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« Extrême droite, genre et politiques sexuelles »

samedi 3 décembre 2016, par siawi3

Source :

séminaire public de l’équipe Cresppa-GTM
le mardi, 6 Décembre 2016, de 14h à 17h en salle 124 sur le site Pouchet du CNRS.

Le thème de cette séance est « Extrême droite, genre et politiques sexuelles » Interventions de Raphaël Challier (sociologie, Université Paris 8-GTM) et Cornelia Möser (études genre, CNRS-GTM).

SÉMINAIRE PUBLIC DE L’ÉQUIPE CRESPPA-GTM
Genre, Travail, Mobilités : Regards Croisés
Année universitaire 2016/2017

Séance du mardi 06 décembre 2016 de 14h à 17h, salle 124, CNRS, site Pouchet.
« Extrême droite, genre et politiques sexuelles »

Depuis au plus tard le début du nouveau millénaire, les politiques sexuelles de la droite et de l’extrême droite en France et en Allemagne sont marquées par un paradoxe fondamental. D’une part elles présentent la liberté sexuelle, l’égalité entre les genres, la défense des droits des minorités sexuelles comme des valeurs « occidentales » ou « nationales ». D’autre part, la droite se mobilise depuis
plusieurs années maintenant contre ce qu’elle appelle « la théorie du genre », donc, justement, contre une politique de la pluralité des identités et pratiques sexuelles. Cette séance interroge ce paradoxe avec un intérêt particulier porté à l’analyse du virilisme et des questions sexuelles dans l’extrême droite. Elle cherche à donner des éléments pour comprendre le succès des organisations et partis de droite qui ont beaucoup gagné en visibilité et en pouvoir de persuasion en Allemagne et en France ces dernières années.

Cornelia Möser présentera les paradoxes des politiques sexuelles de l’extrême droite en Allemagne et en France pour ensuite interroger les réactions des associations mais aussi de la recherche féministe et LGBTQ à ce phénomène. Elle
examinera deux récits féministes dans ce contexte : celui de l’instrumentalisation de la pensée féministe par l’extrême droite et celui de l’homonationalisme. Afin de mieux comprendre les différences entre la politisation de l’intime et des corps par l’extrême droite et celle dans les mouvements et la recherche féministes, elle donnera des éléments sur la manière dont le nexus entre sexualité et libération ou émancipation a été pensé dans la recherche féministe en France, en Allemagne et aux États-Unis.

Raphaël Challier, à partir d’une enquête sur le Front national dans un territoire populaire de l’est de la France, défendra l’idée que classe, genre et sexualités constituent des catégories utiles pour saisir les contradictions de ladite dédiabolisation du FN. Il interrogera les formes socialement différenciées de masculinités et de féminités frontistes, les rapports sociaux qui les sous-tendent et leurs effets sur le rapport des militant.e.s à la « dédiabolisation ». Dans un second temps, il reviendra sur la manière dont l’homosexualité est devenue un enjeu de lutte interne au FN et interrogera la réception de ces polémiques par les militant.e.s, infirmant au passage certaines prénotions concernant l’ancrage social du conservatisme sexuel.
À partir de ces deux communications nous souhaitons voir quelles fractions de la droite défendent ces différentes politiques sexuelles, interroger la différence avec la politisation de l’intime et du privé chez les féministes et enfin, ouvrir le débat sur les conclusions politiques à tirer de ces observations et analyses.

Une séance avec Raphaël Challier (sociologie, Université Paris 8-GTM) et Cornelia Möser (études genre, GTM-CNRS).
Modératrice : Haude Rivoal (sociologie, Université Paris 8-GTM)

La participation est ouverte à tou.te.s et libre d’accès.
Lieu :CNRS, site Pouchet, 59/61, rue Pouchet, 75849 Paris, cedex 17
Contact :Jane.FREEDMAN cnrs.fr et Cornelia.MOSER cnrs.fr
Secrétariat :Sandra Nicolas : 01 40 25 10 60