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Polémique après des agressions sexuelles de masse au nouvel an en Inde

jeudi 5 janvier 2017, par siawi3

Source : http://www.lesnouvellesnews.fr/polemique-apres-des-agressions-sexuelles-de-masse-au-nouvel-an-en-inde/

mardi 3 janvier 2017 16:08

par La rédaction

Photo : G. Parameshwara en 2012. Par Manjeshpv, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0).

La presse indienne parle de « honte » après des agressions sexuelles de masse commises lors de la nuit du nouvel an à Bangalore. Tout aussi honteuses, des déclarations d’hommes politiques qui rejettent la faute sur les victimes.

Un an après Cologne, Bangalore. Depuis deux jours la presse indienne évoque, sur la foi de nombreux témoignages, des agressions sexuelles de masse commises contre des femmes qui fêtaient le nouvel an dans le centre ville de Bengaluru (Bengalore), dans l’Etat du Karnataka, au sud de l’Inde. La police, présente en nombre, serait à peine intervenue pour les faire cesser. Une « nuit de honte », estime le Bangalore Mirror, journal local.

A l’indignation provoquée par ces exactions, aux accusations contre l’attitude de la police – qui indiquait mardi 3 janvier n’avoir encore reçu aucune plainte – s’ajoute le scandale provoqué par les déclarations de politiciens. Le ministre de l’Intérieur de l’État, G. Parameshwara, estimait lors d’un entretien télévisé lundi 2 janvier que « ce sont des choses qui arrivent », en mettant en cause la façon de s’habiller des victimes.

Les jeunes « essaient de copier l’Occident, non seulement dans leurs mentalités mais aussi dans leur façon de s’habiller. Alors qu’il y ait des nuisances, que des filles soient harcelées, ce sont des choses qui arrivent », a déclaré le ministre.

Le lendemain un autre politicien, Abu Azmi, rejetait également la faute sur les femmes, en critiquant les tenues trop courtes et estimant qu’une fille qui sort seule après le coucher du soleil « ne peut pas être traitée avec respect ». En minimisant ensuite les agressions avec ce commentaire : « Le sucre attire les fourmis »1.
“Si des hommes à ce niveau peuvent dire de telles choses, où va notre pays ?”

Tandis que la National Commission for Women (NCW), organisme gouvernemental pour les droits des femmes, dénonçait les agressions « absolument honteuse » commises à Bangalore, sa présidente Lalitha Kumaramangalam déplorait les « déclarations scandaleuses de ces politiciens. « Si des hommes à ce niveau peuvent dire de telles choses, où va notre pays ? ». La NCW a adressé des avertissements officiels à G. Parameshwara et Abu Azmi.

Plusieurs personnalités se sont également élevées contre ces propos. « Quand cela cessera-t-il ? Combien de temps notre société continuera de culpabiliser les femmes pour les agressions qu’elles subissent ? », interrogeait par exemple l’acteur et réalisateur Shekhar Kapur :

En août dernier, c’est le ministre indien de la Culture qui faisait polémique en conseillant aux touristes étrangères, pour leur sécurité, d’éviter de porter des robes courtes ou des jupes.

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1 Ce n’est pas la première déclaration de ce genre tenue par ce politicien indien. En 2014 il déclarait que les femmes ayant des relations sexuelles extra-conjugales devraient être pendues.