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ALGERIE : Le courant progressiste sortira-t-il de la clandestinité ?

dimanche 30 octobre 2016, par siawi3

Source : http://www.algerieinfos-saoudi.com/algerie-le-courant-progressiste-sortira-t-il-de-la-clandestinite.html

Par Saoudi Abdelaziz,

1er Février 2016

Des articles récents font preuve d’étroitesse lorsqu’ils limitent le courant progressiste algérien au seul progressisme d’obédience pagsiste. Le progressisme algérien a diverses filiations : marxisme, nationalisme historique, théologie de la libération. Ces trois composantes sont entrées en clandestinité sur le sol national, trois années après l’instauration du multipartisme. Les progressistes se sont alors coulés dans le choix adopté par une opinion publique traumatisée qui a opté pour une influence diffuse de survie. Les progressistes algériens se tiennent actuellement à l’écart des constructions politiques et médiatiques officielles, ils veulent d’abord que soit construite la sécurité de l’action politique.

La clandestinité était devenue une nécessité après le triomphe de la polarisation "intégrisme contre laïcisme", qui a été imposée par la force. Coup de force des généraux, l’assassinat de Boudiaf, dissolution du Pags, puis l’explosion terroriste : c’est pendant cette période que le courant progressiste a préféré se mettre physiquement en clandestinité, évitant les structures organiques, alors impossibles à protéger du travail des services secrets. Certains organes et personnalités ont assuré la popularisation des thèses progressistes sur les réseaux sociaux tandis que les autres se sont immergés au sein de la population et de ses mouvements.

On se rappelle l’incompréhension des militants les plus aguerris du Pags, devant la décision de la direction du parti, inspirée par les "inflitrés du DRS", de faire sortir au grand jour les cadres et la logistique, jusque là cloisonnés.

La justesse de cette immersion du courant progressiste dans la clandestinité a été confirmée durant les années suivantes. Il va sans dire que la quasi totalité des pagsistes ont refusé l’enrôlement dans les milices d’autodéfense mises en place par le DRS. Celle occultation était d’autant plus inévitable que les champs médiatique était alors résolument fermés aux thèses progressistes, opposées à la polarisation intégristes-laïcs, encouragée voire inspirée par le système et ses "services".

Les réferences rénouvelées

Les grandes "structures" historiques de référence pour ceux qui militaient pour la transformation sociale, étaient la social-démocratie, le mouvement communiste international (et sa variante trotskiste), ainsi que l’islamisme politique. Elles ont subi un cataclysme au cours de trois décennies écoulées. Les organisations de gauche qui s’en inspiraient de par le monde sont de ce fait en crise. Actuellement, des rassemblement progressistes nouveaux sont en train d’émerger des décombres.

Après l’effondrement de ces constructions à oeillères hégémonistes, on constate actuellement que le marxisme, la théologie de la libération, le nationalisme patriotique semblent avoir retrouvé une nouvelle jeunesse dans le monde.

Dans notre pays ces trois filiations imprègnent fortement ceux et celles qui conduisent ou inspirent l’opinion, le mouvement social, le mouvement féministe, la rénovation culturelle...

Ces trois grandes filiations du progressisme algérien sont très vivantes, elles fournissent du bon grain pour le développement national et l’émancipation du peuple. Les relations entre elles se tissent, rendant plus efficace le travail pour faire reculer les faux clivages idéologiques et les polarisations qui assurent la pérennité du système dominant.

Ceux et celles qui s’en inspirent se tiennent à l’écart des constructions du paysage politique officiel, car ils veulent de nouvelles règles pour garantir la sécurité de l’action politique.