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Allemagne : Attentat d’extrême droite évité - l’homme se faisait passer pour un réfugié syrien

jeudi 4 mai 2017, par siawi3

Source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/allemagne-l-officier-faux-refugie-syrien-qui-embarrasse-le-gouvernement-03-05-2017-6914436.php

L’officier qui se faisait passer pour un réfugié syrien embarrasse l’Allemagne

03 mai 2017, 23h49 | MAJ : 03 mai 2017, 23h51|0

Photo : Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) jeudi. La ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen, a visité la caserne franco-allemande où était basé un officier soupçonné de préparer un attentat.(AFP/FREDERICK FLORIN)

La ministre allemande de la Défense a visité mercredi la brigade militaire franco-allemande d’Illkirch près de Strasbourg (Bas-Rhin), là où était basé un officier soupçonné de préparer un attentat sous une fausse identité.

L’arrestation la semaine dernière d’un officier de la Bundeswehr (l’armée fédérale allemande) présenté comme proche de l’extrême droite embarrasse le gouvernement d’Angela Merkel et ternit un peu plus l’image de l’armée allemande, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs cas de harcèlements de soldats dans des casernes.

Franco Albrecht, 28 ans, est soupçonné d’avoir préparé un attentat, peut-être avec l’aide d’un complice, contre des étrangers ou des personnalités de gauche, après s’être fait passer auprès des autorités allemandes pour un réfugié syrien comme demandeur d’asile, alors qu’il ne parlait pas arabe. Il avait simplement dissimulé sa nationalité allemande et s’était contenté de parler français, probablement pour imputer aux migrants un attentat qu’il préparait.

Des interrogations sur cette double vie

Sa demande d’asile avait été approuvée en janvier 2016, ce qui lui a permis de bénéficier d’un logement et d’aides sociales. Manifestement, il a réussi pendant tout ce temps à faire des navettes entre sa caserne franco-allemande à Illkirch, près de Strasbourg, dans le Bas-Rhin, et son foyer de migrants en Hesse, dans le centre de l’Allemagne, sans se faire repérer. « Il a mené tout cela en parallèle, une sorte de double vie », avait indiqué à la presse la semaine passée une porte-parole du parquet, Nadja Niesen.

Selon le quotidien « Bild », l’ancien président allemand Joachim Gauck, une personnalité consensuelle outre-Rhin, et le ministre de la Justice social-démocrate, Heiko Maas, figuraient sur une liste des personnes à éliminer qu’il avait rédigée.

La ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, proche de la chancelière, a annulé un déplacement aux Etats-Unis pour se rendre mercredi sur la base de la Brigade franco-allemande d’Illkirch, où des objets datant de la Seconde Guerre mondiale ont été retrouvés (lire ci-dessous). « Il va falloir déterminer comment le suspect a pu faire carrière aussi longtemps sans être découvert », a-t-elle déclaré.

La ministre de la Défense attaquée par l’opposition

La hiérarchie militaire est soupçonnée d’avoir fermé les yeux sur des pratiques sadiques sur de jeunes recrues, soldats humiliés et contraints de courir jusqu’à épuisement ou encore viol d’un sous-officier. En réaction, la ministre vient de limoger le général responsable de la formation de la Bundeswehr.

Il est « regrettable que certains des événements (...) se soient produits à un moment où l’officier était stationné au sein de la Brigade franco-allemande » d’Illkirch et « nos partenaires européens, en France et ailleurs, attendent de voir comment nous allons faire la lumière » sur cette affaire, a jugé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer.

La croisade de la ministre de la Défense, en poste depuis 2013 et souvent présentée parmi les dauphins potentiels d’Angela Merkel, s’est toutefois en partie retournée contre elle, à moins de cinq mois des législatives. Dire que l’armée a un problème de direction « constitue un jugement dévastateur » pour la ministre elle-même, a pointé un responsable du parti social-démocrate, Lars Klingbeil.

Des reliques de la Wehrmacht conservées à Illkirch

Des reliques militaires de la Wehrmacht, le nom porté par l’armée allemande sous le IIIe Reich, ont été retrouvées dans des locaux utilisés par des militaires allemands sur la base d’Illkirch, a annoncé mercredi la ministre allemande de la Défense.

« Lors d’une visite très encadrée, selon "l’Alsace", les journalistes ont pu voir exposés des casques utilisés dans l’armée hitlérienne, ou encore, des représentations de soldats en uniforme de 1939-1945. Mais pas de croix gammée. » Selon le site du « Spiegel », une croix gammée était gravée sur un fusil. La Wehrmacht était composée d’appelés qui n’étaient pas forcément favorables à l’idéologie nazie. Les soldats les plus fanatiques s’engageaient, eux, dans la Waffen-SS.

« La Wehrmacht n’a rien en commun avec la Bundeswehr », a insisté la ministre. L’armée de la République fédérale a été fondée en 1955, alors que le pays avait été démilitarisé dans l’immédiate après-guerre. Elle fut intégrée au dispositif de l’OTAN.