix et la culture devrait plutôt servir à bâtir « des ponts » entre Israéliens et Palestiniens.

La directrice générale de l’Unesco menacée de mort

La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, avait pour sa part exprimé ses réserves : « Le patrimoine de Jérusalem est indivisible et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville ». A la suite de ce communiqué, elle a été menacée de mort, a assuré lundi l’ambassadeur israélien à l’Unesco, ce que les services d’Irina Bokova n’ont souhaité ni confirmer ni démentir.

>> A lire aussi : L’Unesco inscrit en « urgence » la Nativité de Bethléem au Patrimoine mondial

En avril, l’Unesco avait déjà adopté une résolution similaire. La France avait alors voté pour, s’attirant les foudres d’Israël et de la communauté juive française. En mai, à un moment où les tensions étaient à leur maximum, le président François Hollande avait jugé « fâcheux » le vote français et promis de veiller « personnellement » à sa reformulation en octobre. « Certaines formules ayant suscité des polémiques ont pu être retirées du texte », a noté jeudi une source diplomatique française. « Néanmoins, le maintien d’un certain nombre de termes déséquilibrés » a conduit la France à s’abstenir, selon la même source.

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Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/10/18/l-unesco-adopte-une-resolution-controversee-sur-jerusalem_5015859_3218.html#Scz4Eup2WwuQs1Tu.99


L’Unesco adopte une résolution controversée sur Jérusalem

Israël dénonce la négation des liens historiques entre les juifs et le mont du Temple, soit l’esplanade des Mosquées pour les musulmans.

LE MONDE | 18.10.2016 à 15h13 • Mis à jour le 18.10.2016 à 15h19

Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Dôme du rocher le 14 octobre, ou Qubbat As-Sakhrah en arabe, se trouve sur le site religieux connu comme celui de l’esplanade des Mosquées pour les musulmans et de mont du Temple pour les juifs dans la vieille ville de Jérusalem.
Peu de pays attachent autant d’importance qu’Israël aux votes de l’Unesco. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture s’est attiré une nouvelle fois les foudres de l’Etat hébreu, mardi 18 octobre, en adoptant en conseil exécutif une résolution controversée qui concerne notamment la vieille ville à Jérusalem-Est.

Ce texte, déjà soumis au vote en commission le 13 octobre, ne fait référence qu’aux noms musulmans des sites religieux, en évitant par exemple l’expression mont du Temple pour l’esplanade des Mosquées. En semblant nier les liens historiques et spirituels du judaïsme avec ce lieu, l’Unesco a provoqué une condamnation unanime de la part des dirigeants du pays, qui fustigent la partialité anti-israélienne de la plupart des forums multilatéraux.

Lire aussi : Israël suspend sa coopération avec l’Unesco après un vote sur Jérusalem

Le 13 octobre, l’Allemagne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont fait partie des six pays qui se sont opposés au texte. La France figurait parmi les 26 qui se sont abstenus, tandis que 24 votaient pour, dont la Chine, la Russie et l’Egypte. Depuis des années, l’Unesco sert de tribune privilégiée pour les défenseurs de la cause palestinienne. L’organisation est aussi devenue une sorte de coupable idéal pour le gouvernement israélien, qui serre ainsi les rangs et éloigne le débat sur l’occupation elle-même. En avril, l’Unesco avait déjà adopté une résolution similaire. La France avait alors voté pour, au terme d’un imbroglio diplomatique suscitant la colère d’Israël et de la communauté juive française. Le gouvernement et l’Elysée s’étaient ensuite confondus en excuses, promettant une plus grande vigilance à l’avenir.

Lire aussi : Comment la polémique sur la résolution de l’Unesco freine le processus de paix israélo-palestinien

« Théâtre de l’absurde »

Israël, qui avait suspendu fin 2011 le versement de son soutien financier à l’Unesco après l’acceptation de la Palestine comme membre, a décidé de rompre tout contact officiel avec l’organisation. C’est le ministre de l’éducation, Naftali Bennett, qui en a fait l’annonce dès le 14 octobre, en dénonçant dans une lettre ouverte le « soutien immédiat au terrorisme islamiste » apporté par les votants.

De son côté, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a dénoncé le « théâtre de l’absurde » qui se déroulerait au sein de l’organisation. « Et quoi ensuite ? Une décision de l’Unesco niant la connexion entre le beurre de cacahouète et la confiture ? Batman et Robin ? Le rock et le roll ? », a-t-il ironisé sur son compte Twitter. Pour le chef du gouvernement, ce vote porte atteinte toutefois à l’une de ses grandes ambitions diplomatiques : briser la majorité anti-israélienne systématique en Afrique et parmi les pays arabes à chaque vote lié à l’occupation.

La directrice de l’Unesco, Irina Bokova, a immédiatement pris ses distances avec ce texte, voulu par plusieurs pays arabes. « L’héritage de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a le droit à une reconnaissance explicite de son histoire et de sa relation avec la ville », a-t-elle souligné dans un communiqué. Le Mexique comptait demander un nouveau vote mardi afin de changer sa propre décision du 13 octobre en faveur d’Israël. Mais le pays a finalement choisi de faire une simple déclaration au cours du conseil exécutif pour manifester son changement de position, dû à une formulation biaisée du texte, qu’il semblait soudain découvrir.

La résolution désigne Israël sous l’expression « puissance occupante ». Elle dénonce la poursuite de fouilles archéologiques à Jérusalem-Est, en particulier à l’intérieur et autour de la vieille ville. Elle appelle à la « restauration du statu quo en vigueur jusqu’en 2000 » sur l’esplanade des Mosquées, qui était exclusivement gérée par les administrateurs jordaniens de la Waqf. Le texte déplore « l’escalade d’agressions et de mesures illégales » contre ses membres ainsi qu’à l’encontre des croyants musulmans souhaitant se rendre à la mosquée Al-Aqsa, lieu régulièrement « pris d’assaut par les extrémistes de la droite israélienne ». Le mur des Lamentations est désigné sous l’expression arabe place Al-Bouraq, ce qui pour les médias israéliens constitue une sorte d’expropriation sémantique.