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France : Ce que l’on sait de l’attentat déjoué dans Paris et sa région le 1er décembre

dimanche 11 décembre 2016, par siawi3

Source : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/ce-que-l-on-sait-de-l-attentat-dejoue-dans-paris-et-sa-region-le-1er-decembre-7786215109

Ce que l’on sait de l’attentat déjoué dans Paris et sa région le 1er décembre

ÉCLAIRAGE - Une cellule terroriste, composée d’au moins six hommes et téléguidée depuis la Syrie, projetait de commettre un attentat dans Paris et sa région le 1er décembre dernier.

par Ludovic Galtier , Avec AFP

publié le 10/12/2016 à 16:24 mis à jour le 10/12/2016 à 20:21

Encore ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve avait révélé l’information aux médias le 21 novembre. La région parisienne a échappé à "une nouvelle action terroriste envisagée de longue date", indiquait-il lors d’une conférence de presse. "Une opération antiterroriste conduite par la DGSI s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche (du 19 au 20 novembre, ndlr) à Marseille et à Strasbourg." Plusieurs hommes avaient alors été interpellés et interrogés. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette cellule terroriste devait entrer en action le jeudi 1er décembre à Paris et dans sa région avec l’objectif de commettre un ou plusieurs attentats. On ignore encore s’il s’agissait d’actions simultanées.

Ce vaste coup de filet est intervenu dans un contexte de menace terroriste maximale en France. "Pour le seul mois de novembre, les services antiterroristes ont procédé à l’arrestation de 43 individus, dont 28 ont été déférés devant la justice", avait souligné le chef de l’État. Selon la place Beauvau, 17 attentats ont été déjoués depuis le début de l’année, sept en 2015.

Le marché de Noël des Champs-Élysées et Disneyland dans le viseur

D’après les éléments trouvés dans les smartphones saisis, une dizaine de sites en région parisienne ont fait l’objet de recherches sur internet. Comme le rapporte Les Inrocks, on y trouve des cibles “stratégiques” comme le siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, celui de la police judiciaire au 36, Quai des Orfèvres, le palais de justice mais aussi des lieux publics très fréquentés : le marché de Noël des Champs-Elysées, une médiathèque, plusieurs lieux de cultes, Disneyland Paris (Val-de-Marne) ou encore la station de métro Charonne et des terrasses de cafés dans le XXe arrondissement.

En garde à vue, l’un des quatre suspects arrêtés à Strasbourg a reconnu qu’un projet d’attaque était prévu, évoquant le siège de la PJ parisienne, mais aussi celui de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
5 suspects, qui avaient fait allégeance à Daesh, mis en examen le 25 novembre

Après plusieurs heures d’audition, cinq hommes avaient été mis en examen et écroués vendredi 25 novembre, selon le parquet de Paris. Âgés de 35 à 46 ans, les suspects - quatre Français (35 à 37 ans) et un Marocain - ont été mis en examen notamment pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime d’atteinte aux personnes". Interpellés le week-end du 19 et 20 novembre, à Strasbourg pour les quatre premiers et à Marseille pour le cinquième, ils avaient fait allégeance au groupe jihadiste État islamique (EI) et disposaient d’instructions "communiquées par un donneur d’ordre depuis la zone irako-syrienne", selon le procureur de Paris François Molins.

Parmi les suspects, un seul, le Marocain de 46 ans arrêté à Marseille, avait été signalé pour radicalisation, par les autorités du Portugal où il résidait. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir eu un rôle de collecteur de fonds. Les autres, quatre amis originaires de Strasbourg, étaient inconnus des services de renseignement, même si deux d’entre eux sont soupçonnés d’avoir voyagé en Syrie en 2015.

Quatre armes ainsi que des écrits menaçants évoquant la nécessité de "couper les têtes au koufar (mécréant) et au traître", retrouvés dans le téléphone d’un des suspects, avaient été perquisitionnés selon une source proche de l’enquête.

Un sixième homme écroué le 10 décembre

Samedi 10 décembre, un homme de 31 ans a été mis en examen et écroué par un juge antiterroriste, après son arrestation dans la semaine du 5 décembre à Strasbourg. Le suspect, interpellé le 6 décembre, a été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "acquisition, détention, transport, offre ou cession d’armes", en lien avec une entreprise terroriste, a précisé cette source. Il est soupçonné d’avoir "fourni les armes" au réseau qui projetait un attentat le 1er décembre en région parisienne, selon une source proche de l’enquête.

Un commando téléguidé depuis la "zone irako-syrienne" ?

Le commando de Strasbourg et le suspect marocain ne se connaissaient pas, d’après les premiers éléments de l’enquête. Mais ils disposaient d’instructions communes "communiquées par un donneur d’ordre depuis la zone irako-syrienne", a détaillé le procureur lors de sa conférence de presse du 25 novembre. Les autorités marocaines ont annoncé le 3 décembre l’arrestation d’un "partisan" de l’État islamique qui servait d’agent de liaison avec cette cellule.

Une cellule constituée avant l’Euro 2016 ?

En plus de soupçons de séjour en Syrie de deux suspects, plusieurs messages cryptés ont été exhumés entre des membres de la cellule et "un donneur d’ordre" établi en Syrie et surveillé par les services français. Le 14 novembre, un message entre ce membre du groupe État islamique et certains des Français interpellés à Strasbourg avait été intercepté par les services, laissant craindre un passage à l’acte imminent.

La DGSI avait alors organisé, dans l’urgence, l’opération qui a conduit au vaste coup de filet du week-end des 19 et 20 novembre. Le donneur d’ordre était aussi en contact avec deux autres suspects liés à la cellule et interpellés le 14 juin, en plein Euro de football. Ces derniers avaient contracté des crédits à la consommation et les enquêteurs les soupçonnent d’avoir pu jouer un rôle de financiers. Les deux hommes sont en contact avec un donneur d’ordre établi en Syrie, lui-même surveillé par les services de renseignement français.