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France : La potion libérale alliée à la xénophobie et au cléricalisme

lundi 26 juin 2017, par siawi3

Source : Comité de Rélexion et d’Action Laïque de la Seine Maritime (CREAL76)
Combat Laïque 76 N° 65 - Juin 2017 - Page 2

Édito :

Basculements

Francis Vanhée
Président du CREAL76

Le 29 mai 2017

Sur tous les continents, des pays ont basculé dans des régimes autoritaires et nationalistes qui au nom de la nostalgie des traditions patriarcales exacerbent les conflits religieux ou ethniques.
En Turquie, Erdogan s’érige en autocrate « islamo-conservateur » par un referendum truqué pour éliminer ses opposant-e-s, pour réprimer les Kurdes tout en ménageant Daech. En Inde, Narendra Modi du BJP (Parti du peuple indien) arrivé au pouvoir en 2014 piétine les principes constitutionnels au nombre desquels la laïcité. À sa solde, des organisations sévissent en toute impunité contre ceux qui ne sont pas des adeptes de l’hindouisme : les minorités religieuses, les laïques, les consommateurs de viande de vache, les jeunes amoureux dans l’espace public... Marine Le Pen s’est trouvé des affinités avec Modi comme avec Poutine étroitement lié à l’église orthodoxe ou Donald Trump soutenu par les religieux conservateurs. En Pologne ou en Hongrie, membres de l’UE, se sont établis - dans le cadre d’un processus « démocratique » ! - des régimes autoritaires affichant xénophobie et cléricalisme.

La France n’échappe pas à ce repliement dans un monde où le niveau d’inégalités des richesses s’approche de celui de la funeste période 1925 -1937 (1). Le doublement du nombre de voix du candidat du FN, de la présidentielle de 2002 à celle de 2017, traduit à la fois une lepénisation des esprits qui a contribué à faire reculer l’état de droit dans le cadre d’un état d’urgence pérennisé et l’expression d’un abandon social exploité par ce parti qui est le pire ennemi des travailleurs et de la laïcité.

Peut-on penser que l’arrivée au pouvoir d’une coalition adoubée par le MEDEF inversera la tendance ? Ainsi, sous l’impulsion d’un président dont la jeunesse tient lieu de modernité et d’un premier ministre lié à l’industrie nucléaire, les ministres les plus attachés à l’orthodoxie libérale sont titulaires des Finances, de l’Economie, du Budget et... de l’Éducation nationale.

Son ministre, Jean-Michel Blanquer a servi sous de Robien ( polémique méthode syllabique), sous Sarkozy où il a été l’artisan de la suppression de 80 000 postes, de la quasi liquidation des RASED (aide aux élèves en difficulté), de la suppression de la formation des maîtres, de la promotion des « internats d’excellence », qui ont accru les difficultés scolaires des quartiers populaires. Libérer le système, autonomie..., ses maîtres mots en matière de gestion managériale de l’école s’inspirent de ce que revendique le Secrétariat général de l’enseignement catholique.

La potion libérale n’apaisera pas les frustrations des exclus de la mondialisation. Plus que jamais combat social et combat laïque ont partie liée. Pour se garder des basculements générateurs de régressions sociales, politiques, environnementales, le combat social porteur de solidarité et d’égalité est nécessaire mais il doit se conjuguer au combat pour les principes universels des droits humains portés par l’émancipation laïque.

Note:1 voir “Inégalités croissantes“ page 14