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Algérie : le syndicalisme autonome est toujours à l’offensive

samedi 3 décembre 2016, par siawi3

Source : http://www.fondation-besnard.org/IMG/pdf/2016_-_11_-_29_-_solidaires_international_100.pdf

Bejaia, Tizi Ouzou, ..., le mois de novembre en Algérie a été marqué par des grèves et mobilisations organisées par les syndicats autonomes membres de la CGATA (Confédération Générale Autonome des Travailleurs Algériens dont est
membre fondateur le Snapap). A Tizi Ouzou, ce sont les employé-es communaux qui ont manifesté pour obtenir des salaires plus dignes et contre la gestion désastreuse de la municipalité par les autorités. Plus généralement, la mobilisation prend de
l’ampleur contre une « réforme » des retraites et ce que prévoit la loi de finance 2017. En effet, alors que le pays possède toujours de riches ressources issues de la rente pétrolière, le pouvoir entend imposer une série de « réformes » qui ressemble à s’y méprendre à celles qu’on impose partout en Europe sous la dénomination de « politiques d’austérité » : recul de l’âge de la retraite, réforme du code du travail, coupes budgétaires dans les secteurs publics... D’où les grèves des enseignant-es, notamment, ces dernières semaines.
Ceux qui sont au pouvoir craignent sans doute de ne plus pouvoir compter
longtemps sur les revenus pétroliers dont ils spolient déjà leur peuple depuis des
décennies et trouvent là un prétexte utile pour continuer à remplir leurs caisses
avant le naufrage social, économique et politique auquel le pouvoir algérien
mène le pays depuis des années. La corruption, ce « sport national » selon les
mots des syndicalistes autonomes, gangrène un système politique pourtant déjà
moribond, comme le président de façade maintenu contre toutes évidences au
pouvoir.
L’UGTA, le syndicat inféodé àces mêmes gouvernants, a perdu ses dernières
apparences de crédibilité quand, fin octobre lors d’un meeting à Oran, son secrétaire général, Sidi Said, a traité la secrétaire de la CSI de « chienne ». Il faut
rappeler que depuis quelques années les syndicats autonomes ont fait la démonstration, par leur ténacité et leur combativité sur le terrain, qu’ils sont les seuls syndicats dignes de ce nom en Algérie. La Confédération Syndicale Internationale
n’a pu que reconnaître cet état de fait en écartant l’UGTA de ses instances dans lesquelles cette dernière s’efforçait de se présenter comme « L’organisation syndicale algérienne » jusqu’à présent.
Pendant ce temps, les attaques contre les syndicats autonomes continuent, notamment au moyen de la diffamation au niveau international : en septembre,
des individus se présentant comme des représentants de syndicats autonomes ont arrosé de mails des syndicats d’autres pays, de France notamment, affirmant qu’ils quittaient la CGATA. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une
énième tentative de désinformation, démentie par les syndicats en question, le syndicat autonome de la Sonalgaz notamment. Au moment où l’UGTA apparaît enfin telle qu’elle est, ce sont les derniers sursauts du pouvoir algérien qui tente encore d’arborer une « façade sociale » à l’étranger.
Enfin, une délégation de membres de l’ONG Euromed Droits, qui voul
ait enquêter sur la situation des réfugié-es sahraouis en Algérie a été interdite d’entrer sur le territoire algérien : leurs visas ont purement et simplement été annulés. Cela s’ajoute aux refus de visas à de nombreux journalistes
qui souhaitaient entrer sur le territoire.