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Jordanie : sept personnes dont une touriste canadienne tuées par un commando

dimanche 18 décembre 2016, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/18/01003-20161218ARTFIG00113-jordanie-sept-personnes-dont-une-touriste-canadienne-tuees-par-un-commando.php

Par Cyrille Louis

Publié le 18/12/2016 à 17:53

Un groupe armé a déclenché une fusillade, dimanche 18 décembre, dans le centre de Karak, une localité touristique située à l’est de la Mer morte.

Les assaillants ont ouvert le feu avant de se retrancher dans la forteresse croisée de Karak, qui compte parmi les sites les plus fréquentés par les visiteurs étrangers. L’assaut des forces spéciales se poursuivait en début de soirée.

Correspondant à Jérusalem

Quatre policiers et deux civils jordaniens, ainsi qu’une touriste canadienne, ont été tués, dimanche après-midi, lors d’une intense fusillade à Karak, une localité touristique située à l’est de la Mer morte, tandis qu’une trentaine d’autres personnes ont été blessées.

Selon les premières indications communiquées par les autorités, un groupe de cinq à dix assaillants a ouvert le feu dans le centre-ville avant de se retrancher dans la forteresse croisée qui en constitue la principale attraction. Les forces spéciales jordaniennes, dépêchées depuis Amman, s’efforçaient en début de soirée de reprendre le contrôle du château. Selon le site du quotidien Al-Ghad, elles auraient libéré une quinzaine d’otages dont plusieurs touristes malaisiens.

L’attaque, dont le détail et les motivations restent à préciser, risque de renforcer les interrogations sur la vulnérabilité de la Jordanie face à la propagation de la violence djihadiste au Moyen-Orient. Les vidéos postées dimanche après-midi sur les réseaux sociaux montrent des civils paniqués courant dans les rues de Karak et des policiers qui s’abritent derrière leurs voitures tandis que retentissent des rafales d’armes automatiques.

Les autorités se sont, dans un premier temps, contenté d’accuser « des criminels » sans pointer du doigt une organisation terroriste en particulier. Mais ces images, tournées dans un des lieux les plus fréquentés par les touristes étrangers après Petra et le Wadi Rum, ne sont pas de nature à rassurer.

« De nombreux salafistes djihadistes comprennent mal pourquoi leur pays combat dans la coalition anti-Daesh aux côté des Etats-Unis »

La Jordanie, qui héberge plus de 600.000 réfugiés syriens et participe, depuis l’automne 2014, à la coalition aérienne contre l’organisation Etat islamique (EI), avait jusqu’à présent été relativement épargnée par la contagion terroriste. Mais les autorités redoutent que les revers enregistrés par les djihadistes sur le théâtre syrien ne les décident à retourner leurs armes contre la monarchie hachémite. En juin dernier, l’EI a revendiqué une attaque à la voiture piégée contre un poste-frontière, dans laquelle sept militaires jordaniens ont été tués et treize autres blessés. L’armée a, depuis lors, renforcé le bouclage de la frontière avec la Syrie.

Les services de sécurité s’inquiètent pas ailleurs de la séduction croissante exercée par l’EI sur les milliers d’adeptes du salafisme djihadiste que compte le pays. Etroitement surveillés, la majorité d’entre eux s’en tiennent traditionnellement à une ligne de non-confrontation avec le régime. Mais selon le Centre d’études stratégiques d’Amman, plus de 2000 Jordaniens seraient partis se battre en Syrie depuis le début de la guerre et environ 400 y auraient péri. « Il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg, estimait au printemps dernier Hassan Abou Haniyeh, et de nombreux salafistes djihadistes écoutent aujourd’hui la propagande de l’EI avec une oreille d’autant plus attentive qu’ils comprennent mal pourquoi leur pays combat dans la coalition anti-Daesh aux côté des Etats-Unis. »

Le 1er mars 2016, un coup de semonce a ébranlé le Royaume lorsqu’une opération antiterroriste a dégénéré en fusillade à Irbid, non loin de la frontière avec la Syrie. Sept djihadistes présumés ainsi qu’un membre des forces de sécurité ont péri dans cet affrontement qui a duré plusieurs heures. Quelques mois plus tôt, un capitaine de la police jordanienne présenté a posteriori comme psychologiquement instable avait tué deux militaires américains. Le mois dernier, enfin, trois formateurs des forces spéciales américaines ont été tués à l’entrée d’une base jordanienne dans des circonstances qui demeurent à ce jour nébuleuses.