Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > impact on women / resistance > UN : Fondamentalisme, Extrémisme et Droits Culturels

UN : Fondamentalisme, Extrémisme et Droits Culturels

mardi 21 février 2017, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : http://www.ohchr.org/FR/Issues /droitsculturels/Pages/SRCultu ralRightsIndex.aspx
(voir : Actualites)

La rapporteure spéciale sur les droits culturels publie son nouveau rapport :

"les conséquences du fondamentalisme et de l’extrémisme sur l’exercice des droits culturels"

Rapport de la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels

Table des matières

I. Introduction 3
A. Définir et comprendre le fondamentalisme et l’extrémisme 4
B. Une approche fondée sur les droits de l’homme face au fondamentalisme
et à l’extrémisme 6

II. Cadre juridique international 11
A. Normes internationales pertinentes 11
B. Analyse du fondamentalisme et de l’extrémisme dans le système des Nations Unies 14

III. Fondamentalisme, extrémisme et droits culturels 15
A. Liberté d’expression artistique et attaques contre les artistes 16
B. Attaques contre les intellectuels et les défenseurs des droits culturels 17
C. Droit de participer à la vie culturelle sans discrimination 18
D. Actes prenant pour cible les établissements d’enseignement, leur personnel et les élèves ou les étudiants 22

IV. Conclusions et recommandations 23
A. Conclusions 23
B. Recommandations 23

Extraits :

Les fondamentalistes et les extrémistes, qu’ils agissent ou non dans le cadre de l’État, menacent fréquemment le droit à la liberté d’expression artistique. Certains artistes ont été accusés de « blasphème » ou de « diffamation religieuse », d’insulte « aux sentiments religieux » ou d’incitation à la « haine religieuse ». Si les artistes sont particulièrement visés, c’est parce que la créativité et l’expression sont en tant que telles perçues comme une menace par les fondamentalistes et les extrémistes, mais également parce qu’ils résistent souvent aux visées extrémistes et fondamentalistes et leur opposent d’autres voies. L’histoire et la pratique de l’expression artistique féminine sont souvent entièrement passées sous silence par les divers mouvements fondamentalistes. Pendant l’occupation de 2012, des groupes djihadistes ont parfois interdit des pans entiers de l’expression artistique, comme la musique. 70. Les mouvements fondamentalistes et extrémistes s’en prennent fréquemment aux intellectuels, en particulier à ceux qui les ont contestés. Le but de ces mouvements est de décapiter la société, d’éradiquer sa culture et d’imposer le silence à tous les autres citoyens en faisant régner la terreur. Parmi les exemples connus figurent les innombrables assassinats d’intellectuels algériens par des groupes armés fondamentalistes au cours des années 1990 . 71. La récente vague d’attaques perpétrées par des djihadistes contre des écrivains, des éditeurs et des libres penseurs au Bangladesh et l’inscription d’autres personnalités sur la liste des personnes à exécuter marquent la perpétuation de ce phénomène.
Tout en faisant observer que la référence à la culture, à la religion et à la tradition a souvent été utilisée à tort pour justifier la discrimination, la prédécesseuse de la Rapporteuse spéciale a proposé de passer d’un modèle qui considère la culture comme un obstacle aux droits des femmes à un modèle qui souligne la nécessité de faire en sorte que les femmes exercent les droits culturels dans des conditions d’égalité (voir A/67/287). Les droits culturels des femmes sont une cible de choix pour les fondamentalistes et les extrémistes, qui prétendent souvent défendre la culture, la religion ou la tradition, mais au lieu de cela dénient les droits à cet égard d’autres personnes.
Le combat pour les droits des femmes est un aspect essentiel de la lutte contre toutes les formes d’extrémisme, de fondamentalisme et de terrorisme. Cette dimension doit impérativement être prise en compte, dans la mesure où « chaque progrès dans la lutte pour les droits des femmes est indissociable du combat contre le fondamentalisme » .Les défenseuses des droits de l’homme sont aux avant-postes de la lutte contre le fondamentalisme et l’extrémisme depuis des décennies, sans que les gouvernements, les organisations internationales ou le mouvement international des droits de l’homme accordent l’attention voulue à leurs préoccupations. Ces femmes ont régulièrement appelé l’attention sur les « signes avant-coureurs du fondamentalisme », y compris la violence croissante à l’égard des femmes, comme autant de manifestations évidentes qui ont « souvent été passées sous silence au nom de l’unité nationale et religieuse » . Les défenseuses des droits de l’homme qui s’attaquent aux mouvements fondamentalistes et extrémistes, en défendant le droit des femmes de participer à la vie culturelle sans discrimination, notamment, défendent une culture dynamique et vivante, et les droits culturels consacrés par les normes internationales. Ce sont des défenseuses des droits culturels. La Rapporteuse spéciale s’associe à la déclaration faite par la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, et le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, conjointement avec le Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation et dans la pratique, pour alerter la communauté internationale au fait qu’une « tendance de fondamentalisme et de populisme à l’échelle mondiale » crée des risques croissants pour les défenseuses des droits de l’homme .