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Algérie : Dialogue politique et social ou durcissement des luttes des classes

mercredi 2 novembre 2016, par siawi3

Source : http://www.algerieinfos-saoudi.com/2016/06/alternative-algerienne-dialogue-politique-et-social-ou-durcissement-des-luttes-des-classes.html

Publié par Saoudi Abdelaziz

Alternative algérienne. Dialogue politique et social ou durcissement des luttes des classes

Grondements sourds déjà vifs parfois, après l’annonce de décisions et de projets sur les retraites et les prix, alors que les ultra riches sont exceptés du saccage néolibéral médité.

Des réformistes de l’intelligentzia middle class préconisent un libéralisme de bon aloi, ayant pignon sur rue, respectant les règles de la bonne société et où l’argent est une valeur légitime. Actuellement, ils sont dramatiquement coincés entre l’appétit égoïste des gros possédants -qu’ils aient pignon sur rue ou non- et la résistance des salariés et des autres couches populaires dont l’Adn, en Algérie est encore fortement marqué par le gène de la justice sociale.

Plus prosaïquement, cette intelligentzia réformiste prend la posture -somme toute honorable- de qui veut "séparer" les protagonistes d’une bagarre. Sans le dire ouvertement, ils mettent le doigt sur le "risque" d’une aggravation de la lutte des classes dans notre pays. Le peuple peut-il en effet permettre que la voie néolibérale continue frontalement ou par ruse d’asseoir l’hégémonie de l’argent facile sur la société bloquant toute vraie ambition nationale. La priorité pour le mouvement populaire est de peser plus fortement pour défendre ses intérêts sociaux, tout en construisant les moyens d’une vraie alternative- où l’intelligentzia réformiste à la place- contre l’aventure destructrice néolibérale.

EXTRAITS

Abed Charef, journaliste politologue, développe sa chronique de ce matin sur deux faces.

Côté pile. " Les mesures concrètes pour réformer l’économie commencent à se dessiner". Ajoutant : "Toutes ces mesures ne constituent pas un catalogue d’idées ultralibérales prônées par un parti de droite. Il s’agit plutôt de mesures de rationalisation de l’économie et de préservation des équilibres sociaux. Même si elles sont médiatisées par des think tanks plutôt libéraux, des organisations patronales très à droite, et des lobbyistes travaillant pour les grosses entreprises, ces mesures relèvent du bon sens".

Côté face :

"Dans un pays où des décisions de transfert de fortunes immenses sont signées, la nuit, au profit d’oligarques, il est indécent de demander à ceux qui sont au bas de l’échelle sociale de faire le moindre effort. Quand le ministre du Commerce lui-même reconnaît que 30% des devises exportées le sont de manière illicite, il est impossible de demander au citoyen de payer l’essence à son véritable prix. Ce qui signifie que les mesures techniques envisagées pour réformer l’économie ne mèneront qu’à l’émeute si le pouvoir qui veut les appliquer ne s’engage pas auparavant dans plus de transparence, d’Etat de droit, de légitimité, d’éthique. Ce qui revient à dire que la réforme de l’économie peut se transformer en une menace sérieuse si elle n’est pas précédée, ou accompagnée, d’une réforme politique d’envergure".

Arezki Derguini, député du FFS, publiciste, préconise la refondation du dialogue social.

"Le clivage qui va diviser plus profondément les rangs de la société à mon sens à plus ou moins longue échéance, passe entre ceux qui voudront impliquer la société dans les affaires publiques et ceux qui voudront défendre des intérêts étroits et mal assis. Une différence de perspectives entre des intérêts de court, moyen et long terme. Pour comprendre et ajuster ces différentes perspectives, il faudrait probablement aller dans le sens d’une autre gouvernance économique et territoriale avec tout d’abord une refondation du dialogue social. Le dialogue social, au contraire de ce qu’il est aujourd’hui, doit aborder la répartition des revenus et des patrimoines, la situation des finances publiques ou privées. Il doit rechercher une vision partagée des objectifs et des moyens du développement national".