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Egyptair : bras de fer autour d’hypothétiques traces d’explosif

samedi 17 décembre 2016, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/12/15/01016-20161215ARTFIG00310-egyptair-bras-de-fer-autour-d-hypothetiques-traces-d-explosif.php

Egyptair : bras de fer autour d’hypothétiques traces d’explosif

Par Anne Jouan

Mis à jour le 15/12/2016 à 19:03 Publié le 15/12/2016 à 18:42

L’Égypte a annoncé avoir retrouvé des traces d’explosif sur les corps des passagers du vol MS 804. Différentes sources sollicitées par Le Figaro démentent cette information.

Les diplomates et les enquêteurs français n’en n’ont pas cru leurs oreilles. Jeudi après-midi, le ministère égyptien de l’Aviation a indiqué que des traces d’explosif avaient été découvertes sur les restes de victimes du vol MS 804 . L’Airbus 320 de la compagnie nationale Egyptair s’était abîmé en mer le 19 mai dernier avec 66 personnes à bord. Or depuis cette date, les relations sont tendues entre la France et l’Égypte, Le Caire privilégiant la thèse de l’attentat alors que Paris assure n’avoir aucun élément tangible dans ce sens. Le problème de maintenance poserait la question de la sécurité des avions égyptiens et aurait une incidence directe sur la fréquentation touristique d’un pays déjà marqué par une baisse importante de visiteurs étrangers. Pour la France, un attentat signifierait qu’une bombe a été déposée dans l’appareil en France puisque le vol partait de Roissy-Charles-de-Gaulle. Cette nouvelle de supposées traces d’explosif intervient donc dans un contexte politique tendu de manque de transparence et d’entraide entre les deux pays pour mener à bien l’enquête sur les causes du crash. Ce n’est pas la première fois que l’Égypte évoque des traces d’explosif, rappelle en substance un diplomate excédé. C’était tout juste après le crash. Le patron de l’Institut médico-légal du Caire l’avait fait lors d’une déclaration fracassante. Ces traces auraient été, cette fois-ci, retrouvées dans les parties spongieuses des restes des victimes. Ses propos avaient très vite été démentis par le gouvernement égyptien.

L’identification des corps enfin officielle

Des sources judiciaires, diplomatiques et policières sollicitées par Le Figaro ont démenti la présence de traces d’explosif annoncées jeudi. Selon une source diplomatique, cette déclaration va même paradoxalement faire avancer la question du retour des corps. « La restitution se fera, c’est une question de temps. Les Égyptiens ne pourront pas tenir longtemps sur cette ligne », estime cette source. Une autre croit justement le contraire : « Dire qu’il y a des traces d’explosif sur les corps va permettre à l’Égypte de les garder, c’est un prétexte pour ne pas les rendre. Cette affaire n’est pas finie ».

Par ailleurs, selon nos informations, le parquet égyptien a envoyé ces derniers jours, à son homologue à Paris des documents via internet. Le parquet parisien les a fait traduire en français et il s’agit des identifications génétiques officielles des victimes. Les familles devraient recevoir les documents dans le courant de la semaine prochaine. Pour elles, il officialisera l’identification de leurs proches, sept mois après la catastrophe. Depuis fin août, on sait déjà que 64 des 66 ADN ont pu être recoupées.

« Ces traces d’explosif ? De l’enfumage »

Toujours selon nos informations, pour la justice française, la déclaration de soi-disant traces d’explosifs sur les corps ne change rien à la physionomie de l’affaire. « C’est de l’enfumage », résume une source proche du dossier. Pour les enquêteurs français, il n’y a d’ailleurs toujours pas de qualification criminelle dans cette instruction judiciaire. Et la France attend toujours que des experts indépendants puissent se pencher - enfin - sérieusement sur les débris de l’appareil.

Mercredi, les familles lassées d’attendre le rapatriement des corps ont lancé une pétition sur internet. « Depuis début juillet 2016, leurs corps ont été repêchés et sont conservés dans une morgue en Égypte. Sept mois plus tard, en cette veille de Noël et de fin d’année, nous attendons désespérément qu’ils nous soient rendus par le gouvernement égyptien pour leur organiser des obsèques », écrivent les familles. Jamais, dans l’histoire de l’aviation, une compagnie aérienne et son gouvernement n’ont joué à ce point avec les corps des victimes. En seulement deux jours, elle totalise plus de 2.000 signatures.