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Quebec : Consultation sur le racisme systémique. Sortir de l’idéologie victimaire. Faire partie d’un "nous" rassembleur

samedi 24 juin 2017, par siawi3

Source : http://sisyphe.org/spip.php?article5383

samedi 15 avril 2017

Consultation sur le racisme systémique. Faire partie d’un "nous" rassembleur

par Nadia El-Mabrouk, Diane Guilbault, Léon Ouaknine, Salimata Ndoye Sall

Lettre adressée à Madame Kathleen Weil, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Texte intégral.

Madame la Ministre,

En tant que citoyen-ne-s québécois-es, dont plusieurs originaires de pays musulmans, nous répondons, par cette lettre, à votre appel « à s’engager en faveur d’une société plus égalitaire et plus inclusive », dans le cadre d’une consultation publique qui vient d’être annoncée sur le racisme et la discrimination systémique. Nous voudrions, tout d’abord, vous exprimer notre satisfaction face à votre intention de mettre en place des solutions durables et efficaces pour contrer la discrimination et toute forme d’exclusion au Québec, et nous souhaitons y contribuer.

Par ailleurs, les événements qui ont secoué le Québec ces derniers mois ont malheureusement contribué à alimenter un climat d’hostilité entre Québécois de diverses origines. Nous souhaitons participer à un dialogue constructif dans le respect mutuel permettant, comme le dit Boucar Diouf, des « raccommodements raisonnables » pour renforcer le tissu social, et non pas exacerber les tensions et les divisions. Nous voulons contribuer à une société où les nouveaux arrivants se sentent accueillis et soutenus dans leur démarche d’intégration, et où la société d’accueil se sent respectée, appréciée et rassurée.

Dans ce contexte, nous nous questionnons sur le bien-fondé de la consultation publique annoncée sur le racisme et la discrimination systémique. En effet, plusieurs chercheurs et experts, dont nous saluons la présence au comité-conseil, ont participé à une telle commission en 2006. Une centaine de mémoires y ont été présentés, et une somme colossale de données et de documents ont été produits, accompagnés d’un plan d’action gouvernemental étoffé publié en 2008 sous le titre La diversité : une valeur ajoutée pour favoriser la participation de tous à l’essor du Québec. Plutôt que de relancer une consultation sur le sujet, il s’agirait maintenant d’aller de l’avant et de mettre en œuvre ces recommandations. Pourquoi retourner à la case départ ?

Mais surtout, nous pensons qu’une telle consultation publique serait nuisible au climat social et pourrait plutôt contribuer à nourrir les conflits. Nous nous inquiétons, tout particulièrement, de la présence au comité-conseil, de représentants associatifs dont les positions idéologiques tranchées participent au climat très tendu qui règne actuellement au Québec. Plutôt que de bâtir des ponts, ces protagonistes d’une commission sur le racisme systémique contribuent plutôt à ériger des murs entre les groupes ethnoculturels. Leur vision binaire du monde, « racistes/racisés », « oppresseurs/opprimés », « islamophobes/musulmans », divise les Québécois-es et instaure un ton belliqueux qui participe à jeter de l’huile sur le feu. Leur simplification à outrance des enjeux sociaux s’apparente à du populisme et a pour effet d’évacuer toute recherche constructive de solutions : la radicalisation islamiste serait provoquée par la laïcité, la laïcité serait du racisme, les difficultés d’insertion professionnelles seraient dues principalement au racisme, qui ne pourrait, par définition, qu’émaner des « Blancs privilégiés ». Leurs accusations, empreintes de préjugés, s’apparentent à une sorte de racisme à rebours à l’encontre de la société d’accueil.

Pour faire passer de telles idées, la stratégie consiste bien souvent à boycotter tout débat social en lançant des accusations infâmantes de racisme, de xénophobie et d’islamophobie à tous ceux et toutes celles qui osent aborder un sujet de société d’une façon qui ne correspond pas à leur vision du monde – le cas le plus flagrant étant évidemment le débat sur la laïcité. Les Québécois-es de culture musulmane qui ne pensent pas comme eux ne sont d’ailleurs pas épargné-es par leurs accusations d’islamophobie.

D’autre part, le fait que plusieurs des personnes nommées au comité-conseil aient vertement critiqué les capsules produites par le MIDI (Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion) dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au « vivre-ensemble » présentant des immigrants bien intégrés au Québec, nous donne un aperçu de la façon dont certain-es voudraient voir se dérouler cette commission d’enquête. Pour ceux et celles qui misent davantage sur la confrontation et le ressentiment, montrer le côté positif de l’intégration serait en fait une campagne qui se « moque de la diversité ». Voilà pourquoi, une consultation publique menée par de tels « représentants » envenimerait le climat social et risquerait de nourrir un cercle vicieux de rejet et d’affrontements, en plus d’alimenter l’extrême-droite.

Miser sur ce qui nous rassemble

Nous considérons, quant à nous, qu’il faut miser sur ce qui nous rassemble. Pour intégrer tous les Québécois et toutes les Québécoises au marché du travail, il nous faut sortir des discours creux et mettre en œuvre le plan gouvernemental élaboré depuis maintenant une dizaine d’années. Les mots ne suffisent pas et il faut passer aux actes. Mais ces actes, c’est l’accès à l’emploi pour les minorités exclues, et non pas le rejet de la laïcité.

Pour assainir le climat social, nous appelons le gouvernement à prendre en compte les préoccupations de tous les Québécois et de tutes les Québécoises, ainsi que leur aspiration à une laïcité véritable. En effet, nous considérons irresponsable la négation systémique du droit collectif des Québécois-es d’avoir un État laïque, comme l’a soulevé Me François Côté dans son mémoire sur le projet de loi 62. Nous croyons que seule une véritable laïcité peut favoriser l’inclusion de tous les citoyens, la cohésion sociale et le rapprochement interculturel. De plus, les accommodements religieux, perçus comme des privilèges accordés au détriment des règles communes, minent les efforts d’intégration du plus grand nombre. Dans le cas de l’islam, c’est une petite minorité revendicatrice de fondamentalistes qui participe à stigmatiser l’ensemble des musulman-es et à compromettre ainsi leur chance d’insertion dans le monde du travail et dans la société. Plutôt que de crier à l’islamophobie et d’obliger les employeurs à se plier à de telles demandes qui fragilisent leurs structures de gestion du personnel, il serait temps de se pencher sur les effets pervers des accommodements religieux et de mesurer le réel impact de telles mesures sur l’insertion socio-professionnelle des immigrants.

Nous voulons être reconnus en tant que citoyens et citoyennes et non en tant que membres de groupes religieux ou ethnoculturels ou encore selon la couleur de notre peau. Il est insupportable de se voir ainsi réduits à un statut de « racisés » ou de « Blancs ». Il est tout aussi insupportable de ramener à une dualité « privilégiés/opprimés » une multitude d’enjeux sociaux comme la reconnaissance des diplômes, la discrimination à l’embauche, la sous-représentation dans les médias ou la demande de lieux de cultes. C’est ce qui ressort, par exemple, de la lettre collective « Lutte contre le racisme : des paroles aux actes » parue dans Le Devoir du 25 mars 2017, signée pourtant par des universitaires, détenteurs de chaires de recherche, sociologues renommés qui semblent simplifier à outrance le débat public. De plus, ces signataires se réclamant de l’inclusion, excluent, de toute évidence, les démocrates et laïques provenant de pays musulmans.

Nous appelons à une politique d’intégration courageuse et non partisane se basant sur des données fiables et des mesures éprouvées émanant d’experts, et non pas improvisées sur la base d’accusations plus ou moins vérifiées lancées dans le cadre d’une consultation publique qui risquerait fort d’envenimer davantage le climat social. Nous voulons faire partie d’un NOUS rassembleur de citoyens et citoyennes du Québec, qui aspirent à une société apaisée parce qu’elle prend les bonnes mesures pour lutter contre les discriminations et le racisme, sans exacerber les antagonismes entre les différents groupes de citoyens québécois.

Veuillez agréer, Madame la ministre, nos meilleures salutations.

Auteurs :

Nadia El-Mabrouk, professeure, département d’informatique, Université de Montréal
Diane Guilbault, vice-présidente de Pour les Droits des Femmes du Québec
Léon Ouaknine, essayiste, ex-membre Conseil des communautés culturelles et de l’immigration
Salimata Ndoye Sall, intervenante sociale

Signataires :

Louise Beaudoin, ancienne ministre
Bernard Émond, cinéaste
Zabi Enayat-Zada, essayiste
Mohand Abdelli, ingénieur à la retraite
Nora Abdelli, ingénieure chimiste
Fatima Aboubakr, directrice adjointe en garderie
El Mostapha Aboulhamid, professeur retraité, Département d’informatique, Université de Montréal
Claude André, professeur en science politique
Rachad Antonius, professeur, Département de sociologie, UQAM
Daniel Baril, vice-président, Mouvement laïque québécois
Frédéric Bastien, historien
Leila Bensalem, enseignante
Anne-Marie Bilodeau, juriste
René Bolduc, professeur de philosophie, Cégep Garneau
Samira Boualem, kinésithérapeute
Ferid Chikhi, consultant en insertion socioprofessionnelle
Claude Codsi, administrateur
Hugues Cormier, professeur agrégé et médecin psychiatre, Faculté de médecine, Université de Montréal
François Doyon, professeur de philosophie, Cégep de Saint-Jérôme
François Dugré, professeur de philosophie, Cégep de Saint-Hyacinthe
Chantal Faubert, fonctionnaire fédérale, Montréal
Aziz Fares, auteur, journaliste
Yolande Geadah, auteure
Susana Hernandez De Reale, administratrice, Université de Montréal
Nacer Irid, ingénieur
Hassan Jamali, professeur retraité et écrivain
Carolyne Jannard, thérapeute en relation d’aide
Yves Laframboise, ethno-historien et auteur
Thérèse Lamartine, écrivaine
André Lamoureux, Département de science politique, UQAM, porte-parole, Rassemblement pour la laïcité
Gérald Larose, professeur invité, École de travail social UQAM
Karim Lassel, consultant en développement organisationnel
Francine Lavoie, porte-parole, Laïcité capitale nationale
Hélène Lyonnais, citoyenne
Leila Lesbet, enseignante
Claude-Émilie Marec, doctorante, chargée de cours, UQAM
Martin Marier, professeur de philosophie, Cégep de Saint-Hyacinthe
Pierre McKenzie, professeur, Département d’informatique, Université de Montréal
Elise Mayrand, orthopédagogue
Jian-Yun Nie, professeur, Département d’informatique, Université de Montréal
Christian Sabourin, professeur de géographie, Cégep de Rosemont
Monique Parent, animatrice culturelle, Trois-Rivières
Danic Parenteau, essayiste
Marie-Michelle Poisson, professeure, Département de Philosophie, Collège Ahuntsic
David Rand, président, Association Libres penseurs athées
Simon Pierre Savard-Tremblay, essayiste et sociologue
Michèle Sirois, anthropologue, présidente de Pour les Droits des Femmes du Québec
Blandine Soulmana, auteure et conférencière
Khaled Sulaiman, écrivain
Stéphane Thibodeau, citoyen
René Tinawi, ingénieur à la retraite, professeur émérite, ETS, Montréal
Johanne Villeneuve, professeure en études littéraires, UQAM
Andrée Yanacopoulo, écrivaine, traductrice
Karim Zakaria Nini, doctorant en Littérature comparée et générale à l’Université de Montréal

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Source : http://sisyphe.org/spip.php?article5389

mercredi 10 mai 2017

Racisme systémique : sortir de l’idéologie victimaire

par Nadia El-Mabrouk et Michèle Sirois, membre et présidente de Pour les Droits des Femmes du Québec (PDF Québec)

Depuis que le terme « racisme systémique » a fait son entrée au Québec en 2016 par l’entremise de groupes demandant une commission sur le sujet, il semble avoir pris ancrage dans le vocabulaire médiatique et politique. Contester son usage serait même du « négationnisme », selon les termes de Philippe Couillard.

Le racisme existe au Québec comme dans toutes les sociétés. Il doit être combattu par l’éducation, des campagnes de sensibilisation et des politiques d’intégration. Il faut cependant éviter de le banaliser en l’invoquant à tout bout de champ. Il est surtout inquiétant de constater que certains l’utilisent pour « racialiser » les rapports sociaux en pointant les « Blancs » comme dominants, et tous les autres comme « racisés », soit des victimes du racisme et de la « suprématie blanche ». C’est cette conception unilatérale qui fait dire à certains que le système étant dirigé par des « Blancs », le racisme ne pourrait être que systémique. Cette redéfinition du racisme en racisme systémique n’est pas anodine. Elle permet de justifier l’affirmation que les actes et les propos haineux envers les « Blancs », par définition privilégiés, ne constitueraient pas du racisme.

Loin d’être une base de réflexion pour le vivre-ensemble, la notion de racisme systémique participe plutôt à diviser et à nourrir l’hostilité entre les groupes. Comme le dit Rachida Azdouz, spécialiste des relations interculturelles, « en accolant le mot ‘racisme’ à ‘systémique’, on rate la cible, on confond les concepts, on s’aliène des employeurs qui sont volontaires pour développer des pratiques d’embauche inclusives, mais qui refusent d’endosser l’étiquette raciste ». C’est plutôt le concept de discrimination systémique qui est retenu par les experts œuvrant dans le cadre de l’intégration des immigrants et immigrantes au marché du travail. C’est pour remédier à cette problématique qu’un plan d’action gouvernemental étoffé a d’ailleurs été publié en 2008 sous le titre La diversité : une valeur ajoutée pour favoriser la participation de tous à l’essor du Québec.

Une réalité complexe

Pour la discrimination à l’emploi, l’étude du sociologue Paul Eid est la plus citée. Elle dit qu’à compétence égale, un Bélanger ou un Tremblay a 1,7 fois plus de chances d’être invité à un entretien d’embauche dans les entreprises qu’un Sanchez, un Ben Saïd ou un Traoré. Par contre, dans les organismes publics, la même étude a montré un risque de discrimination égal à ZÉRO. Le fait que la loi d’accès à l’égalité en emploi s’y soit révélée efficace, cela devrait inciter à mettre en œuvre les mêmes mesures dans le secteur privé.

Malgré tout, le préjugé à l’effet qu’il y aurait une forte discrimination dans les organismes publics circule abondamment dans les médias et les réseaux sociaux. Or, la sous-représentation des minorités visibles dans les organismes publics s’explique plutôt par le fait qu’elles sont arrivées en grand nombre au Québec au moment où les gouvernements sabraient dans la fonction publique, réduisant ainsi les opportunités d’emplois pour les nouveaux arrivants.

Quant au chômage, Statistique Canada (2011) indique un taux plus élevé chez les immigrants et immigrantes, et davantage chez les minorités visibles (2 fois plus que le reste de la population). Cependant, ces différences tendent à s’estomper avec le temps. Ainsi, les chiffres du ministère de l’Immigration (MIDI) de 2015 montrent qu’après 10 ans, le taux de chômage chez les hommes immigrés est identique à celui des natifs, soit 8,3%. Il reste cependant plus élevé chez les femmes, du fait qu’elles sont davantage que les hommes arrivées dans le cadre d’un regroupement familial, et non pas en fonction de leur aptitude à se trouver un emploi.

Le problème d’embauche des immigrants et immigrantes est bien réel au Québec. Mais le Québec est-il en proie à un racisme systémique ? Statistique Canada indique pour l’année 2011 un taux de chômage de 3,7% chez les Noirs ou de 4,5% chez les Arabes entre 35 et 44 ans, nés au pays et ayant un diplôme universitaire. Alors comment expliquer des chiffres alarmistes et des accusations de racisme systémique lancés dans les médias et les réseaux sociaux depuis plusieurs mois ? Y aurait-il un agenda politique pour nourrir l’idée d’un Québec raciste, alors que les enquêtes de Statistique Canada et de nombreux sondages montrent que le Québec, comparé au reste du Canada, est loin d’être « l’enfer » des minorités visibles ?

Au-delà des explications simplistes, le taux de chômage plus élevé chez les immigrants et les immigrantes s’explique en partie par des choix politiques visant à maintenir un haut taux d’immigration, couplés à de faibles moyens d’intégration. Or, lorsqu’on accepte trop d’immigrants et d’immigrantes dans une période de décroissance économique et de coupures budgétaires, il est presque inévitable que les nouveaux arrivants se retrouvent en situation précaire.

D’autres facteurs s’ajoutent : la reconnaissance des diplômes et de l’expérience de travail, l’absence de réseau professionnel ou le temps nécessaire à l’apprentissage des codes sociaux, car il faut du temps à l’immigrant-e pour s’intégrer au monde du travail. De plus au Québec, on favorise les immigrants et immigrantes parlant français, alors que ceux-ci s’installent dans la région métropolitaine de Montréal où sont de plus en plus exigées les deux langues. Dans ces conditions, faut-il s’étonner qu’ils aient plus de difficultés à se trouver du travail qu’en Ontario ? Est-ce parce que le Québec est plus discriminatoire envers ses immigrants et immigrantes ou parce que les unilingues francophones sont davantage discriminés au Québec ?

Tolérance zéro face aux discriminations et au racisme

Le dernier sondage CROP/Radio-Canada de mars 2017 montre que le Québec ne se distingue pas du reste du Canada par un excès de xénophobie, contrairement à ce que laissent entendre nombre de politiciens et de médias canadiens. Par contre, ce sont les religions et les signes religieux qui sont moins bien acceptés au Québec. Ces prises de position confirment l’attachement des Québécois et des Québécoises au modèle de laïcité tel qu’il a émergé lors de la Révolution tranquille, notamment pour protéger les droits des femmes.

Il y a cependant encore beaucoup de travail à accomplir pour éliminer les discriminations ethnoculturelles, car tout comme pour la violence faite aux femmes, c’est « tolérance zéro » qui doit être l’objectif à atteindre en matière de discrimination et de racisme. Pour cela, deux voies se présentent à nous. La première est celle des dénonciations, de la confrontation et de la culpabilisation de la société québécoise, ce qui ne peut qu’exacerber l’hostilité et nourrir les extrêmes. La deuxième est celle des spécialistes, des experts, des travailleurs sociaux œuvrant à installer les structures d’accueil pour l’insertion des immigrants et immigrantes et cela dans une société d’accueil qui se sent respectée. Pour ce qui est de la lutte contre la discrimination systémique, un plan d’action gouvernemental existe déjà. Il s’agit maintenant de l’appliquer.

Voir la version intégrale de cet article dans Le Devoir du 8 mai 2017.