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Tirs sur des manifestants àBahreïn : un mort et des dizaines de blessés

vendredi 26 mai 2017, par siawi3

Source : http://actu.orange.fr/monde/tirs-sur-des-manifestants-a-bahrein-un-mort-et-des-dizaines-de-blesses-CNT000000ICIHC.html

Tirs sur des manifestants àBahreïn : un mort et des dizaines de blessés

Photo : Une femme porte le drapeau de Bahreïn lors d’une manifestation antigouvernementale, le 22 novembre 2013 près de Manama ©AFP, AFP

AFP, publié le mardi 23 mai 2017 à17h32

La police a ouvert le feu mardi àBahreïn pour disperser des manifestants, faisant un mort et ravivant les tensions entre la dynastie sunnite et la population àmajorité chiite dans ce pays du Golfe allié des Etats-Unis.

Cette opération de sécurité, qui a fait également des dizaines de blessés, a permis selon les autorités de démanteler un sit-in observé depuis des mois dans un village chiite. Elle est survenue quelques jours après une rencontre dimanche entre le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, et le président américain Donald Trump en visite àRyad.

Siège de la Ve flotte américaine, le petit royaume de Bahreïn est secoué par des manifestations ou accrochages sporadiques depuis la répression en 2011 d’un mouvement de contestation animé par la majorité chiite, qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle.

Le sit-in dans le village de Diraz, près de la capitale Manama, était observé par les partisans du chef spirituel des chiites, cheikh Issa Qassem, un critique de la politique du régime qui a été condamné àun an de prison avec sursis pour collecte illégale de fonds et blanchiment d’argent.

Pour justifier l’opération, le ministère bahreïni de l’Intérieur, cité par l’agence officielle BNA, a expliqué que le lieu du sit-in était "devenu un refuge pour des personnes recherchées pour des questions de sécurité et fuyant la justice".

Plusieurs membres des forces de l’ordre ont été blessés, a-t-il ajouté.

Le Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD), une ONG basée en Grande-Bretagne, a annoncé "la mort tragique d’un manifestant pacifique dans la répression" du sit-in. Selon des témoins, des dizaines d’autres ont été blessés.

Des photos diffusées sur Twitter par des groupes d’opposition montrent des manifestations organisées, selon eux, dans des villages chiites voisins en représailles àla répression àDiraz.

- Lacrymogènes et chevrotine -

La police a procédé à"l’arrestation de 50 personnes recherchées, des évadés de prison ou des condamnés pour terrorisme", a indiqué le ministère de l’Intérieur, précisant que certaines personnes arrêtées avaient "trouvé refuge dans la maison de Issa Qassem".

Après le démantèlement du sit-in, "il a été décidé de maintenir la police sur place pour assurer la sécurité des habitants", a poursuivi le ministère.

Les forces de sécurité ont fait usage de bombes lacrymogènes et tiré àla chevrotine contre les protestataires qui leur lançaient des pierres et des cocktails Molotov, selon les témoins.

Avant de lancer son opération, la police a renforcé sa présence autour de Diraz, isolant complètement le village, ont indiqué des habitants.

Des partisans de cheikh Issa Qassem tenaient un sit-in permanent depuis que ce dernier a été déchu de la nationalité bahreïnie en juin 2016. Il avait été alors accusé par les autorités d’avoir "abusé de sa position pour servir des intérêts étrangers (...) et incité au sectarisme et àla violence".

- "Chèque en blanc" -

Des dizaines de chiites, dont de nombreux opposants, ont été condamnés ces dernières années àde lourdes peines de prison pour des violences ayant accompagné le mouvement de contestation àBahreïn.

Les autorités nient toute discrimination envers les chiites et accusent régulièrement l’Iran chiite de s’ingérer dans les affaires de Bahreïn, ce que Téhéran dément.

Dimanche, le roi de Bahreïn a eu un entretien bilatéral àRyad avec M. Trump, qui effectuait en Arabie saoudite son premier déplacement àl’étranger depuis sa prise de fonctions.

Le président américain a évité d’évoquer la question des droits de l’Homme bafoués àBahreïn selon des organisations internationales, et s’en est pris violemment àl’Iran, accusé d’attiser les conflits dans la région.

Au roi de Bahreïn, M. Trump a dit notamment qu’il n’y aurait "pas de tensions avec (son) administration".

A cette occasion, "Trump a donné au roi Hamad un chèque en blanc pour poursuivre la répression de son peuple", a commenté le BIRD dans son communiqué.

"L’administration américaine a du sang sur les mains en fournissant sans conditions des armes au régime de Bahreïn dans sa campagne de répression de la société civile", a ajouté l’ONG.