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Tunisie : Indignation après l’autorisation d’un mariage d’une jeune fille de 13 ans enceinte d’un proche

mercredi 14 décembre 2016, par siawi3

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1980411-20161214-tunisie-indignation-apres-autorisation-mariage-jeune-fille-13-ans-enceinte-proche

JUSTICE Les associations de protection de l’enfance jugent, elles, que la jeune fille a été violée...

20 Minutes avec agences

Publié le 14.12.2016 à 12:18
Mis à jour le 14.12.2016 à 12:18

L’article 227 bis du Code pénal tunisien prévoit une peine de six ans de prison pour toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis ». Reste que l’article indique que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ».

« Nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte »

La justice tunisienne a donc autorisé le 1er décembre le mariage d’une adolescente avec un proche l’ayant mise enceinte, assurant par la voix du porte-parole du tribunal de première instance de la région du Kef (nord-ouest) que la jeune fille âgée de « 13 ans et 11 mois » n’avait pas « été violée ».

« Nous avons entendu la fille et après vérification de tous les détails, nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte », a expliqué ce mardi Chokri Mejri, évoquant une grossesse de « deux ou trois mois ». Selon ce porte-parole, l’adolescente aurait eu un rapport sexuel avec le frère de ses deux beaux-frères et les deux familles auraient demandé « le mariage pour ne pas faire scandale ».

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« Une violation de son intégrité physique et mentale »

Alors que la signature du contrat de mariage a eu lieu le 5 décembre, le tribunal de première instance de la région du Kef est aujourd’hui sommé de s’expliquer par des associations de protection de l’enfance. Une fête était prévue dimanche mais a été annulée après l’intervention de l’association du Kef qui réclame l’annulation du contrat de mariage.

« Quand il s’agit d’une enfant de 13 ans, on ne peut parler d’un rapport sexuel avec consentement. Il s’agit d’un viol. La décision de justice n’a pas tenu compte de l’intérêt de cette enfant (…) qui va en plus se marier avec son violeur, ce qui constitue une violation de son intégrité physique et mentale », a affirmé Houda Abboudi, responsable de l’association.

« A 13 ans, on ne peut donner un consentement libre et éclairé »

La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Monia Ben Jemia, a jugé cette affaire « scandaleuse ». « Des juges considèrent qu’à l’âge de 13 ans et comme elle est pubère, qu’une jeune fille est consentante (…). Or, à 13 ans, on ne peut donner un consentement libre et éclairé, d’autant plus qu’il n’y a pas d’éducation sexuelle à l’école », a-t-elle dénoncé, en exigeant l’abrogation de l’article 227 bis.

Si la Tunisie est considérée comme pionnière des droits des femmes dans le monde arabe, un projet de loi contre les violences faites aux femmes, élaboré en 2014, attend toujours d’être examiné au Parlement.