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Triste de retrouver ces dérives en France

samedi 10 juin 2017, par siawi3

Source : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10722

Triste de retrouver ces dérives en France

06.10.2016

Serenade Chafik

Entre 1992 et 1993 l’Egypte vivait au rythme des attentats quotidiens. Les islamistes avaient déclaré la guerre à la population. Et tous les jours nous déplorions la mort de nos concitoyens qui succombaient sous les bombes du terrorisme. Nous passions notre temps à prendre les nouvelles des uns et des autres avec la crainte qu’un proche soit parmi les victimes.

Un jour, dans la rue, j’ai été agressée, un homme avec son cutter, m’a tailladé mon pantalon en me promettant l’enfer dans l’au-delà, N’étais-je pas à ses yeux une mécréante ? Son cri me perce encore les tympans : tu ne respectes pas les préceptes de la religion ni les recommandations du Prophète.

Mais, le jour où mon fils, âgé alors de 5 ans m’a dit que je brulerai en enfer à cause de mes tenues vestimentaires, le jour où je l’ai surpris essayer de couvrir les bras de sa petite sœur âgée à l’époque de 18 mois, j’ai décidé de reprendre le chemin de l’exil.

Il fallait fuir, il nous fallait sauver nos vies. Je voulais élever mes enfants loin du spectre de cet islam politique devenu un danger pour notre mode de vie et notre pensée.

En juin 1992, ils ont assassiné l’écrivain progressiste Farag Foda parce qu’il était un libre penseur.

Début 1993, j’ai quitté mon pays. Fuir c’était survivre à l’obscurantisme qui se propagait dans la cité. Dans mon imaginaire, partir c’était survivre à la tyrannie du fondamentalisme. Partir c’était aussi retrouver mes droits de femme libre.

Dans le pays de mon enfance, on appelait ces forces obscurantistes : les Frères Musulmans, Jihad, El takfir wel Hegra, El Jammaa El Islameya. Quel ne fut pas mon désarrois en les retrouvant en France.

Pourtant en décidant de venir vivre en France, je croyais que nous étions à l’abri. La France dans notre imaginaire demeurait le pays des lumières.

En 1993 je n’avais pas imaginé un seul instant que les pouvoirs politiques allaient nous imposer une organisation telle l’UOIF, cette tribune des Frères musulmans.

Mais le 4 octobre 2016 mon désarroi a été immense. C’était comme si mon pays d’adoption me tournait le dos. Naïvement, je croyais que nous étions à l’abri.

À aucun moment je n’aurais pu imaginer que le parquet, le ministère public, aurait demandé la condamnation d’un intellectuel parce qu’il dénonce les dérives des frères musulmans ou de l’UOIF, Pourtant hier, mardi 4 octobre, le procureur a requis la condamnation de Mohamed Louizi. Je suis triste, très triste de ces dérives, triste de constater qu’un procureur valide par son réquisitoire les accusations formulées par les Frères Musulmans. Ne sait-il pas que leur unique objectif est celui de nous museler

Sérénade Chafik