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Algérie : Une inacceptable hiérarchie des sacrifices pour notre liberté

samedi 3 juin 2017, par siawi3

Source : AFEPEC, 3 juin 2017, 2.56

La mémoire des Larribère effacée !

Après l’épisode de la rue du martyr Fernand Iveton, la clinique Larribère, comme l’appellent encore aujourd’hui les oranais-e-s, a été secrètement baptisée du nom d’un autre moudjahed.

Qui est Larribère ? Il s’agit de toute une famille de combattantes et de combattants de l’indépendance nationale de père, oncle à filles.

Pendant que ses filles, Aline, Pauline, Suzanne et Lucette étaient traquées ou emprisonnées par le pouvoir colonial pour leur engagement en faveur de l’indépendance, Jean-Marie Larribère, gynécologue et directeur de la clinique, militant progressiste, accouchait les Algériennes et soignait les Algériens.

En représailles, sa clinique a été détruite dans un attentat de l’OAS en avril 1962 après des tracts de menaces. Un malade, l’infirmière cachée dans une armoire avec un bébé et le docteur Larribère réfugié au 2e étage, en réchappent par miracle.

Jean-Marie Larribère part pour Paris où il multiplie les interviews et les articles de journaux pour dénoncer la violence qui s’abattait sur les Algériens. Il revient très vite par Rocher Noir (Boumerdès) où siège le GPRA, pour rentrer à Oran faire fonctionner un hôpital à Mdina Jdida soignant les blessés car les violences de l’OAS durent jusqu’en juillet 1962.

Ce rappel à l’Histoire est important car les agents de l’oubli, de l’amnésie sont honteusement et lamentablement à l’œuvre au moment où nous nous apprêtons à rendre hommage à Lucette Larribère Hadj Ali, militante de l’indépendance nationale, de la justice sociale, de la liberté, de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

A travers Lucette, compagne de nos luttes, nous honorons la famille Larribère c’est pourquoi notre cérémonie, prévue demain samedi 3 juin à midi, comportait la finalisation des démarches, déjà entamées, pour la pose devant la clinique d’une plaque commémorative au nom de Larribère.

Mais, nous constatons que le nom d’un autre moudjahed figure sur la plaque qui y a été « discrètement » apposée en janvier 2017. Le Moudjahed Fréha Benfréha mérite légitimement comme tous les militants et les moudjahidine de notre indépendance une plaque à son nom, symbole de notre reconnaissance et de notre gratitude. Sauf à admettre qu’une inacceptable hiérarchie des sacrifices ait été instaurée, le nom des Larribère, lié à ce lieu et ce quartier d’Oran comme le retient encore notre mémoire collective, s’impose.

Nous appelons donc à la mobilisation de toutes et tous pour que le nom des Larribère retrouve naturellement et logiquement sa place dans cette ville qui les a vus naître et combattre pour notre liberté.

AFEPEC

Oran, le 02 juin 2017