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France : Les femmes veulent l’égalité salariale : Lundi à partir de 16h34, les femmes "travailleront pour rien".

L’Appel des Glorieuses

lundi 7 novembre 2016, par siawi3

Source : http://www.europe1.fr/societe/lundi-a-partir-de-16h34-les-femmes-travailleront-pour-rien-selon-des-feministes-2892713

Lundi à partir de 16h34, les femmes "travailleront pour rien", selon des féministes

05h44, le 07 novembre 2016, modifié à 07h25, le 07 novembre 2016

Lundi à partir de 16h34, les femmes "travailleront pour rien", selon des féministes
Selon les derniers chiffres d’Eurostat, les femmes françaises ont gagné en 2014 un salaire horaire brut inférieur de 15,5% à celui des hommes.

Image d’illustration.@ JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Lundi, à 16h34, les hommes auront gagné ce que les femmes gagnent en une année, selon les calculs des "Glorieuses", une lettre d’information féministe.

Souffrant d’un écart de salaire de plus de 15% par rapport aux hommes, les femmes françaises travailleront "bénévolement" à partir de lundi à 16h34 et jusqu’à la fin de l’année, ont calculé des féministes qui appellent à se mobiliser à cette date "symbolique".

Une initiative islandaise. Dans un texte publié sur internet et très relayé, les contributrices des Glorieuses, une lettre d’information féministe, réclament l’égalité salariale en appelant les femmes à se mobiliser le 7 novembre, date à laquelle les hommes auront gagné ce que les femmes gagneront en une année. S’inspirant d’une initiative islandaise, qui a conduit les femmes de ce pays à descendre dans la rue le 24 octobre pour réclamer l’égalité salariale, la fondatrice des Glorieuses, Rebecca Amsellem, souhaite "adapter l’idée à la France". Cette professeure de faculté de 28 ans a établi que l’écart de rémunération de 15,1% entre les hommes et les femmes, mesuré en 2010 par l’institut européen de la statistique Eurostat correspondait "à 38,2 jours" de salaire en moins.

"Proposer, suggérer" plutôt que quitter le travail. "Lundi à 16h34 et 7,5 secondes précisément, on peut se dire qu’on va travailler pour rien tous les jours jusqu’à la fin de l’année", poursuit-elle, appelant à une "prise de conscience collective". "On n’appelle pas les femmes à quitter le travail, mais on veut proposer, suggérer, aux associations, aux syndicats de travailleurs, de s’approprier ce chiffre pour se mobiliser", ajoute la jeune femme.

Des attentes envers la campagne présidentielle. Des initiatives et appels à la mobilisation ont déjà commencé à émerger, notamment sur Twitter avec le hashtag #7novembre16h34. Dans un communiqué, l’association Les Effronté-e-s a appelé à un rassemblement lundi place de la République à Paris, à 16h34, pour dire qu’"à travail égal, nous méritons un salaire égal". Les contributrices des Glorieuses aimeraient à plus long terme que ce sujet soit "abordé dans la campagne présidentielle pour donner aux femmes les droits qu’elles méritent". Selon les derniers chiffres d’Eurostat, les femmes françaises gagnaient en 2014 un salaire horaire brut inférieur de 15,5% à celui des hommes. Ce chiffre est de 16,7% au niveau européen.

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Source : http://lesglorieuses.fr/egalite-salaires/


Les travailleuses de France veulent l’égalité

#7novembre16h34

7 novembre 2016 16h34
A partir du 7 novembre prochain à 16h34 (et 7 secondes), les femmes travailleront “bénévolement”. Si les femmes étaient payées autant que les hommes, elles pourraient s’arrêter de travailler le 7 novembre à 16h34. En étant payées 15,1% de moins que les hommes (Eurostat 2010), elles gagneraient alors autant que sur l’année 2016. Les 38,2 jours ouvrés restant représentent la différence de salaire entre les femmes et les hommes.

Inspirons nous des Islandaises
Lundi 24 octobre dernier, des milliers d’Islandaises ont quitté leur lieu de travail à 14h38. Ce geste symbolique a pour vocation de montrer leur mécontentement vis-à-vis des inégalités salariales (14% d’écart salariale). C’est un signal fort et nous nous joignons à cette protestation.

Les travailleuses de France veulent l’égalité des salaires #7NOVEMBRE16H34
Lire la pétition

SIGNER LE MANIFESTE
4,014 signatures

Comment avons-nous obtenu cette date ?

Nous avons pris en compte l’inégalité des salaires calculée par Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union Européenne. Cette inégalité représente « la différence moyenne de rémunération horaire brute entre les travailleurs de sexe féminin et masculin ». Nous avons ensuite adapté ce rapport au nombre de jours ouvrés en 2016 (253), ce qui nous a donné 38,203 jours ouvrés. Cette méthode nous a ainsi permise d’arriver à la date du 7 novembre 2016 à 16h34 et 7,5 secondes (soyons précises).

Cette inégalité en cache d’autres.

Cet écart de rémunération cache d’autres inégalités. Les femmes font davantage de tâches non payées comme les tâches domestiques. Le chiffre est éloquent puisque les hommes consacrent en moyenne 2 heures par jour pour les tâches domestiques contre 3.5 heures pour les femmes (Insee 2015). Par ailleurs, le calcul des écarts de rémunération ne prend pas en compte le recours au temps partiel : 30,4% des femmes contre 8% des hommes (Insee 2015).

On ne gagne pas un combat avec la moitié de l’équipe

13,795 millions de femmes font partie de la population active en France, soit 48% du total (Insee 2015). Nous représentons près de la moitié de cette population active et 52% de la population totale. Nous ne souhaitons pas attendre l’an 2186 pour atteindre l’égalité salariale. Nous ne souhaitons pas attendre 170 ans pour atteindre cette parité.

Nous appelons les femmes, les hommes, les syndicats et les organisations féministes à rejoindre le mouvement du “7 novembre 16h34” et à multiplier les événements et manifestations pour faire de l’inégalité salariale une problématique politique centrale. En s’emparant collectivement de ce sujet, nous montrons que l’inégalité des salaires entre les genres n’est pas une “affaire de bonne femme”.

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Source : http://rue89.nouvelobs.com/rue69/2016/11/06/les-meufs-lundi-a-16h34-tweetez-salaires-ah-bon-jai-envie-tout-casser-265588

Sur les réseaux :
Les meufs, lundi à 16h34, tweetez pour vos salaires : « Ah bon ? Mais j’ai envie de tout casser »

Ce devait être un mouvement en ligne... mais beaucoup veulent plus. Pour protester contre l’inégalité salariale dont elles sont victimes, les femmes sont invitées à arrêter de travailler ou à tweeter, lundi 7 novembre à 16h34.

Par Renée Greusard
Journaliste.

Publié le 06/11/2016 à 14h10

Le 7 novembre à 16h34, à votre bureau, vous verrez peut être des femmes se lever et partir. Debout. Glorieuses. Comme le nom de la Newsletter qui aura initié leur mouvement. Sur le site, elles expliquent :

« Si les femmes étaient payées autant que les hommes, elles pourraient s’arrêter de travailler le 7 novembre à 16h34. En étant payées 15,1% de moins que les hommes (Eurostat 2010), elles gagneraient alors autant que sur l’année 2016. Les 38,2 jours ouvrés restant représentent la différence de salaire entre les femmes et les hommes. »

Pour les nuls en maths, on peut résumer les choses encore plus simplement. Si les femmes arrêtaient de travailler le 7 novembre, elles récupèreraient alors leur dû. Ces 15,1% d’écart de salaire dont elle se font enfler.

« Le jour de repos des femmes »

L’idée est géniale. On la doit aux Islandaises.Le lundi 24 octobre, elles se sont arrêtées de travailler à 14h38 : 18% de salaire à récupérer de leur côté.

Ce n’est pas la première fois qu’elles procédaient de la sorte. Déjà, en 1975, 90% des femmes s’étaient mises en grève, quittant leur travail à 14h08. Elles ont ensuite recommencé en 2008, à 14h25.

Si l’heure se décale, c’est que l’écart se réduit. Bon, le rapprochement se fait aussi rapidement qu’un escargot ayant fumé un énorme joint, mais normalement, à ce rythme, les Islandaises devraient avoir une égalité salariale effective en 2068.D’ici là, elles continuent donc d’arrêter de travail et c’est le « Kvennafrídagurinn » (« Le jour de repos des femmes »).

En découvrant cette initiative, les Glorieuses ont voulu la relayer dans leur newsletter hebdomadaire, mais raconte Alix Heuer, cofondatrice du collectif féministe :

« On était en train de rédiger notre truc tranquillement, et puis on s’est dit : “c’est absurde, venez, on essaye de faire pareil en France.”. »

Les Glorieuses font leurs calculs et s’aperçoivent qu’en France, le mouvement devrait commencer le 7 novembre à 16h34. Elles se veulent féministes, positives et ouvertes à tous. Alors pour faire encore plus de bruit, elles décident de ne pas se cantonner à leur newsletter et lancent un événement Facebook.

A l’heure où nous écrivons cet article :

près de 6 000 personnes se sont déclarées intéressées ;
plus de 3 500 annoncent qu’elles participeront ;
et l’événement a été partagée plus de 29 000 fois.

« On se lève et on part la tête haute ? »

Sur la page, en regardant les messages postés, on sent un bouillonnement. Tout le monde est dans les startings blocks mais il va de soi pour chacune que personne ne s’arrêtera vraiment de travailler du 7 novembre au 31 décembre.

L’idée est bonne, mais comment la mettre en œuvre ?

Adeline, une communicante de 35 ans, demande ainsi :

« Hey les ami.es ! Y a t-il un rassemblement #7NOVEMBRE16H34 ? Et question pratique : on se lève sans mot dire et on part la tête haute, ou on prévient son employeur le poing levé et un mail argumenté ? »

Ce n’était pas l’idée des Glorieuses au départ. Alix Heuer, explique que le collectif a reçu plus de 800 mails et aussi des coups de fil. On leur demande notamment beaucoup si elles appellent à la grève ou au débrayage.

La jeune femme rappelle à chaque fois que les Glorieuses ne sont pas habilitées à le faire. Pour être valable, une grève doit (entre autres choses) être le fruit d’une concertation des salariés, donc d’une volonté collective. Sinon le mouvement est considéré comme illicite.
Une manif en ligne

Et puis développe la cofondatrice du collectif :

« On voulait que chacun participe selon ses moyens. D’autant qu’on ne peut pas demander aux femmes de quitter leur travail à 16h34. Ce serait presque indécent de dire ça à des travailleuses précaire notamment qui ne peuvent pas se le permettre et on s’adresse à tout le monde.

Nous ce qu’on veut simplement c’est que chacun s’empare de la question. Il y a tout de même encore des gens pour nous écrire que les inégalités salariales n’existent pas... »

Voici donc ce que les Glorieuses avaient imaginé pour 16h34, lundi : un thunder clap. Cette plateforme permet de planifier en masse des tweets et des posts Facebook à un instant T. L’idée est simple : organiser des manifs virtuelles. A 16h34, les Glorieuses avaient dont imaginé que toutes les femmes sensibles à leur cause, tweeteraient ceci :

« Les travailleuses de France veulent l’égalité des salaires #7NOVEMBRE16H34 http://thndr.me/gEXCz7 »

Partir. Sans que personne ne s’en aperçoive

Quand je lui explique cela au téléphone, Adeline (celle qui sur Facebook se posait tout un tas de questions) réagit :

« Ah bon, c’est tout ? Mais, je voulais tout casser moi. »

Elle parle de son boss peu sensible aux questions féministes, se demande si elle doit lui parler, lui dire « bon bah salut » à 16h34. Elle remarque que, de toute manière, son absence passerait inaperçue. Elle juge cette désorganisation et cette solitude assez symptomatiques.

« C’est le problème des filles qui vivent chacune leur oppression de leur côté. Ça me fait penser à ma belle-sœur qui me raconte parfois des trucs super sexistes qui lui sont arrivés en disant : “Oh ! Il m’est arrivé ça”, mais ce ne sont pas des hasards, le sexisme est systémique. »

Adeline veut donc plus qu’un tweet. Le Français aime sortir dans la rue. La Française aussi et Adeline rêve d’un rassemblement de masse (« c’est ce qui m’importe le plus »). Elle n’est pas seule. Sur l’événement Facebok, les femmes trépignent :

« Un rassemblement de prévu à Strasbourg ? »

« Bonjour, Savez-vous s’il y aura une manifestation lundi à Toulouse pour dénoncer les inégalités salariales ? Merci. »

« Bonjour, où trouver des infos sur l’évènement de Nantes ? Merci. »

« Quelqu’un sait s’il y a quelque chose de prévu à Reims ? »

« Bonsoir ! Y a-t-il un rassemblement sur Lyon ? Merci. »

C’est amusant. On a l’impression de faire un tour de France en deux minutes. Et même du monde.

« Bonjour. J’aimerais rejoindre ou organiser un rassemblement a San Francisco. Eh oui l’inégalité salariale n’a pas de frontière hélas. Y a-t-il des personnes concernées dans ce groupe ? »

S’habiller en rouge
Où se rassembler ?
Si vous souhaiter vous rassembler, cette carte interactive liste les rassemblements prévu en France, ce lundi 7 novembre.

Les Glorieuses voulaient faire du bruit, les voilà au milieu d’un vacarme. Alors, elles ne sont pas mécontentes de voir des associations et d’autres mouvements prendre le relais de leur idée.

Nuit debout et Les Effronté-e-s notamment appellent à plusieurs rassemblements IRL se réjouit Alix Heuer.

« Ils ont une vraie expertise qu’on n’a pas. [...] Et toutes les mobilisations sont bonnes à prendre. »

Autre initiative imaginée par Le salon des dames (qui se définit comme un « mouvement girlpower ») : proposer aux femmes mobilisées de s’habiller en rouge, pour être visible.

« Bonne révolution ! »

C’est par le biais de cette idée que Jeanne (son prénom a été changé) a découvert le mouvement du 7 novembre. Pour cette journaliste salariée d’une petite locale, la mobilisation est l’occasion d’une réflexion plus générale sur le sexisme en entreprise.

« Moi je bosse dans un média où il n’y a pas de femme chef et où les hommes ont des progressions salariales plus rapides. »

Pour autant, Jeanne ne pourra pas quitter son poste à 16h34 :

« On doit sortir un canard et je ne veux pas mettre mes collègues dans la merde. »

Va donc pour le tweet et le rouge ! J’ai dit à Jeanne que je ferai de même et que j’irai sûrement au rassemblement parisien.

Elle raccroche le téléphone un sourire dans la voix, en me souhaitant une « bonne révolution », comme on se dit « joyeux noël » le 25 décembre. On dirait qu’il se passe un truc.