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UK : Nouvelles attaques à Londres : sept morts et 48 blessés

dimanche 4 juin 2017, par siawi3

Source : http://www.estrepublicain.fr/faits-divers/2017/06/04/plusieurs-attaques-a-londres-de-nombreuses-victimes

Attaques à Londres : sept morts et des blessés, dont quatre Français

Le 04/06/2017 à 01:47
mis à jour à 13:17

Des blessés pris en charge à Londres. Photo AFP

Ce que l’on sait

- La police a confirmé des "actes terroristes" survenus samedi soir à Londres.

- Un van blanc a foncé sur des piétons sur le London Bridge.

- Non loin de là, à Borough Market, des passants ont été poignardés dans la rue et dans les bars par les mêmes auteurs.

- Au moins sept personnes sont mortes.

- Trois suspects ont été abattus, ils portaient des ceintures explosives factices.

- Près de 50 personnes ont été hospitalisées.

- Quatre Français font partie des blessés, dont un est dans un état grave.

- Une réunion de crise se tiendra ce dimanche matin.

13 h 16 : Georges Salines, président d’une association de victimes de l’attentat du 13-Novembre à Paris, a réagi dimanche sur franceinfo :

"Je ressens une grande lassitude. J’ai appris l’attentat en me réveillant ce matin. J’ai pris l’habitude de ne jamais regarder les informations le soir et de toujours craindre ce que je vais apprendre le matin en me réveillant. Malheureusement, de temps en temps, j’apprends une terrible nouvelle de cet ordre."

13 h 10 : L’Elysée annonce que les drapeaux seront mis en berne en France en hommage aux victimes.

12 h 26 : Emmanuel Macron "appellera" dans la journée les familles des blessés français, et doit également s’entretenir avec Theresa May entre midi et deux heures au téléphone.

12 h 18 : Le Premier ministre Edouard Philippe arrive au ministère des Affaires étrangères pour participer à une cellule de crise sur la menace terroriste en France. Le cas des quatre Français blessés dans l’attaque de Londres sera également abordé.

12 h 02 : La course cycliste Le Critérium du Dauphiné démarre aujourd’hui à Saint-Etienne. Les coureurs ont respecté, avant de s’élancer, une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Londres.

11 h 35 : La Première ministre britannique Theresa May s’exprime. "Au nom du pays tout entier je voudrais rendre hommage au professionnalisme et au courage des forces de police et au courage de la population, aux gens qui se sont défendu et ont défendu les autres. Nos pensées et nos prières vont aux familles".

"Il s’agit de la troisième attaque terroriste en trois mois au Royaume-Uni. En même temps les services de sécurité ont réussi à déjouer cinq projets d’attentats depuis l’attaque du parlement de Westminster en mars."

"Nous pensons que le terrorisme engendre le terrorisme, les assaillants s’inspirent des précédentes attaques."

"Les attaques récentes sont liées par une idéologie maléfique, l’idéologie islamiste qui cherchent la division et prône l’intolérance. C’est une perversion de l’islam. Vaincre cette idéologie, c’est l’un des grands défis de notre temps. Elle ne sera pas vaincue en maintenant des policiers sur le terrain en permanence. Il faut avant tout détourner l’esprit des gens de cette violence, leur faire comprendre que nos valeurs sont supérieures."

"On ne peut pas laisser croître cette idéologie sur Internet, il faut une réglementation sur les espaces en ligne. Nous devrons empêcher les terroristes de pouvoir travailler sur la toile, et nous devons les traquer dans leur refuge, ce qui signifie que nous devons maintenir une pression militaire en Syrie et en Irak."

"Nous devons revoir la stratégie anti-terroriste de la Grande Bretagne afin de nous assurer que les forces de sécurité ont tous les moyens dont ils ont besoin. Trop, c’est trop, tout le monde doit pouvoir vivre sa vie. Il y a des choses qui doivent changer."

La campagne électorale des législatives reprendra normalement dès lundi et l’élection se tiendra jeudi comme prévu, précise-t-elle.

11 h 25 : C’est la troisième attaque terroriste au Royaume-Uni en moins de trois mois. Dans le même laps de temps, les autorités ont annoncé avoir déjoué cinq attentats.

11 h 14 : « Quatre compatriotes sont blessés et il y a semble-t-il une personne particulièrement touchée », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ce dimanche.

« Ce qui est frappant, c’est que ce sont des moments de convivialité qui sont touchés », a relevé le ministre. Cette attaque cherche également « à disloquer la démocratie », est-ime-t-il.

11 h 04 : La société Uber a choqué Londres en augmentant ses tarifs pendant l’attentat, alors que, les transports en commun ayant été arrêtés, de nombreux Londoniens n’avaient nulle part où se mettre en sécurité.

L’application Uber augmente automatiquement ses tarifs quand la demande est forte. Les taxis londoniens eux, les célèbres "black cabs", ont proposé leurs services gratuitement.

10 h 47 : La police britannique donne une conférence de presse.

"Nous ne pensons pas qu’il y a d’autres suspects en liberté. A l’heure qu’il est, nous considérons que tous les assaillants ont été abattus. Nous allons continuer à enquêter, en collaboration avec les services de renseignement", indique la commissaire Cressida Dick.

"Je ne peux rien vous dire concernant l’identité des trois assaillants abattus. Pour l’instant la priorité est de les identifier et de comprendre leurs motivations."

"Nous demandons au public de ne pas surréagir. Laissez la police et les services de renseignement faire leur travail. Bien sûr, informez la police de tout élément important mais restez calmes et continuez à vivre normalement."

10 h 45 : Etant donné que quatre Français ont été blessés dans l’attaque, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête en France.

10 h 44 : Les autorités britanniques ont indiqué à la BBC qu’il était trop tôt pour savoir si les trois assaillants étaient connus des services de police.

10 h 42 : Si le parti travailliste de Jeremy Corbyn et celui de la Première ministre Theresa May ont annoncé suspendre leur campagne pour les législatives, ce n’est pas le cas de l’Ukip, le parti artisan du Brexit, qui poursuit la campagne électorale malgré l’attentat.

10 h 37 : Le bilan s’alourdit à sept morts, informe la police.

10 h 21 : La police travaille sur le London Bridge, fermé à la circulation.

10 h 20 : Le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, annonce que la campagne nationale de l’opposition est suspendue jusqu’à ce soir, après l’attentat. Le parti conservateur de la Première ministre, Theresa May, a fait de même plus tôt dans la matinée.

10 h 02 : Parmi les blessés, figurent également deux Polonais, et deux Australiens, selon les autorités respectives de ces deux pays.

9 h 51 : Selon un nouveau bilan donné par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur franceinfo, quatre Français qui figurent parmi les blessés de Londres.

Un premier bilan faisait état de deux blessés.

Un Français est dans un état grave.

9 h 37 : Le périmètre de sécurité autour du pont London Bridge et du Borough Market commence à se réduire.

9 h 15 : La ville de Nice en France, touchée par un attentat au camion qui avait fait 86 morts il y a moins d’un an, a fait part de sa solidarité sur Twitter : "Nos pensées sont tournées vers Londres et ses habitants, ce matin encore. Soutien aux blessés et aux familles des victimes".

9 h 13 : La chancelière Angela Merkel : "Nous sommes aujourd’hui liés au delà de toutes les frontières par l’effroi et le deuil mais aussi par la détermination. Je le confirme pour l’Allemagne : dans le combat contre toute forme de terrorisme, nous sommes résolument aux côtés de la Grande-Bretagne."

9 h 04 : Concernant les deux blessés français : « Nos autorités consulaires sont mobilisées pour accompagner ces blessés et ces familles. Et il y a depuis cette nuit des liens permanents au sommet de l’Etat avec le président de la République mais aussi toutes nos autorités avec les autorités britanniques », a indiqué le porte parole du gouvernement Christophe Castaner.

8 h 37 : Le chef de l’Etat est « en contact avec les autorités britanniques et se tient informé des évolutions de la situation et des éléments de l’enquête », indique l’Elysée.

8 h 32 : L’Elysée a ajouté, concernant les Français de Londres, que les mesures de sécurité étaient « renforcées » pour leur permettre de voter ce dimanche pour le premier tour des élections législatives, organisé une semaine avant le scrutin sur le territoire hexagonal.

8 h 14 : "Je suis maire depuis six mois et ceci renforce mon sentiment que notre système de police est le meilleur du monde", indique Sadiq Khan, maire de Londres, qui se dit "furieux" après l’attaque de la nuit, qu’il qualifie de "délibérée et lâche".

"Si vous avez des suspicions à l’encontre de quelqu’un, n’hésitez pas à le faire savoir à la police", poursuit-il. "Ils ne gagneront jamais ! Nous ne pouvons pas leur permettre de faire cela, nous ne laisserons pas le terrorisme gagner."

"Nous sommes l’une des villes, si ce n’est la ville la plus sûre au monde. Nous allons faire tout ce qu’il faut pour le rester. (...) Les élections sont maintenues, nous allons montrer que les droits de l’homme et la démocratie nous sont chers."

8 h 09 : Deux concitoyens français figurent parmi les blessés, dont l’un dans un état grave.

8 h 01 : Des Français figurent parmi les victimes. "La France met tout en oeuvre pour leur porter assistance", indique un communiqué de l’Elysée.

Le quai d’Orsay a mis en place deux numéros de téléphone pour "les personnes qui auraient des informations sur d’éventuelles victimes françaises".

(01 43 17 51 00 pour joindre le centre de crise du ministère des Affaires étrangères ou le + 44 7887 768941 pour contacter l’ambassade de France outre-Manche).
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7 h 45 : Deux témoins indiquent que les auteurs ont crié "C’est pour Allah".

7 h 44 : Le nombre de personnes hospitalisées grimpe à 48, répartis dans cinq hôpitaux de Londres.

Un précédent bilan fourni par cette même source faisait état de plus de 30 personnes hospitalisées. Les services ambulanciers ajoutent avoir soigné des blessés plus légers sur place.

7 h 23 : Le maire de Londres Sadiq Khan doit s’exprimer dans quelques minutes.

7 h 17 : C’est le troisième attentat au Royaume-Uni depuis trois mois. Le 22 mars, un homme avait tué cinq personnes à Londres, près du parlement de Westminster. Le 22 mai, un homme se fait exploser à la sortie d’un concert à Manchester, tuant 22 personnes dont des enfants.

6 h 36 : La police britannique a bouclé le quartier qui entoure le London Bridge, et le périmètre de sécurité s’élargit. Elle enjoint les Londoniens à rester chez eux.

6 h 35 : Le président français Emmanuel Macron a assuré dimanche que la France était « aux côtés du Royaume-Uni ».

6 h 34 : Le président Donald Trump a offert « le soutien total » des Etats-Unis après ce « brutal attentat terroriste » dans un entretien téléphonique avec Theresa May.

6 h 22 : Après Manchester, Theresa May avait relevé à son maximum le niveau d’alerte terroriste en Grande-Bretagne, avant de le ramener samedi dernier au niveau « critique », soit celui d’un attentat « hautement probable ».

6 h 21 : L’attentat, qui n’avait pas été revendiqué tôt dimanche matin, est intervenu à seulement cinq jours des élections législatives au Royaume-Uni.

6 h 19 : Ariana Grande, chanteuse dont le public a été victime d’un attentat qui a fait 22 morts après un concert, il y a seulement douze jours à Manchester, a tweeté : "I pray for London", (je pris pour Londres).

6 h 14 : La police a indiqué qu’elle traitait ces attaques comme « des actes de terrorisme ». Il s’agit du troisième attentat qui frappe la Grande-Bretagne en moins de trois mois.

L’attentat, qui n’avait pas été revendiqué tôt dimanche matin, est intervenu à seulement cinq jours des élections législatives au Royaume-Uni.

6 h 12 : Les policiers « ont réagi rapidement, affrontant avec courage ces trois individus qui sont morts », a déclaré un porte-parole de la police. En effet, elle est intervenue sur place 8 minutes après le début de l’attaque.

6 h 07 : Outre les six morts, trente blessés ont été hospitalisés dans cinq hôpitaux de la ville. Les blessés les plus légers sont soignés sur place.

6 h 05 : La police annonce un bilan provisoire de six morts. Trois suspects ont été abattus, ils portaient de fausses ceintures explosives.

Les transports sont à l’arrêt, la ville est paralysée.
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4 h 12 : Deux numéros ont été ouverts pour les familles et les victimes : 0800 096 1233 et 020 7158 0197

4 h 05 : La police demande à toutes les personnes qui ont été à proximité des attentats d’envoyer leurs photos ou vidéos sur ce site.

3 h 38 : Le service des ambulances de Londres a indiqué avoir transporté au moins vingt personnes dans six hôpitaux différents.

3 h 27 : Un réalisateur de documentaire italien, Gabriele Scioto, a posté un cliché sur Instagram d’un présumé assaillant abattu par les policiers à Londres. Sur la photo, l’homme à terre, semble avoir des bombes sur lui d’après le Guardian.

3 h 08 : Déclaration d’Emmanuel Macron. "Face à cette nouvelle tragédie, la France est plus que jamais aux côtés du Royaume-Uni. Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches", a tweeté, peu avant 3 heures, le président de la République.

3 h 02 : Facebook a actionné son safety-check

2 h 59 : Il est confirmé que les explosions entendues étaient des explosions conduites et contrôlées par la police, certainement des colis suspects abandonnés dans la panique.

2 h 46 : Sadiq Khan condamne des "actes barbares". "Nous ne disposons pas encore de tous les détails, mais il s’agissait d’une attaque délibérée et lâche contre des Londoniens innocents et des visiteurs de notre ville qui profitaient d’un samedi soir. Il n’existe aucune justification possible pour de tels actes barbares", a déclaré dans un communiqué le maire de Londres.

2 h 43 : Une réunion de crise est annoncée dimanche matin à Londres.

2 h 38 : Trois explosions ont été entendues à 2h23, 2h25 et 2h28. L’origine n’est pas connue.

2 h 31 : Des médias britanniques annoncent que deux assaillants auraient été abattus par la police mais que trois sont toujours recherchés.

2 h 19 : Les témoignages continuent à affluer, comme celui de cet homme de 46 ans. "Je suis venu voir ce qui se passe et je suis tombé sur un chef cuisinier qui avait du sang sur l’épaule. Il était sous le choc. Il m’a dit que trois personnes avaient attaqué son restaurant avec des couteaux et des machettes", a raconté Gerard Kavanar qui habite dans le quartier de Borough Market.

2 h 10 : Tous les témoins décrivaient des scènes de panique avec des gens qui fuyaient dans tous les sens.

2 h : La police indique que l’incident à Vauxhall n’est pas relié aux attaques du London Bridge et Borough Market.

1 h 30 : La police a demandé aux Londoniens de "courir, de se cacher et de les appeler" une fois qu’ils seraient en sécurité.

1 h 25 : La police a déclaré que les incidents sur le London Bridge et à Borough Market étaient des "actes terroristes"

1 h 17 : Le London Bridge a été fermé dans les deux sens. Les images des télévisions montraient de nombreux véhicules de police qui bloquaient toute la zone, ainsi que des ambulances.

1 h 10 : Des témoins ont déclaré avoir vus des assaillants armés avec de longs couteaux en train de poignarder des gens à Borough Market. Des coups de feu auraient été tirés.

1 h : Une camionnette a foncé sur la foule au niveau du London Bridge dans le centre de Londres, faisait au moins un mort et des blessés. La camionnette qui roulait à environ 80 kilomètres/heure a quitté la chaussée pour foncer sur le trottoir contre des passants.

Dee, 26 ans : "Il avait un énorme couteau"
"C’est un attentat terroriste. Il y avait une camionnette qui s’est écrasée contre les barrières du pont. Et il y avait un homme avec un couteau qui courait, il a descendu les escaliers et s’est dirigé vers un bar, il n’est pas entré... Je pense à mes amis, j’espère qu’ils sont sains et saufs".

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Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/06/04/le-c-ur-de-londres-vise-par-un-attentat-a-cinq-jours-des-legislatives_5138606_3214.html#p5DFqkQyyk0zyjaB.99

Le cœur de Londres visé par un attentat à cinq jours des législatives

Trois hommes ont tué au moins sept personnes dans le quartier du London Bridge, avec une camionnette puis en menant des attaques au couteau. Ils ont été abattus par les policiers. Quatre Français se trouvent parmi la cinquantaine de blessés.

LE MONDE | 04.06.2017 à 06h42 • Mis à jour le 04.06.2017 à 11h48

Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

image : http://s2.lemde.fr/image/2017/06/04/534x0/5138605_6_8da1_les-passants-sont-sommes-de-quitter-les-abords_3d4bf279325eb9b84d68e40f54430a7d.jpg
Les passants sont sommés de quitter les abords du London Bridge, dans la nuit du 3 au 4 juin à Londres. NEIL HALL / REUTERS

Camionnette folle fonçant sur les passants, agressions au couteau contre des clients de pubs, scènes de chasse à l’homme et touristes en panique dans une ambiance d’hélicoptères en patrouille, de policiers en armes et d’ambulances fonçant toutes sirènes hurlantes. Les abords du London Bridge, zone d’intense vie nocturne à Londres, sont restés en état de siège toute la nuit du samedi 3 au dimanche 4 juin après l’attentat qui a causé la mort d’au moins sept personnes et l’hospitalisation de plus de 48 blessés, dont un policier.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a fait savoir dimanche matin que quatre Français étaient blessés, dont un dans un état grave. L’attaque, qualifiée par la police de « terroriste », intervient moins de deux semaines après l’attentat contre l’Arena de Manchester qui a fait 22 morts, et à cinq jours d’élections législatives cruciales.

Suivre en direct : à Londres, une double attaque terroriste fait au moins six morts et 48 blessés

Trois assaillants abattus

Tout a commencé peu après 22 heures lorsqu’une camionnette blanche venant du nord de Londres et fonçant probablement à près de 80 km/heure a zigzagué délibérément à la sortie du London Bridge, renversant plusieurs piétons. Les trois occupants du véhicule en sont ensuite sortis sur Borough High Street, l’artère qui prolonge le pont vers le sud, pour se ruer sur des consommateurs de bars et pubs du quartier de Borough Market.

« J’ai vu une camionnette rouler en zigzag en tentant de faucher un maximum de personnes. Les gens essayaient d’échapper à la course du véhicule. J’ai ensuite essayé d’aider les blessés, des jeunes essentiellement », a raconté un témoin, Alessandro, à la BBC. « Trois hommes sont sortis avec des couteaux de 30 centimètres de long et ont commencé à poignarder des gens au hasard sur Borough High Street, a relaté un autre. J’ai vu une jeune fille touchée à la poitrine. »

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient la police entrer dans des bars et des restaurants pour sommer sans ménagement les clients de se coucher sous les tables, en hurlant : « Baissez-vous, baissez-vous. »

Des coups de feu ont été entendus ensuite et la photo de deux hommes à terre dont l’un portait sur la poitrine des dispositifs ressemblant à des ceintures d’explosifs. Peu avant 4 heures, dimanche matin, la police a fait savoir que les trois auteurs de l’attentat avaient été abattus dans les huit minutes suivant l’attaque. Selon Scotland Yard, il n’y aurait pas eu d’autres assaillants.

« Des policiers armés ont alors réagi très rapidement et courageusement et ont fait face aux trois suspects qui ont été abattus dans le Borough Market », a déclaré l’officier de police spéciale Mark Rowley. Les suspects portaient de fausses vestes explosives, a-t-il précisé.

Lire aussi  : Attaque de Londres : « J’ai levé les yeux et j’ai vu un homme poignarder une femme »

Une zone hautement symbolique

La zone visée est hautement symbolique, car London Bridge, le premier pont de Londres et le point de départ de son urbanisation, est historiquement à la capitale britannique ce que l’île de la Cité est à Paris.

Elle est aussi un haut lieu de tourisme, de divertissement et de transports, avec la gare très fréquentée de London Bridge et le Shard, le plus haut bâtiment du Royaume-Uni, et les bars de Borough Market. Les quartiers situés tant au sud qu’au nord du pont sont restés une partie de la nuit en état de siège, comme si la police cherchait à localiser d’autres suspects.

image : http://s1.lemde.fr/image/2017/06/04/534x0/5138604_6_5200_la-police-de-londres-est-intervenue-sur-le_b4bac595507791adfa3eb00fac479f6a.jpg
La police de Londres est intervenue sur le London Bridge, après l’attentat, le 3 juin. DOMINIC LIPINSKI / AP

Outre les scènes de panique dans les bars, le quartier a vu des groupes entiers de passants défiler mains en l’air pour être contrôlés par les forces de l’ordre, munis de boucliers et de chiens, qui recherchaient d’éventuels autres auteurs. Tard dans la nuit, des touristes et autres fêtards erraient hagards ou à la recherche de leur chemin dans un quartier bouclé, alors que les bouches de métro étaient fermées et deux ponts – London Bridge et Southwark Bridge –, quadrillés par des voitures de police, restaient fermés à toute circulation.

Troisième attentat en moins de trois mois

La première ministre (conservatrice) Theresa May, ancienne ministre de l’intérieur, a qualifié les événements d’« affreux » et annoncé qu’elle présiderait dimanche matin une réunion de Cobra, le comité gouvernemental d’urgence. Quant à Sadiq Khan, le maire (travailliste) de Londres, il a condamné ces actes « barbares », visant « lâchement des Londoniens innocents et des visiteurs ». L’officier Rowley a annoncé que « des policiers supplémentaires seront déployés dans la capitale anglaise dans les prochains jours ».

Le modus operandi de l’attaque de samedi rappelle de façon troublante celui de l’attentat perpétré dans le quartier de Westminster le 22 mars. Khalid Masood, un Britannique de 52 ans né dans le Kent et converti à l’islam avait renversé des piétons sur le pont de Westminster avant de tuer au couteau un policier en faction non armé devant le Parlement et d’être abattu. L’enquête a privilégié jusqu’à présent la thèse selon laquelle Khalid Masood était un « loup solitaire » ayant agi seul.

Très différent semble avoir été le scénario de l’attentat à la bombe de Manchester perpétré le 22 mai. Son auteur, Salman Abedi, 21 ans, était impliqué dans la guerre civile libyenne et les policiers restent persuadés qu’il n’a pas pu fabriquer seul la bombe qu’il a fait exploser à la sortie d’un concert d’Ariana Grande. La chanteuse américaine doit d’ailleurs donner, dimanche 4 juin, un concert à Manchester en hommage aux victimes et au profit de leurs familles.