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Algérie : La presse rend hommage à la moudjahida Djamila Amrane

mardi 14 février 2017, par siawi3

Source : http://www.elwatan.com/actualite/la-moudjahida-djamila-amrane-n-est-plus-12-02-2017-339049_109.php

Salima Tlemçani

Elle avait pris part à l’attentat contre la cafétéria l’Otomatic à Alger
La moudjahida Djamila Amrane n’est plus

le 12.02.17 | 10h00

La moudjahida Djamila Amrane (Danielle Minne) est décédée hier, chez elle, à Alger, à l’âge de 77 ans. Fille aînée de la défunte moudjahida Jacqueline Guerrouj, elle était connue pour avoir déposé, en compagnie de la moudjahida Zahia Kharfallah la bombe à la cafétéria L’Otomatic à Alger. Elle avait rejoint le FLN alors qu’elle avait à peine 17 ans.

Elle avait auparavant pris part à la grève des étudiants en 1956. Recherchée par les services de police, elle quitte Alger et rejoint la Wilaya III, sous le commandement du Colonel Amirouche, où elle épouse Khellil Amrane. Elle fera partie du groupe de jeunes combattants et combattantes envoyés par Amirouche en Tunisie pour poursuivre leurs études. En cours de route, plus précisément à Bordj Bou Arréridj, le groupe tombe dans une embuscade tendue par une unité de l’armée française qui l’attendait. Durant cette bataille, Danielle Minne fut arrêtée en compagnie du Dr Nafissa Hamoud, et du Dr Laliam, alors que Raymonde Peschard et le Dr Belhocine furent exécutés sur le champ. Danièle Minne a été incarcérée avec sa mère et son beau-père, le seul couple emprisonné et condamné à mort en même temps. A l’indépendance, Djamila Amrane a épousé, en secondes noces, le professeur en pneumologie Rabah Amrane, frère de son défunt mari, chahid, dont le nom a été donné au CHU de Béjaïa. Elle a été professeur d’histoire à l’université d’Alger.

Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont un consacré à 88 entretiens-témoignages de combattantes de la Guerre de Libération. Comme sa défunte mère, elle était très attachée à son pays, l’Algérie, et émis le souhait d’être enterrée à Béjaïa. Elle est décédée dans son lit, en toute quiétude, en laissant trois enfants et un mari, difficiles à consoler. Son enterrement aura lieu aujourd’hui, après la prière d’Al Asr, au cimetière de Sidi Ahmed, à Béjaïa.

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Source : http://www.elwatan.com/-00-00-0000-339107_109.php

Mohand Hamed-Khodja

Mardi 14 février 2017

Béjaïa
La moudjahida Djamila Amrane enterrée parmi les siens

le 13.02.17 | 10h00

Discrète, elle l’a été jusqu’à sa mort, elle est partie sans faire de bruit, endormie sur son lit », témoigne son mari, Rabah Amrane, toujours sous le choc de la disparition de son épouse.

La moudjahida Djamila Amrane, de son vrai nom Danielle Minne, décédée avant-hier, chez elle, à Alger, à l’âge de 77 ans, a été enterrée hier après-midi, comme elle l’avait souhaité, à Béjaïa, en présence de sa famille, des autorités locales, de moudjahidine et d’anonymes.

La dépouille mortelle a atterri à l’aéroport Abane Ramdane de Béjaïa vers 16h, avant d’être acheminée vers le cimetière Sidi M’hamed Amokarne, dans le chef-lieu de Béjaïa, où a eu lieu l’enterrement dans une ambiance sobre et discrète.

Le directeur des moudjahidine de Béjaïa a procédé « au nom du wali, du ministre des Moudjahidine et de la famille révolutionnaire » à la lecture de l’oraison funèbre, où il a rappelé le parcours de la défunte et son engagement « indéfectible et assumé » aux côtés des Algériens, dans leur combat pour se libérer du joug colonial français. « Nous disons au revoir à une femme qui était d’origine française mais qui était de l’envergure des héros de la Guerre de Libération nationale qui a véhiculé des valeurs de combat et d’abnégation », a-t-il dit.

Les membres de la famille de la défunte, ceux qui l’ont côtoyée et des moudjahidine ont répondu, juste après l’enterrement, aux questions des nombreux journalistes présents sur place, sur le parcours et la vie de la moudjahida.

« Discrète, elle l’a été jusqu’à sa mort, elle est partie sans faire de bruit, endormie sur son lit », témoigne son mari, Rabah Amrane, visiblement toujours sous le choc de la disparition de son épouse.

« C’était une femme courageuse qui avait cru en Algérie avant et après l’indépendance. Avant la libération du pays, elle avait embrassé la lutte armée, après l’indépendance, elle s’était engagée intellectuellement en faisant l’effort de se perfectionner », dira, pour sa part, Djoudi Attoumi, ancien moudjahid et ancien secrétaire du Colonel Amirouche.

Née d’une famille de communistes de Neuilly-sur-Seine (France), militants du Parti communiste français (PCF), Djamila Amrane-Minne avait rejoint les maquis du FLN à l’âge de 18 ans. Elle était connue pour avoir participé activement à la grève des étudiants en 1956 et avoir été, avec la moudjahida Zahia Kharfallah, derrière la bombe déposée au café L’Otomatic, à Alger. Recherchée par la police coloniale, elle avait rejoint la Wilaya III.

C’est là qu’elle se marie avec le moudjahid Khellil Amrane, puis avec son frère Rabah Amrane. Elle faisait partie du groupe de combattants envoyé par le Colonel Amirouche en Tunisie pour poursuivre leurs études, qui est tombé dans une embuscade de l’armée française, du côté de Bordj Bou Arréridj. Plusieurs de ses compagnons périrent ce jour-là. L’engagement de la défunte était également intellectuel. On lui doit beaucoup d’ouvrages, de poèmes et de témoignages sur la Guerre de Libération. Par ce double engagement, elle avait forcé l’admiration et le respect.