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Turquie : bientôt le retour de la peine de mort ?

dimanche 30 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.lepoint.fr/monde/turquie-bientot-le-retour-de-la-peine-de-mort-29-10-2016-2079494_24.php

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi que le rétablissement de la peine capitale serait soumis au Parlement, sans préciser quand.

Source AFP
Publié le 29/10/2016 à 18:27 | Le Point.fr

Photo : Le président Erdogan a annoncé que le Parlement turc allait examiner le rétablissement de la peine de mort (photo d’illustration). © Anadolu Agency/ KAYHAN OZER

Jusqu’où ira Recep Tayyip Erdogan ? Le président turc a déclaré samedi que le rétablissement de la peine de mort serait soumis au Parlement, en méprisant les critiques formulées à ce sujet par l’Occident, qui « ne comptent pas ». « Bientôt, bientôt, ne vous en faites pas. C’est pour bientôt, si Dieu le veut », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours à Ankara, en réponse à la foule qui scandait « nous voulons la peine de mort » pour les auteurs du coup d’État manqué de juillet.

« Notre gouvernement soumettra cela au Parlement. Et je suis convaincu que le Parlement l’approuvera et, quand cela arrivera devant moi, je le ratifierai », a poursuivi le chef de l’État turc. Un éventuel débat parlementaire sur la peine de mort s’annonce tumultueux, à un moment où le gouvernement espère rallier des élus de l’opposition pour réformer la Constitution afin d’instaurer un régime présidentiel. Dès le surlendemain du putsch avorté du 15 juillet, le président Erdogan, promettant d’éliminer « le virus » factieux au sein de l’État, avait évoqué un possible rétablissement de la peine capitale, provoquant l’indignation de l’Union européenne (UE), avec laquelle Ankara entretient des relations orageuses.

L’adhésion à l’UE plus que jamais en péril

La peine de mort a été abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d’Ankara à l’entrée dans l’UE et son rétablissement pourrait sonner le glas des négociations sur une adhésion de la Turquie, tout en aggravant les inquiétudes relatives à l’État de droit. « L’Occident dit ceci, l’Occident dit cela. Excusez-moi, mais ce qui compte, ce n’est pas ce que dit l’Occident, c’est ce que dit mon peuple », a rétorqué Recep Tayyip Erdogan, qui s’exprimait lors de la cérémonie d’inauguration d’une gare de train à grande vitesse dans la capitale turque.

Plus de 35 000 personnes ont été arrêtées en Turquie dans le cadre des enquêtes ouvertes après le coup d’État manqué, selon les chiffres du gouvernement. Ankara accuse un prédicateur exilé aux États-Unis, Fethullah Gülen, d’avoir ourdi le putsch et réclame son extradition à Washington. Fethullah Gülen dément toute implication.