Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > impact on women / resistance > France : Les combattantes polonaises du droit à l’IVG ont été récompensées le (...)

France : Les combattantes polonaises du droit à l’IVG ont été récompensées le 9 janvier du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes.

lundi 16 janvier 2017, par siawi3

Source : http://www.aufeminin.com/news-societe/avortement-les-polonaises-recompensees-du-prix-simone-de-beauvoir-s2112765.html

Les Polonaises, récompensées du prix Simone de Beauvoir pour leur magnifique combat pour l’avortement (Photos)

Publié par Violette Salle
le 12 janvier 2017

Les combattantes polonaises du droit à l’IVG ont été récompensées le 9 janvier du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes.

"Avortement. Mot qui semble exprimer et limiter une fois pour toutes le combat féministe. Être féministe, c’est lutter pour l’avortement libre et gratuit", écrivait Simone de Beauvoir dans le Manifeste des 343 salopes en 1971. Une citation qui a fortement inspiré Barbara Nowacka, une Polonaise représentante du comité Sauvons les femmes. Récompensée du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, elle a tenu un puissant discours lorsque Sylvie Le Bon, la fille adoptive de l’illustre féministe lui a remis ce prestigieux prix.

"Nous ne savons pas nous taire. Chaque agression génère un état de guerre", a-t-elle déclaré, rappelant qu’elle s’est battue de toutes ses forces contre une proposition du gouvernement en septembre dernier qui souhaitait forcer les femmes à mener leur grossesse à terme, même si elles avaient été victimes d’un viol, ou si elles risquaient de mourir en accouchant. Une loi qui menaçait également les Polonaises de cinq ans de prison si elles avortaient en cachette.

Et grâce à leur force, leur courage et leur ténacité, ainsi qu’une mobilisation internationale, les Polonaises ont obtenu gain de cause : le Parlement a reculé, lâché par l’Eglise pourtant hostile à l’IVG mais contre les peines pénales. "Le 3 octobre, nous avons été des milliers de Polonaises et de Polonais, à manifester contre ce durcissement de la loi. Nous étions sous la pluie mais solidaires", raconte la militante.
Barbara Nowacka

"Le combat ne s’arrête pas là"

Actuellement, la Pologne n’autorise l’avortement que de manière restrictive : en cas de viol ou d’inceste, de graves pathologies pour le foetus, ou de risques pour la santé de la mère. Barbara Nowacka a critiqué l’actuelle loi en vigueur : "A cause d’elle, la femme qui avorte est une criminelle. Mais dans notre pays, l’éducation sexuelle n’existe pas, les contraceptifs sont chers, les médecins refusent souvent de les prescrire. La pilule du lendemain est difficilement accessible". A cause de cela, Entre 80 000 et 100 000 femmes avortent clandestinement en Pologne. "Récemment une fille de 12 ans a accouché. Le père, un homme de 29 ans, n’a pas été reconnu coupable de viol par le procureur", ajoute-t-elle, rappelant aussi que les médecins peuvent refuser de pratiquer une IVG s’ils invoquent la clause de conscience.

Sylvie Le Bon a vivement salué le combat des Polonaises : "Quand Simone de Beauvoir disait : ’n’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique pour que les droits des femmes soient remis en question. C​es droits ne sont jamais acquis’, elle pensait à l’IVG. Alors récompenser aujourd’hui Barbara Nowacka de "Sauvons les Femmes" est particulièrement, exceptionnellement beauvoirien". Mais comme l’a dit la lauréate : "le combat ne s’arrête pas là". Elle compte demander à l’Europe que l’avortement soit inscrit dans la charte européenne des droits fondamentaux.