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Reportage d’Alep : un moment historique

mercredi 14 décembre 2016, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : http://www.globalresearch.ca/report-from-aleppo-a-historic-moment/5561835

Posté le 12 Decembre 2016

Par le REVD. ANDREW ASHDOWN

Traduction Edith Rubinstein

J’avais l’impressioni que j’arrivais à Alep à un moment historique, et cette nuit je crois que c’est vrai.

Pendant toute la nuit, il y a eu un bombardement incessant et impitoyable des dernières poches contrôlées par les « rebelles » dans la ville, sur toutes lesquelles j’ai une vue plongeante depuis ma chambre d’hôtel. Chaque seconde il y a de fortes explosions déchirant l’air et éclairant le ciel jusqu’à quelques kilomètres, entrecoupées de coups rapides de tirs de fusil. Je peux voir les balles traçantes et la traînée de missiles quand ils touchent leur cible.

Ceci est une attaque effrayante, impitoyable et prolongée qui s’est déroulée pendant des heures. J’observe et j’écoute avec tristesse et ambiguïté. Avec tristesse, parce que comme prêtre j’exècre la violence, je hais le conflit, et je pense à tout civil piégé dans ce trou à rats et que je me demande combien sont en train de mourir – et parce que comme n’importe qui d’autre, je veux seulement la paix. Mais avec ambiguïté, parce ces quelques dernières années, j’ai écouté les voix de Syriens ordinaires dont les cris et les expériences de brutalité et de violence aux mains de factions de terroristes extrémistes soutenus par la communauté internationale ont été ignorés par le monde extérieur ; et dont la souffrance dans le conflit a été exploitée et aggravée par l’intransigeance arrogante et l’acharnement buté d’un programme international qui n’a rien à voir avec les intérêts ou les droits humains du peuple syrien.

Le fait est, dans le pays, et parmi les citoyens d’Alep – y compris ceux qui ont finalement pu fuir les zones contrôlées par les terroristes et émergent avec des récits déchirants de violence et de brutalité qui leur étaient infligées ces dernières années par les terroristes occupant leurs quartiers – tout le monde veut voir les terroristes vaincus et une fin des combats. La journaliste indépendante Vanessa Beeley a interviewé une femme hier qui avait fui Alep-Est, il y a quelques jours et dont la fille de huit ans a été tuée par les « rebelles » et le mari abattu par balle par des « rebelles », et qui a vu une femme se faire tuer par une balle dans la bouche alors qu’elle leur demandait de la nourriture, qui a dit : « J’espère que l’armée ne leur montrera aucune pitié. Ce sont des animaux et ils méritent de mourir. »

La communauté internationale appelle à un cessez-le-feu. Pourquoi, diable, quand l’armée syrienne fait de tels progrès que le gens d’Alep célèbrent et quand chaque cessez-le-feu jusqu’ici a été utilisé pour réapprovisionner les terroristes, le gouvernement syrien s’arrêterait-il maintenant ? Le dernier cessez-le-feu que le gouvernement a maintenu pendant deux semaines, le mois dernier, a impitoyablement été brisé par des attaques « rebelles » contre Alep-Ouest qui ont tué et blessés des dizaines de civils innocentes. Ne vous y trompez pas, ceci n’est pas un gouvernement attaquant son propre peuple. Une ville entière est étalée devant moi, dans la majorité de laquelle, et comme dans toutes les autres zones du pays aux mains du gouvernement, des citoyens quelque soit leur religion ou communauté ethnique, continuent avec leur vie et vivent ensemble.

Je me trouve à quelques kilomètres de la zone de combat, mais je suis en sécurité. Le bombardement a lieu, non pas sur la ville, mais seulement sur les petites poches de la cité où les « rebelles » ont résisté. On s’occupe de la plupart des civils qui ont pu fuir ces zones dans des Centres dirigés par le gouvernement syrien et la Croix rouge syrienne avec l’aide que procurent les Russes. Ils parlent tous des « rebelles » tirant sur ceux essaient de quitter. (Peu savent quelque chose au sujet des « Casques blancs » et ceux qui savent, n’ont pas grand-chose de positif à dire à leur sujet parce qu’ils travaillent avec les terroristes.)

Donc, je suis en train d’observer une bataille avec des sentiments profondément mélangés et en conflit…la tristesse pour la perte de vies qui se déroule devant moi ; mais un sentiment, comme beaucoup d’autres dans cette ville que le gouvernement syrien avait été laissé sans autre solution.

C’est seulement quand le combat cesse qu’on peut trouver une solution politique, mais il est clair qu’aussi longtemps que les terroristes liés à al-Qaeda, soutenus par l’Occident, ont les moyens d’opérer, il ne peut et il n’y aura pas de paix dans la ville ou le pays. Croyez-moi, la plupart des Syriens acclament leur armée. Le refus des gouvernements et des médias occidentaux d’écouter le peuple syrien, et de suivre seulement leur propre programme a assuré que ce conflit brutal et la souffrance de tous les côtés s’est poursuivi bien trop longtemps. Donc, tandis que j’observe une bataille impitoyable qui se déroule devant mes yeux, je ressens que tristement il n’y a pas d’autre solution.

Et quand la bataille prendra fin, à Alep et dans d’autres parties du pays, la tâche longue et sans aucun doute difficile et douloureuse de reconstruire la vie des gens, et de soigner leur douleur, commencera.