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France : Elections présidentielles et montée de l’extrême droite

lundi 10 avril 2017, par siawi3

Source :

La sociologie sème le doute sur une victoire finale de Macron

Eric Dupin

06.04.2017 - 8 h 18, mis à jour le 07.04.2017 à 14 h 35

Le profil sociologique de l’électorat Macron est le symétrique presque parfait de celui de Le Pen : aisé, cadre, éduqué, urbain. Devenu le candidat du « cercle de la raison », l’ancien ministre de l’Economie risque dès lors un second tour difficile avec la candidate d’extrême droite.

JOEL SAGET, Eric FEFERBERG / AFP

Dans une élection au suffrage universel direct, le candidat favori des classes privilégiées peut-il l’emporter sur le candidat préféré des classes populaires ? Posée en ces termes, l’équation d’un second tour de la présidentielle opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron laisse pour le moins songeur.

Les sondages d’intentions de vote, qui au stade actuel laissent présager un tel scénario, concluent tous à une victoire écrasante du candidat « en marche » au tour décisif. Dans cette hypothèse, la présidente du FN ne recueille que de 37% à 40% des suffrages potentiels.

Ces chiffres n’ont cependant pas grand sens tant le rapport de forces d’un second tour dépend des résultats du premier. Le profil sociologique contrasté des deux candidats qui font aujourd’hui la course en tête suggère même que le match pourrait être beaucoup plus serré.

Des profils sociologiques symétriques

On imagine difficilement des profils sociologiques plus opposés que ceux des électorats de Le Pen et de Macron. Nous les examinerons grâce à un cumul d’enquêtes PrésiTrack OpinionWay/ORPI pour Les Echos et Radio Classique (3873 personnes interrogées du lundi 27 au dimanche 2 avril) permettant d’obtenir des chiffres significatifs.

Parmi les rares points de ressemblance, on note que ces deux candidats arrivent tous les deux nettement en tête parmi les électeurs de moins de 35 ans (28% pour Le Pen, 25% pour Macron). Sur ce critère de l’âge, c’est surtout François Fillon qui se distingue avec un score impressionnant de 43% parmi les électeurs de 65 ans et plus (contre seulement 10% chez les moins de 35 ans).

Le critère des catégories sociales opère un clivage très net entre Le Pen et Macron. La première bénéficie de 43% des intentions de vote des ouvriers contre seulement 13% pour le second. A l’inverse, votent pour Macron 29% des cadres supérieurs, seulement 13% de ces derniers choisissant Le Pen. Bref, la candidate d’extrême droite domine chez les « CSP- » (38%) et celui du nouveau centre l’emporte chez les « CSP+ » (28%).

Le critère du diplôme est particulièrement parlant. Macron recueille pas moins de 30% parmi les sondés de niveaux supérieurs à « Bac + 2 » tandis que Le Pen rafle 36% des intentions de vote au sein des « sans diplôme-BEPC-CAP-BEP ». Le clivage est moins net en ce qui concerne les revenus, critère le plus discriminant pour Fillon qui culmine à 35% dans les ménages disposant d’un revenu mensuel de 3.500 euros et plus.

Macron l’emporte toutefois nettement dans cette catégorie aisée (27% contre 15% à Le Pen) alors qu’il est à la traîne parmi les électeurs dont le foyer dispose de moins de 1.000 euros mensuels (22% contre 35%). Une enquête Ipsos nous apprend d’ailleurs que l’électorat de l’ancien banquier d’affaires est celui qui « arrive à mettre de l’argent de côté » le plus fréquemment (57%) alors que celui de Le Pen y parvient le moins (28%).

Ajoutons encore que la candidate propriétaire d’une partie du domaine de Montretout (Saint-Cloud) arrive en tête chez les locataires (31%) tandis que le candidat centriste au modeste patrimoine domine parmi les propriétaires (25%, ex æquo avec Fillon).

Le lieu de résidence achève de dessiner deux univers bien distincts. Macron arrive en tête en région parisienne (29%) et dans les villes de plus de 100.000 habitants (27%). Quant à Le Pen, elle occupe la première place dans les communes rurales (28%) et les villes de moins de 20.000 habitants (29%). France des métropoles contre France périphérique, la chanson est connue.
Immense paradoxe

La polarité sociologique des votes Le Pen et Macron trouve une large partie de son explication dans la claire opposition de leurs options idéologiques. Les deux candidats se situent à des pôles antagonistes à la fois sur la dimension du libéralisme économique et sur celle du libéralisme culturel. On comprend que le libéral-libertaire Daniel Cohn-Bendit se retrouve aux côtés du candidat marcheur.

C’est donc sans surprise que ces deux candidats se choisissent mutuellement comme adversaires principaux. La dirigeante du FN rêve d’affronter un « mondialiste décomplexé », ancien représentant de la « caste » qu’elle prétend combattre. L’ancien ministre de l’Economie estime en écho que le vrai clivage oppose tenants de « l’ouverture » et de la « fermeture », « patriotes » contre « nationalistes ».

Chacun s’accorde à décrire une France quasi-dépressive. Et ce serait ce même pays qui s’apprêterait à couronner le candidat de l’espoir entrepreneurial, de la relance européenne et des opportunités de la mondialisation ?

Tout ceci nous amène à un immense paradoxe. Chacun s’accorde à décrire une France quasi-dépressive, embourbée dans une crise interminable, abritant une population oscillant entre l’abattement et la révolte. Et ce serait ce même pays, aux innombrables sujets de mécontentement, qui s’apprêterait à couronner le candidat de l’espoir entrepreneurial, de la relance européenne et des opportunités de la mondialisation ?

La France qui avait voté « non » en 2005 au traité constitutionnel européen, contre l’avis quasi-unanime des élites, se donnerait en 2017 au champion du « cercle de la raison » ? C’est ainsi que l’inévitable conseiller de l’establishment, Alain Minc, avait qualifié les personnes « raisonnables » qui suivaient Edouard Balladur pendant la campagne présidentielle de 1995.

Balladur ne fut pas élu et Minc jeta, en 2007 et 2012, son dévolu sur Nicolas Sarkozy, faux populiste s’il en est, après avoir soutenu François Bayrou en 2002. Avec une certaine cohérence, l’essayiste de la « mondialisation heureuse » se prononce aujourd’hui en faveur de Macron après avoir défendu Alain Juppé lors de la primaire de la droite.

Le soutien de la cohorte des gens raisonnables n’est toutefois pas gage de succès dans un pays exaspéré comme le nôtre. Il est d’ailleurs probable que le profil sociologique macronien deviendra plus étroit encore au fur et à mesure que les électeurs attentistes, qui se réfugient traditionnellement dans les intentions de vote de type centristes, l’abandonneront. C’est dire si un hypothétique duel Le Pen-Macron risquerait d’être serré.

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Source : http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article40707

En soutien à Philippe Poutou et au NPA – Que l’anticapitalisme soit une arme dans les combats qui viennent

jeudi 6 avril 2017,

par Anticapitalistas

Les prochaines élections françaises sont très importantes pour l’avenir de l’Europe. La montée de la nouvelle extrême-droite dirigée par Marine Le Pen représente un défi que nous ne pouvons pas ignorer pour toutes les forces politiques démocratiques et opposées au néolibéralisme, faisant partie d’un phénomène plus général de montée réactionnaire et autoritaire en Europe et aux Etats-Unis. Les forces politiques traditionnelles qui ont été les piliers du régime de la Ve République, le Parti socialiste et la droite gaulliste, sont dans une forte crise d’identité, de projet et de légitimité, et pour certains mouillés dans des affaires de corruption, à l’instar de Fillon. D’un autre côté, un secteur des élites apporte son soutien à Macron : une « nouveauté », mais seulement pour les employeurs et le monde de la finance, qui ont trouvé un moyen « cool » renouveler le projet néolibéral.

La crise politique institutionnelle reflète également une crise sociale profonde : une société déchirée par les questions d’identité, les politiques d’austérité, par les exclusions, et la fin de l’État-providence. Bien sûr, dans ce contexte, prennent place des résistances : nous n’oublions pas Nuit Debout ni les grèves conduites par la CGT qui ont mis en lumière la force de la classe ouvrière organisée. Toutefois, la gauche n’a pas été en mesure de mette en avant une candidature large et unifiée qui rassemble tout ce potentiel et ce mécontentement avec un programme contre l’austérité, un regroupement allant des secteurs du réformisme anti-néolibéral aux forces anticapitalistes et révolutionnaires comme le NPA, et qui puisse être une alternative crédible à Le Pen. Un projet qui soit un barrage à la montée des néofascistes, qui s’engage à rompre avec l’austérité de l’UE et s’affronte aux puissances économiques en faveur des classes populaires.

Dans les circonstances actuelles, en tant qu’Anticapitalistas, nous voulons veux exprimer notre soutien à la candidature de Philippe Poutou et au NPA : une candidature antiraciste, écologiste, féministe et anticapitaliste, qui met au centre la classe ouvrière et l’internationalisme, en introduisant des questions que les autres candidats ne posent pas et qui sont essentielles à la construction d’un projet de transformation. Le fait que Poutou soit le seul ouvrier candidat pour ces présidentielles, face à un ensemble de professionnels de la politique, nous semble un geste positif et d’une grande valeur symbolique.

Nous espérons que vous aurez les meilleurs résultats possibles dans ces élections difficiles, aidant à ce que l’anticapitalisme soit une arme essentielle dans les combats qui viennent.

Anticapitalistas, 6 avril 2017
http://www.anticapitalistas.org

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Source : http://www.ouest-france.fr/elections/presidentielle/sondage-melenchon-devant-fillon-pour-la-premiere-fois-4918166

Présidentielle. Sondage : Mélenchon devant Fillon pour la première fois

Modifié le 10/04/2017 à 10:05 | Publié le 09/04/2017 à 19:36

Photo : Jean-Luc Mélenchon passe pour la première fois devant François Fillon. | AFP / Reuters

Jean-Luc Mélenchon passe pour la première fois devant François Fillon dans les intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle qui placent toujours en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen, selon un sondage Kantar Sofres One Point pour Le Figaro, LCI et RTL publié dimanche.

Le candidat de la France insoumise, qui a tenu un grand meeting ce dimanche sur le Vieux-Port à Marseille, gagne six points et est désormais crédité de 18 % des intentions de vote, devant François Fillon, le candidat de la droite et du centre dont le score reste stable (17 %) par rapport à la mi-mars.

Le fondateur du mouvement En Marche ! et la candidate du Front national cèdent eux deux points, à 24 %.Quant au candidat socialiste Benoît Hamon, il passe en dessous de la barre des 10 %, à 9 %.

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, gagne 0,5 point (3,5 %). Le candidat du NPA, Philippe Poutou, dont la performance au débat à onze a été remarquée, glane 1,5 point (2,5 %). François Asselineau est à 1 %, Nathalie Arthaud, Jean Lassalle et Jacques Cheminade à 0,5 %.

Le Pen battue, quel que soit l’adversaire

Pour le second tour, Marine Le Pen serait battue à la fois par Emmanuel Macron (39 contre 61), François Fillon (45 contre 55) et Jean-Luc Mélenchon (43 contre 57).

Dans le cas d’un duel entre Emmanuel Macron et François Fillon, le candidat d’En Marche ! l’emporterait face à l’ancien Premier ministre (66 contre 34).

Jean-Luc Mélenchon, désormais le 3e homme. | Infographie Visactu.

Encore des électeurs incertains

76 % (+1) des électeurs de Marine Le Pen se disent sûrs de leur choix et 75 % (+2) de ceux de François Fillon. Chez Emmanuel Macron, ils sont 55 % (+4) à se dire certains de leur vote, 61 % chez Jean-Luc Mélenchon (+4), 48 % chez Benoît Hamon (+2).

80 % (+1) des personnes interrogées se disent en outre intéressées par cette élection (42 % « beaucoup », 38 % « assez »).

L’enquête a été réalisée en ligne du 5 au 7 avril auprès d’un échantillon de 1 515 personnes inscrites sur les listes électorales représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.